‹ Éloge de Messire I.S. Lesieur Désaulniers [microforme]Chapitre 2 sur 8 · TN TRE TE TOC · texte numérisé non relu

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affectueux et reconnaissants dont ils sont pénétrés, Oui, il nous est doux de dire combien nous savons apprécier le bienfait de l'éducation, et de présenter l'hommage de notre vive gratitude à ceux de qui nous l'avons recue. Il nous est doux de croire que la bienveïllance dont ilsnous ont donné des gages si touchants, les portera à s'intéresser encore à notre bonheur, et de leur dire avee cette espérance consolante : oh! vous qu‘ nous avez tant aimés, suivez nous toujours de la pensée, du cœur et de la prière. Et nous, autant que cela sera en notre pouvoir, nous aimerons à venir auprès de vous retremper dans vos avis salutaires la force de notre âme qui sera exposée plus tard à bien des assauts et des combats.

Mais parmi ceux à qui nous voulons adresser ces sentiments et ces rœux, nous cherchons en vain le professeur vénéré et chéri dont il y a peu de temps encore la science fécondait notre intelligence. Nous voudrions nous jeter entre ses bras et parler à son cœur qui savait nous chérir comme son esprit nous éclairer. —Hélas ! nous n'avons plus à entendre sa parole que dans l'écho qui en retentit dans notre âme : et l’'adieu que nous avons à lui adresser ce sont les pleurs que nous irons répandre sur la terre qui recouvre ses restes mortels.

Toute fois, nous avons un autre hommage à lui rendre en ce moment solennel devant cet auditoire nombreux et distingué qui nous fait l'honneur d'assister à cette séance. Nousavons à redire ses titres à notre reconnaissance, et nous ajoutons sans hésiter, à l'estime du public.

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Nousnous rappellerons toujours avec bonheur que le dernier acte de notre carrière clussique aura êté de payer un tribut d'honneur à la mémoire de celui qui a rendu de si éminents services à cette institution en particulier et] à la religion et à la patrie en général. Et notresatisfaction, nous n’en doutons pas, sera partagée par tous ceux qui nous écoutent, et pour qui celui dont nous parlons était l’objet des sentiments divers de l'admiration, du respect et de l'estime.

Nous venons donc faire apprécier les travaux et les mérites du Très Révérend Messire Isaac Stanislas ie Sieur Désaulniers, ancien Supérieur et Professeur de Théologie et de Philosophie de cette maison et Grand Vicaire de Mgr. l'Evêque de St. Hyacinthe.

Mr. Désaulniers est né a Ste. Anne d’Yamachiche le 28 Novembre 1811. Son père est M. François le Sieur Désaulniers, riche propriétaire de cette paroisse, ancien représentant de son comté. Il est encore vivant ; parvenu à l’âge de 83 ans, il est l'objet de l'estime et de Îa vénération générale à cause de sa earrière qu’il a si honorablement remplie. La mère de M. Désaulniers était fille de M. Rivard Dufresne, qui a été membre du premier parlement après l'octroi de la constitution de 1791.

L'établissement de la famille de M. Désaulniers dans le pays remonte vers 1670. M. Charles Lesieur, venu de France à cette époque épousa Françoise de Lafond, fille de Marie Boucher, qui était sœur de Pierre Boucher, Gouverneur des Trois-Rivières. Il cst le père de tous les Lesieurs, les Lesieur Désaulniers, Lesieur Duchêne, Lesieur Coulombe, Lesieur Lapierre. Lafamille Désaulniers est alliée aux familles de Boucherville, de Courval, de Tonnancourt, de Varennes etc.

Mr. Isaac Désaulniers, notre professeur, a eu pour frère, M. François Désaulniers, homme aussi très distingué, qui a professé avec éclat la Philosophie au Collége de Nicolet, où il est mort le 3 Mars 1865 à l’âge de 57 ans. Unautre deses frères, Louis Evariste est mort Ecclésiastique, le 20 Juillet 1837. Il avait des talents brillants qui faisaient espérer une carrière utile à la religion et aux lettres.

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Un autre frère de M. Désaulniers est M. le Dr. Lesieur Désaulniers, représentant actuel du comté de St. Maurice à la chambre des communes dont le nom est bien honorablement connu du public.

Dès son enfance M. Désaulniers a montré une vive piété ; il a toujours aspiré à l'état qu'ilaembrassé. Il répétait sans cesse que jamais il ne travaillerait aux champs.

Il a commencé à étudier le latin à la Rivière du Loup, chez M. Cloutier, maître d'école. Il estentré au Séminaire de Nicolet au mois d'Octobre 1823 pour y faire sa syntaxe ; il y continua son cours d'études qu'ila terminé en1829. Ila eu des succès dans toutes ses classes, mais c'est surtout en Philosophie qu'il a brillt. l'out jeune qu'il était, il y montra une pénétration d'esprit, qui donna une haute idée de son aptitude à cette science. Quant à sa conduite et à son caractère, nous citerons ce qu'a écrit un membre distingué du clergé qui a été son condisciple : # [I a toujours été sage ; je ne me rappelle pas qu'il ait été puni une seule fois pendant tout le cours de ses études; les élèves petits et grands aimaient et recherchaient sa compagnie à cause de son franc rire, de son caractére toujours gai et aimable ; à mon souvenir, il n’a jamais eu la moindre difficulté avec qui que ce soit. Je l'ai toujours regardé comme un confrère de bon exemple sous tous rapports.”

M. Désaulniers avait fait tout son cours d'études sous la dhection de M. Leprohon, ce prêtre si distingué par sa piété et par son habileté à conduire les

jeunes étudiants. Il avait été l'objet d’une attention particulière de ce digne ministre du sauctuaire qui avait semblé pressentir ce que devait être son élève. Les soins du directeur ne furent pas perdus pour celui à qui ils étaient donnés, et ils n’échappèrent jamais du souvenir de son cœur reconnaissant. Avec quelle gratitude ilse plaisait à rappeler la mémoire de ce guide si dévoué de la jeunesse studieuse ! avec quelle effasion de cœur il louait les qualités qu'il avait admirées en lui / C’est une gloire bien grande pour le nomde M. Leprohon que cette reconnaissance que lui ont conservée ceux dont il avait dirigé les jeunes années daus la carrière de la science et de la piété. Parmi eux,ilen est peu, croyons-nous, qui aient si vivementexprimé ce sentiment que celui dont uous déplorons la perte, 2t qui lui-même a laissé à ses élèves un souvenir qui leur sera toujours si précieux.

Parmi les professeurs dont M. Désaulniers recevait les leçons et qui tous furent l’objet de sa gratitude, il en était un dont il se glorifiait surtout d’avoir reçu l'enseignement. C’est cet homme éminent qui a jeté sur le séminaire de Nicolet une gloire si grande et qui a attaché son nom à celui de son pays dontila écrit l'histoire avec une exactitude et une élégance qui en font un monument honorable pour lui et ses compatriotes. On sent que je veux parler de M. Ferland qui a été pour les classes de Belles-Lettres, de Rhétorique et de Philosophie le professeur de M. Désaulniers. Celui-ci a constamment entretenu et exprimé à son égard une profonde admiration, une

vive reconnaissance, et une haute et affectueuse estime.

M. Désaulniers avait eu aussi poar professeur M Lafrance, ce digne prêtre qui était à St.Hyacinthe l'objet d'une si grande vénération ; M. Moïse Brassard, curé de St. Roch de l’Achigan ; M.Charles Dion, qui & êté pendant plusieurs années Supérieur du séminaire de Nicolet et qui est aujourd'hui, curé de St. Prosper, dans le diocèse des Trois-Rivières, et M. Charles Harper, qui a rendu tant de services à cette institution dans les diverses charges de Professeur, de Procureur et de Supérieur.

Parmi les compagnons de classe de M. Désaulniers, nous pouvons mentionner l’Honorable Joseph Edouard Turcot, qui a joué un rôle si brillant dans notre pays, le Révérend M. Nicolas Hébert quiatant fait pour la colonisation du territoire du Saguenay, aujourd'hui curé de Kamouraska, le Révérend M. Etienne Baillargeon, curé de St. Nicolas de Québec, frère de Sa Grâce Monseigneur l'Archevêque. Ila eu un autre condisciple qui a une triste célébrité : l'occasion d’en parler se présentera,

M. Désaulniers a été le dernier proïesseur que le collége de Nicolet ait donné à celui de St. Hyacinthe. La première de ces institutions a en quelque sorte formé l’autre. Le vénérabl. fondateur de notre maison a été porté à l’érablir en voyant le succès de celle de Nicolet, et les services qu'elle rendait à la religion et à la société. Le premier directeur qu'ait eu le collége de St. Hyacinthe, M. Lefrançois, et un certain nombre de professeurs pendant plusieurs

années vinrent de la maison à laquelle s’intéressait tant Monseigneur Plessis, et dont il se nlaïsait à envoyer les sujets à son ami M. Girouard. C’est à Nicol:t que nous devons ces hommes au: ont rendu des services si éminents à notre institution, M. Crevier, aujourd'hui Vicaire-Général et Curé de Ste. Marie de Monnoir, quien a été le directeur pendant plusieurs années ; M. Proulx, actuellement Vicaire- Général de Monseigneur l’Archevêque de Québec, et Curé de $te. Marie de ia Beauce, qui a professé la Rhétorique avec un succès brillant et qui!a été aussi directeur de l'établissement, et M Prince, qui après avoir été le premier professeur de Philosophie du Collége, en a été le directeur pendant neuf ans et est devenu le premier évêque de St. Hyacinthe. Le souvenir de Nicolet se trouve ainsi mêlé à nos orieines; ilentre dans notre histoire; il sera conservé avec uae reconnaissance en quelque sorte filiale. Il nous sera doux de rappeler que plusieurs de ces hommes qui ont contribué à assurer l’existence de cette maison, et notamment celui qui est aujourd’hui l'objet de nos regrets, ont recu là l'éducation qui a développé en eux l°s aualités de l'esprit et du cœur dont on a senti ici l'influence si efficace. Nous aimons à reporter nos pensées sur Nicolet «vec les sentiments que conservent les habitants d'ne colonie pour le lieu d’où sont partis ceux qui, avec un labeur pé-— nible, y sent venus faire les pre miers défrichements. Puisse cette institution se montrer la digne émule de ceile à laquelle elle doit tant, produire constammeni comme elle des hommes qui servent glorieusement

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