‹ Eloge funèbre de Mgr Guigues, évêque d'Ottawa [microforme]Chapitre 4 sur 7 · ARE PR · texte numérisé non relu

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les traits aimés de leur évêque, qui avait su conquérir une si large place dans leur estime et leur respect. Et lorsqu'il fallut rendre à la terre ses restes mortels, quelle imposante manifestation que les belles cérémonies empreintes de tant de deuil et de solennité, dont le souvenir ne s’effacera jamais de nos esprits! Toute cette population attristée, toute cette pompe funèbre, toute cette musique plaintive, qui semblait avoir des larmes dans la voix, ne disaient-elles paséloquemment combien étaient profonds et vrais les regrets qui accompaguaient notre bienaimé prélat à sa dernière demeure ? Le concours de tant de princes de l’église, de tous les prêtres du diocèse, venant rendre leurs derniers dévoirs à leur chef, de tant de milliers de personnes, de tout rang, de toute nationalité, réunis dans l’unité dela même tristesse, n’en était-il pas un autre éclatant témoignage ?

Il est facile, Mesdames et Messieurs, de se rendre compte de la vivacité de nos regrets lorsqu'un a pu suivre et étudier un peu attentivement la longue et belle carrière si précieuse à Dieu, si utile à la religion, si utile à la patrie, qui vient de se fermer pour toujours. Des voix plus éloquentes et plus autorisées nous en ont déjà retracé les faits les plus importants; mais on me permettra peut-être, au nom de l’Institut Canadien-Français, de déposer quelques fleurs sur cette tombe encore à peine fermée, et de munir au concert de louanges, qui s'élève de toutes parts, pour exalter les vertus de celui que nous pleurons tous.

Monseigneur Guigues, né à Gap, en France, le 28 août 1805, de parents chrétiens, reçut de bonne heure une pieuse et solide éducation, puis fit le sacrifice de sa vie qu’il voulut consacrer toute entière au Seigneur. . Pour rendre, .ce sacrifice: plus:méritoire, il entra dans la Congrégätion dés P. À a Obls, qui, fondée depuis quelques années seulement par l'illustre Mgr. de Mazenod, commençait déjà à produire les fruits les plus abondants pour la religion. Parvenu en péu de temps au premier rang dans son ordre par ses vertus, son zèle ét ses l'imières, on lui donna pour mission de quitter le théâtre de ses travaux apostoliques et de se rendre au

Canada, où la petite et généreuse phalange de disciples de Mgr, de Mazènod, qui l'y avait précédé, avait reçu un accuëil si bienveillant et si empressé. Mgr. Guiguëes n’hésita pas uñ senl instant d’obéir à la voix de ses süpétieurs. Non content d’avoir fait le sacrifice de sa jeunesse, des plaisirs, des succès, auxquels il avait droit d'aspiter dans le monde, il voulut encore rendre cé sacrifice dou- ‘blement amer, en s’arrachont pour toujours à sa famille, à ses amis, à son clocher natal, et à sa patrie, cette belle Fi. Ce, si chèré, à tant de titres, au cœur de l’exilé.

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