‹ Eloge funèbre de Monseigneur Ch.-Auguste de Forbin-Janson [microforme]Chapitre 4 sur 8 · digne de reconnaissance, m · texte numérisé non relu

digne de reconnaissance, m

: la vie.

et l’on ren- M

Æcontrait chez lui le marquis de l’ancien régime à côté du “baron de l’empire, l’homme de la convention à la gauche

de l’émigré, le soldat de la dernière victoire avec un abbé de Saint-Sulpice. Napoléon, Messieurs, discerna le à Üjeune Forbin, et le nomma auditeur au conseil d'état. (:)

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i C'était pour un jeune homme de vingt-deux ans, héri-

:tier d’un grand nom et d’unegrande fortune, vif, aimable,

“prompt d'esprit, c'était, dis-je, une préparation naturelle aux emplois les plus élevés de l’ordre administratif. é * Charles de Forbin n’avait plus qu’à suivre la pente facile

“du temps et de sa situation, Mais d’autres pensées rou-

“aient au fond de son âme. Napoléon avait fait beau- | coup pour la religion en lui rendant la liberté, une “partie de ses monumens, cet en lui assurant une dotation

publique en échange de ses anciennes possessions ; mais

alors même qu’il eut fait d’avantage, il n’eut apporté à dla religion qu’un secours humain, utile sans être nécessaire, mais incapable de lui donner Dieu seul est la vie de la religionen la communi- + quant aux âmes, et il la communique aux âmes par d’auitres Âmes qui s’y dévouent, qui en deviennent l’expres-

sion par leur sainteté, l'organe par leur dévouement, la preuve vivante et populaire par leur autorité,

Donner des âmes à la religion, voilà ce que les conquérans et les : hommes d’état ne sauraient faire, et ce que fait tous les jours un pauvre prêtre en mettantles inains sur son cœur | pour le sevrer des vaines joies du monde, et en les repor-

(1:) Par suite d’une transposition, la note de la page 12 doit se trouver ici.

avoir levées en gémissant vers Dieu. De saints prêtres ! Là jété Tel est dans tous les temps le cri de la religion ; mais en quels temps devait-elle le pousser plus haut qu’au com- #4 mencement do ce siècle? La mort et l’exil avaient tari 4 la lignée de ce vieux clergé français qui, par une tradition 4 ininterrompu de savoir et de vertus, remontait jusqu’au double et sacré berceau du christianisme et dela monar- 4 : chie; une foule d’églises abandonnées, beaucoup d’au- ‘ft: tres dirigées par de tout jeunes hommes attestaient la misère profonde de l'Eglise de France. Les temples étaient rouverts; mais les pierres des temples, froides et muettes, ne répondaient point à la voix des peuples qui

venaient y redemander Dieu. u

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C’est le propre des grands cœurs, Messieurs, de dé. couvrir le principal besoin des temps où ils vivent, et de s’y consacrer. Or, le premier besoin de l’empire, dans les brillantes années qui l’avaient inauguré, c'était assurément de relever la religion en repeuplant le sanctuaire &c d’âmes choisies. Déjà, en dehors de l'enceinte sacrée, Dieu avait suscité d’illustres esprits qui étonnaient la 1 i France par la nouveauté de leur style et de leurs idées, j et qui commengçaient sur les hauteurs du monde, à travers 4 l’encens de la poésie, la réédification imprévue de la ci- li té de Dieu. Ne fallait-il pas que le sanctuaire s’unit à 4h ce mouvement, et qu’ainsi concourût à la régénération É sociale le triple génie du gouvernement, de la pensée et le de la sainteté ? Charles de Forbin se consumait intérieu- | rement dans cette inspiration de sa foi. Déjà il s'était 4 uni à plusieurs jeunes gens de son âge pour s’exercer AB. avec eux aux œuvres de la charité et aux pratiques d’une #

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Mcette jeunesse chrétienne qui, trente ans plus tard, au bruit de nouvelles révolutions, devait fonder la Société ide saint Vincent de Paul. Le troupeau de ces jeunes- Mgens était petit alors ; ilavait pour directeur un prêtre dont le nom n’est pas venu jusqu’à vous, Messieurs, parve quo la modestie quelquefois est plus puissante que le talent, mais qui a laissé dans le cœur de tous ceux qui M'ont entendu ce lien immortel que produit l’éloquence entre l’orateur et son auditoire. Il s'appelait Delpuits ; J'ai plaisir à le nommer. D'autres ont acquis plus de Gloire dans leurs rapports avec la jeunesse de France ; ucun ne l'a méritée davantage,

| 4 Cependant, quelque fut le zèle de Charles de Forbin,

] n’était pas sans trouver en lui-même des obstacles à fon dessein. Il avait beaucoup à sacrifier ; son nom, sa fortune, son âge, ses succès dans le monde, son goût our tous les exercices du corps lui suscitaient à l'envi es raisons de rester ce qu'il était, Sa mère, issue des rinces de Galéan, conspirait aussi contre sa vocation, oit qu'elle considérât l’abaissement extérieur où était tombé le clergé de France, soit par cette tendresse inex- “blicable dans unefemme chrétienne, quise persuade qu'elle erdra quelque chose de son fils s'il devient un hommede ieu. Elleemployatoutes lesruses du génie maternel pour e détourner de sa résolution ; elle essaya de l’arrêter en houant son cœur par ces liens purs, maïs forts, où la jeuesse s'éprend avec un abandon si digne d'être récom-

0 cs.

Le jeune homme de vingt-quatre ans triompha de son

cœur, comme déjà il avait triomphé des illusions du rang "sain

de la richesse et de l'ambition. L'heure finale du sacri- 4 fice était venue ; en 1809, Charles de Forbin entra au # séminaire de Saint-Sulpice, sous la direction du célèbre #

et vertueux Emery. Ses contemporains se rappellent nc

encore la ferveur qu'il y apporta, et qui s'y manifestait

par une sévérité envers lui-même qu’on n’eût pas attendu ‘1

d'un adolescent élevé dans les délicatesses du grand monde, Quelque soin qu'il prit à cacher ses pratiques,

ses condisciples en découvrirent quelques unes; on re-

marqua qu’en plein hiver, il laissait ses fenêtres ouvertes pendant la nuit, afin que son sommeil, devenu aussi léger que possible, ne durât que le temps nécessaire à la réparation du corps. Il préludait de la sorte à l'infatigable ardeur de son apostolat, sachant que la soumission

du corps à l’âme est la seule voie que Dieu ait ouverte #

aux grandes ambitions morales, et que sans l'austérité 4 extérieure, c'est en vain qu’on aspire à la sainteté ou au génie, 4

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L'année 1811 fut pour l'abbé de Janson l’année sacer- A dotale. Ileut dû en recevoir l’onction des mains du « cardinal Maury ; mais le cardinal avait accepté le siège archiépiscopal de Paris malgré la volonté du Souverain- Pontife prisonnier, et bien qu’il eut reçu des vicaires généraux légitimes les pouvoirs nécessaires à l’ordination,! l'abbé de Jansor ne voulut point lui devoir une grâces aussi précieuse que celle du Sacerdoce. Il prit ses me-h sures pour être ordonné à Chambéry, des mains de l'é-à vêque de cette ville, qui le nomma son vicaire général}

ompha de son “et lui confia le gouvernement de son séminaire diocésions du rang ‘sain.

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bin entra au é n à | 5 n du célèbre * Cette situation dura peu. Les fonctions adminis-

se rappellent 4 tratives s’adaptaient péniblement au génie de l’abbé de » manifestait Janson, Il revint à Paris, et s’adonna à l'instruction t pas attendu des enfants dans la paroisse de Saint-Sulpice. Vous | es du grand à FuRarqUeres, Messieurs, cette brusque transition ; de es pratiques, À la direction d’un diocèse l'abbé de Janson passe subite unes; on re. ment à l’humble ministère du catéchiste ; l’apostolat tie butée qui est sa vraie, son unique vocation, le tourmente et renu eus 16.0 : l'emporte dès les premiers jours de son sacerdoce. Écenañité à 1 4 Déjà il ne se contenait plus dans Paris ; il jetait des te à l'infati- k yeux avides sur les contrées lointaines où le christiala soumission nisme opprimé réclame à toute heure la parole et le sang SH Se à apostoliques ; il errait en esprit de l’Amérique à la s l'austérité Chine, de la Chine aux bords du Gange et de l’Euatntété ou au 4 phrate ; la main de Dieu l’avait saisi, et le promenuait, d'aspiration en aspiration, à travers tous les lieux désolés de la terre, pour y choisir un poste où son dévoue- 7 ment ne fût pas à l’étroit.

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année sacer- à

es mains du Tout-à-coup, au sein même de la patrie, un cri propté le siège 4 digieux s’élève : le descendant de Cyrus et de César, 1 Souverain- À le maître du monde avait fui devant ses ennemis ; les des vicaires® aigles de l'empire, ramenées à plein vol des bords sanl’ordination,Æ glants du Dniéper et de la Vistule, se repliaient sur leur r une grâce! terre natale, et s’étonnuient de ne plus ramasser dans prit ses me-i leurs serres puissantes que des victoires blessées à mort. ains de l’é-l Dieu, mais Dieu seul, avait vaincu la France comman-

ire général, dée jusqu’à la fin par le génie, et triomphante encore au

quart d’houro même qui signalait sa chûte, Jo no dirai *

point les causes de cette catastrophe ; outre qu'elles ne sont pas de mon sujet, il répugne au fils de la patrie de creuser trop avant dans les douleurs nationales, et il laisse volontiers au temps tout seul le soin d’éclaircir les loçons renfermécs par Dieu même au fond des revers,

Une position nouvelle était sortie pour tout lo monde de la révolution qui venait de s'accomplir ; les desseins de l'abbé de Janson en reçurent nécessairement le contre-coup. La France lui apparut sous un aspect qu'elle n'avait pas eu d'abord à ses yeux. Il crut que le mouvement d'ascension religieuse commencé sous l'empire allait continuer son développement avec une force plus décisive, et il chercha dans son zèle les moyens d'y concourir et de le hâter. Il comprit trèsbien que l'empire n'avait constitué que la partie administrative et pastorale de l'Eglise de France, et qu'il manquait à ce corps tout jeune l'arme de l’apostolats c'est-à-dire, le service actif et dévoué de la parole. La religion est une pensée, et la parole est le soleil qui rend la pensée visible, vivante et communicable ; comme le soleïl fait chaque jour le tour du monde pour éclairer les corps, ainsi la parole, fille aînée de Dieu, doit chaque jour aussi faire le tour du monde pour éclairer les esprits. Son premier mot, à l’origine des choses, avait été celuici: Fiat lux,—que la lumière soit faite ! * C’est encore sa devise et sa fonction ; ce sera l’une et l'autre jusqu’au siècle futur où le Verbe de Dieu lui-même illuminera directement l'assemblée des esprits dans la

* Génèse, ch. 1, vers. 3.

un

. Je no dirai Mjérusalem éternelle, Et jusque 1à lo ministère de la re qu'elles no 4 barolo restera le premier ministère du monde, le minise la patrie de “ère de la vérité, de la sainteté, de la justice, do l’ordre, “onales, eb il Me la création, de la résurrection, de la vie et de la déclairoir les mort. Parlez! Ne vous taisez pas ; ne vous taisez ni les rovers, “devant le glaive qui vous menace, ni devant la majesté “qui vous regarde, ni devant votre éœur qui vous cün- “jure, ni devant votre mère qui se met à genoux pour “vous supplier, ni devant les peuples qui vous cricnt : Meilence ! ni devant les flots de la mer qui s'émeuvent “pour étouffer votre voix, Parlez! Tel avait été l'ordre

dut lo monde les desseins airement le

s un à 4 Il ph Mde Jésus-Christ à ses apôtres, ct l’un d'eux, Saintmencé hr Paul, écrivait joyeusement : Je travaille pour l’Evanut .sveo une D gile jusqu’à porter des chaînes comme un malfaiteur, mais

la parole de Dieu n’est point enchaïnée ; laboro usquè ad | AE quasi malè operans, sed verbum Dei non est alli-

| | Ares Tout, en effet, importe peu à l'Eglise, pourvu “qu ’elle parle ; mais alors même qu'elle est libre, ello à | n'exorce pas toujours et partout cette puissance de la

on zèle les omprit trèsartie admiace, et qu'il

l’apost “4 ee de Ÿ 4 parole en la même manière ni au même degré. Il est Lil se s ser 4 des temps et des lieux où, tranquille maîtresse des 4! esprits, n'ayant à combattre que des désordres, suite comme le % | ; . 4 naturelle de l’infirmité de notre cœur, elle se borne à éclairer les

: une parole d'édification qu’on pourrait appeler la prédi- # cation intérieure et pastorale. Il en est d'autres où elle trouve des intelligences rebelles, soit parmi les peuples qui n’ont pas encore reçu le mystère de la vérité, soit

Loit chaque les esprits.

été celui-

D A Le - 4 RÉ RTE.

C’est en- Q A . Q Q e : parmi ceux-là mêmes qui en furent éclairés, mais qui, et l'autre x RRNr e hiliméé dégoûtés de la lumière patrimoniale, en détournent les ° yeux pour se faire des astros de leur choix. Alors ts dans la

# Deuxième épitre à Timothée, cb, 2, vers. 9,

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