‹ Éloge historique de James WattChapitre 11 sur 16 · DS \\ HT · texte numérisé non relu

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guettes, com/ne c'était L'usage. Ainsi, dit Pline, s'abaissèrenl en face de l'humble demeure d'un savant, les faisceaux de celui qui avait vu l'Orient el L'Occident prosternés devant lui !

César, que les lettres pourraient aussi revendiquer, laisse apercevoir clairement en vingt endroits des immortels Commentaires, quel ordre occupaient dan-, sa propre estime les divers genres de (acuités dont la nature lavait si Libéralement doté. Comme il est bref, comme il est rapide, quand il raconte des combats, des batailles ! Voyez, au contraire, s'il croit aucun détail superflu dans la description du pont improvisé sur Lequel son armée traversa le Rhin. C'est qu'ici le succès dépendait uniquement de la conception, et que la conception lui appartenait tout entière. On l'a déjà remarqué aussi . La part que César s'attribue de préférence dans les événements de guerre, celle dont il semble le plus fier est un< influence morale. César harangua son m mec, est presque toujours la première phrase de la description des batailles

jm-.'\ ( ésar n'était pas arrivé assez tilt /mur parler a ses soldats, pour les exhorter à se bien conduire, est L'accompagnement habituel du récit d une surprise ou dune déroute momentanée. I ,<■ général prend constamment à tâche de s'effacer devant L'orateur, et de vray, dit le judicieux Montaigne, sa langue lui a/aict en plusieurs lieux de bien notables servie*

Maintenant, sans transition, sans même insister sur cette 1 Kclamation connue du grand Frédéric : < J'aimerais mieux a avoir c'erit le siècle de Louis \ Il de Voltaire, qu'avoir « gagné cent batailles , » j'arrive à Napoléon. Comme il faut se hâter, je ne rappellerai ni les proclamations célèbres,

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écrites à l'ombre des pyramides égyptiennes par le membre de l'Institut général en chef de l'armée de l'Orient ; ni les traités de paix où des monuments d'art et de science étaient le prix de la rançon des peuples vaincus; ni la profonde estime une le général , devenu empereur , ne cessa d'accorder aux Lagrange, aux Laplace , aux Monge, aux Berthollet ; ni les richesses, ni les honneurs dont il les combla. Une anecdote peu connue ira plus directement à mon but.

Tout le monde se rappelle les prix décennaux. Les quatre classes de l'Institut avaient tracé des analyses rapides des progrès des sciences, des lettres, des arts. Les présidents et les secrétaires devaient être successivement appelés à les lire à Napoléon , devant les grands dignitaires de l'empire et le conseil d'Etat.

Le 27 février 1808, le tour de l'Académie française arrive. Comme on peut le deviner, l'assemblée ce jour-là est plus nombreuse encore que d'habitude : qui ne se croit juge trèscompétent en matière de goût? Chénier porte la parole. On l'écoute avec un religieux silence, mais tout à coup l'empereur l'interrompt , et la main sur le cœur, le corps penché, la voix altérée par une émotion visible : « C'est trop, c'est « trop, messieurs, » s'écria-t-il , « vous me comblez; les « termes me manquent pour vous témoigner ma reconnais- « sauce ! »

Je laisse à deviner la profonde surprise de tant de courtisans témoins de cette scène, eux qui d'adulation en adulation étaient arrivés à dire à leur maître et sans qu'il en parût étonné : « Quand Dieu eut créé Napoléon, il sentit le besoin « de se reposer! »

Mais quelles étaient enfin les paroles qui allèrent si juste,

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si directement au cœur de Napoléon? Ces paroles, les

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