‹ Éloge historique de James WattChapitre 16 sur 16 · TT. | B · texte numérisé non relu

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société royale. Mais Watt désira ensuite qu'on différai celte lecture, afià de se donner le temps de voir conmonl sa théorie s'accorderait .ivcc de» expériences récentes de Priestley. Bn définitive, la lettre pe fui lueaa'on .mil i-^i i . Cette lettre, Watt la fondil dam un mémoire adressera Deluc, en date du a6 novembre ij83 (2). Beancoup de nouvelles observations, de nouveaux raisonnements Ggnraiejil dans le nié, noire; mais la presque totalité de la lettre originale y étafl conservée , si daw IfinipntM mi la distingua des additions pw des guillemets retoaraés. Dansla parti. .iiii^i guillemetée, se trouve l'importante conclusion citée ci-dessus. On

lit aussi i|ue l.i lettre fut communiquée à plusieurs membres de la 6 n

royale, lorsquen avril i-S.î elle parvint au docteur Priestley.

D.ms le mémoire de Cavendish tel qu'il lut d'ubopd lu. il n'y avait aucune allusion a la théorie de Watt; nuis une addition, postérieure à la lecture des lettres de ce dernier et écrite en entier de la main de Cavendish, mentionne cette théorie (Trant. philos., 178-1, p. 1 i" Cavendish expose dans cette addition les raisons qu'il croit avoir pour ne pas complique) ses conclusions, comme Watt le taisait, de considérations relatives au dégagement de chaleur latente; mais elle laisse dans le doute sm la question de savoir si l'auteur eut jamais connaissance de la lettre à Priestlev d'avril 1783, ou s'd vit seulement la lettre datée du a6 novembre 178 i et lue le au avril 1-8 (; sur quoi il importe «le remarquer que les deux lettres parurent dans les Traits, philos, réunies en une sculi. La lettre à Priestley du 26 avril 178^ resta quelque temps [deux mois d'après le mémoire de Watt dans les mains de sir Joseph Banks et d autres membres de la Société royale, pendant le printemps de 1783. Cesl ce qui résulte des circonstances que relate la note

! . tl lue le aa avril i-

• S le moindre dontele physicien g-ucvui., alors i Londres, lu recul .1 cette époque. Il resta

daos ses mains jusqu'au m.iment ou Watt entendit parler de la leeturc a la Soeielé royale du mémoire de ( a-.rn-; mi. ment mon père, fit tontes tes dil -maires pour que le mémoire

adresse a Deluc et la lettre du l<i atril 1- au doeteur Priestlev fusscut immédiatement

lus i royale. Cette lecture, réclamée par Watt, du mémoire adresse .1 Deluc, est dn

Tj ami 7<r M II M fils 1

de la page 33o. Il semble difficile de supposer que Blagden , secrétaire de la Société, ne vit pas le mémoire. Sir Joseph Banks dul le lui remettre, puisqu'il l'avait destiné à être lu en séance (Traits, philos., 1784, p- 33o, note). Ajoutons que puisque la lettre a été conservée aux archives de la Société royale, elle était sous la garde de Blagden, secrétaire. Serait-il possible de supposer que la personne dont la main écrivit le remarquable passage, déjà cité, relatif à une communication, faite à Lavoisier en juin 1783, des conclusions de Caveiulish, n'aurait pas dit au même Gavendish que Watt était arrivé à ces conclusions , au plus tard en avril ijS3?Les conclusions sont identiques, avec la simple différence que Gavendish appelle air déphlogistiqué, de l'eau privée de son phlogistique , et que Watt dit que l'eau est un composé d'air déphlogistiqué et de phlogistique.

Nous devons remarquer qu'il y a dans la théorie de Watt, la même incertitude, le même vague que nous avons déjà trouvé dans celle de Cavendish, et qu'elle provient aussi de l'emploi du terme, non exactement défini, déphlogistiqué (1). Ghez Cavendish on ne saurait décider si le phlogistique est tout simplement de l'air inflammable, ou si ce chimiste n'est pas plutôt enclin à considérer comme air inflammable, une combinaison d'eau et de phlogistique. Watt dit expressément, même dans son mémoire du 26 novembre 1783, et dans un passage qui ne fait pas partie de la lettre d'avril 1783, que l'air inflammable, suivant ses idées , contient une petite quantité d'eau et beaucoup de chaleur élémentaire.

Ces expressions, de la part de deux hommes aussi éminents, doivent être regardées comme la marque d'une certaine hésitation, touchant la composition de l'eau. Si Watt et Cavendish avaient eu l'idée précise que l'eau résulte de la réunion des deux gaz privés de leur chaleur latente, de la réunion des bases de l'air inflammable et de l'air déphlo-

(1) Daus une note de sou mémoire (In 16 novembre 17S3 (p. 33i), on lit cette remarque de Watt : •< Antérieurement aux expériences du docteur Priestley, Kirwau avait prouvé par d'iugénieuses déduc- « tions empruntées à d'autres faits, que l'air inflammable est, suivant toute probabilité, le vrai pblogis- •• tique sous une forme aérieunc. Les arguments de Kirwau me semblent a moi parfaitcmeut convaiu- « cauts; mais il paraît plus convenable d'établir ce point de la question sur des expériences directes. »

DE WATT. I ' i

gistiquë; si cette conception avait en dons leni esprit autant de netteté que il.ms celui de Lavoisier, ils auraient certainement évité l'incertitude- <-t I obscui i t « - que i h signalée i .

I n i<- qui concerne Watt, voici les nouveaux Faits que nous venons .I établir :

i M nv .1 point de preuves que personne ait donné avani Watt et dans un document écrit, la théorie actnelle de la composition de 1 eau.

■3 Cette théorie, Watt l'établit pendant l'année i7s'. en termes |>lu-> distincts que ne le fit Cavendish dans son mémoire de 1784. En faisant entrei li ment de chaleur latente «-n ligne de compte, Watt ajouta

1 l.i clarté de sa ■ onception.

3 II n'\ .1 aucune preuve, il n'j -i même aucune assertion il«' laquelle il résulte que la théorie de Cavendish Blagden l'appelle la counon ait été commaniquée 1 Priestley a\ int l'époque où W att 1 ona

bas de U pa 1 une partie de M lettre d'avril 1783 , imprimée en

italiques, w ait dîl '■ ■uues»nous pu dès lors autorisés j conclure qne l'een esl composée d'eii

dépblugisti'què et de phlogistique, dépouillés d'une partie de leur chaleur latente on élémentaire;

i air dépbl . i'air pur, est «le l'eau privée (le *<>n phlogistique et unie a de la chaleur

a de la luruitrr élémentaire ; «pie la chaleur et la lumière > vont certainement contenu* a l'étal

nt ni le thermomètre', ni rouir s. la lumière r*t lenlement une modifi-

■ -n «le la chaleur, ou une particularité de ton existence, ou une partie constituante de l'air in-

- I jir pur <ni uephlogistiqoé e*t de l'eau priT.-.- ût son phlogistique el ai

. rlialetir etrcientairc. -

r, .-vt-il pav au**i «lair. . intelligible que les conclusions de Lavoisier?

■intë que lord Brouglum reproche aux rooeeptioni Ihéortqnea de V » irendûh

■a m ntl.le pa» réelle r - D -at.nt pr.-parer deUl gu] piTiii.iu.nN et tn «t.lrs

appelaient air pur et air 1t1llan1111.1l. If ; il'.iutrc. ait déphlogiatiqné

et pl.logistique ; d'autres, enfin, oxygène n bvdrugèui Par la eaimhilMH le l'air déphlof j

«lu nhl'igistîque , on engendra de l'eau ajaal un | la «-gai a relui de» deux u»t L'eau, dès lors.

ne fut plu* un corps simple : elle «• 1 inu|wea d'air déphlogistiqué et >le phlogistique Le chimiste qui ,,,., pouvait arair 'le 1 un la nature intime .lu pbiogistiqiie , » u-

.pie rrla jetât aucune iureriilu'1.- »ur le mérite de -.a première .1»-. ouverte Aujourd'hui même ,m,in,jurm . .pie ITijdro phogistique] asl un corps élémentaire;

qu'il u'eai pa« .n ludi le . rureni m. momeut. la conil.m om>u d'un radical et

d'un peu d'eau } VoéV it >/ '

lati ÉLOGE HISTORIQUE

ses idées dans la lettre du 26 avril ij83; à plus forte raison, rien ne peut taire supposer, surtout quand on a lu la lettre de Watt , que cet ingénieur ait jamais appris quelque chose de relatif à la composition de l'eau, soit de Priestley, soit de toute autre personne.

4° La théorie de Watt était connue des membres de la Société royale, plusieurs mois avant que les conclusions de Cavendish eussent été confiées au papier ; huit mois avant la présentation du mémoire de ce chimiste à la même Société. Nous pouvons aller plus loin et déduire des faits et des dates sous nos yeux , que Watt parla le premier de la composition de l'eau ; que si quelqu'un le précéda, il n'en existe aucune preuve.

5° Enfin, une répugnance à abandonner la doctrine du phlogistique , une sorte de timidité à se séparer d'une opinion depuis si longtemps établie, si profondément enracinée, empêcha Watt et Cavendish de faire complète justice à leur propre théorie (1), tandis que Lavoisier, qui avait rompu ces entraves, présenta le premier la nouvelle doctrine dans toute sa perfection.

Il serait très-possible que, sans rien savoir de leurs travaux respectifs, Watt, Cavendish, Lavoisier eussent, à peu près en même temps, fait le CTiand pas de conclure de l'expérience que l'eau est le produit de la combinaison des deux gaz si souvent cités. Telle est, en effet, avec plus ou moins de netteté, la conclusion que les trois savants présentèrent. Reste maintenant la déclaration de Blagden, d'après laquelle Lavoisier aurait eu communication de la théorie de Cavendish, même avant d'avoir fait son expérience capitale. Cette déclaration , Blagden l'inséra dans le mémoire même de Cavendish (2) ; elle parut dans les Transactions philo-

(1) On pouvait à peine s'atleudre que Watt, écrivant et publiant pour la première fois, en butte aux soucis d'une fabrication immense et d'affaires commerciales également étendues, pourrait lutter avec la plume éloquente et exercée de Lavoisier ; mais le résumé de sa tbéorie (voyez la page 33l du mémoire) me parait à moi, qui, a vrai dire, ne suis peut-être pas un juge impartial, aussi lumineux et aussi remarquable par l'expression , que les conclusions de l'illustre chimiste français. ( ÏYotc de M. If an fis.)

{1) Une lettre au professeur Oeil, dans laquelle Blagden donna une histoire détaillée de la découverte, parut dans les Annalen de 1786. Il est remarquable que dans cette lettre Blagden dit qu'il

ni w ut. i'7

sophiques , et il ne semble pas que Lavoisier l'ail jamais contredite, quelque inconciliable qu'elle lût avec s.in propre récit

Ma !■• ("lit.' I.i susceptibilité jalouse de Blagden en faveur de la priorité

i lavendish, il n y a pas eu de sa part une seule allusion de laquelle on puisse induire qu'avant de publier sa théorie , Wall avait entendu parlei de celle «le son compétiteur.

V'ii> ne serons pas aussi affirmants, relativement à la question de tavoii m Cavendisb avait quelque connaissance du travail de Watl avant de rédiger les conclusions de son propre mémoire. Pour soutenir que < tvendish n'ignorait pas les conclusions de W .» 1 1 , on pourrait remarquei combien il sérail improbable que Blagden et d'autres de qui ces conclusions étaient connues , ne lin en eussent jamais parle. On pourrait encore dire que Blagden , même dans les parties du mémoire écrites de s.i main et destinées à réclamer la priorité en faveur de Cavendisb contre Lavoisier, n'affirme nulle part que la théorie de Cavendisb fût conçue avant le mois d'avril 1783, quoique, dans une autre addition au mémoire original de son ami . il y ail une citation relative à la théorie de Watt.

Puisque la question de savoir à quelle époque Cavendisb tira des conclusions de ses expériences, est enveloppée dans une grande obscurité, il ne sera pas sans utilité de rechercher quelles étaient les habitudes de ce chimiste quand il communiquait ses découvertes a la Société royale.

I 11 coniite de cette Société, auquel Gilpin était associé, fit une série il expériences sur la formation de l'acide nitrique. Ce comité, place SOUS la direction de Cavendisb, se proposait de convaincre ceux qui doutaient de la composition de l'acide en question , indiquée incidentellement dans le mémoire de janvier 1784, et ensuite, plus au long, dans un mémoire de juin 178"). Les expériences furent exécutées du 6 décembre - au 19 mars 1788. La date de la lecture du mémoire de Cavendisb

rimnaDiqua a Laroisicr les opinions de Careucasli ci de ff'titt. et que ce dernier nom figure la pour la première fou dans le réeit des confidences rerbalcs du secrétaire de la Société royale. (.Vore Je

V ir*,tf,u.)

est le 17 avril 1788. La lecture et l'impression du mémoire suivirent donc , à moins d'un mois de distance , l'achèvement des expériences.

Kirwan présenta des objections contre le mémoire de Cavendisli relatif à la composition de l'eau, le 5 février 1784. La date de la lecture de la réponse de Cavendisli est : le 4 niars 1784.

Les expériences sur la densité de la terre embrassèrent l'intervalle du 5 août 1797 au 27 mai 1798. La date de la lecture du mémoire est le 27 juin 1798.

Dans le mémoire sur l'eudiomètre , les expériences citées sont de la dernière moitié de 1781, et le mémoire ne fut lu qu'en janvier 1783. Ici l'intervalle est plus grand que dans les précédentes communications. 'Mais d'après la nature du sujet il est probable que l'auteur se livra à de nouveaux essais en 1782.

Tout rend probable que Watt conçut sa théorie durant le peu de mois ou de semaines qui précédèrent le mois d'avril 1783. Il est certain que cette théorie il la considéra comme sa propriété, car il ne fit allusion à aucune communication analogue et antérieure; car il ne dit pas avoir entendu raconter que Cavendish fût arrivé aux mêmes conclusions.

On ne saurait croire que Blagden c'aurait pas entendu parler de la théorie de Cavendish avant la date de la lettre de Watt, si la théorie avait en effet précédé la lettre, et qu'il ne se serait pas empressé de signaler cette circonstance dans les additions qu'il fit au mémoire de son ami.

11 est bon, enfin, de remarquer que Watt s'en reposa entièrement sur Blagden , du soin de corriger les épreuves et de tout ce qui pouvait être relatif à limpression de son mémoire. Cela résulte d'une lettre encore existante adressée à Blagden. Watt vit son mémoire seulement après qu il eut été imprimé.

(Les notes de M. Watt fils faisaient partie du manuscrit qui m'a été remis par lord Brougbam , et c'est sur la demande expresse de mon illustre confrère, que je les ai fait imprimer comme un utile commentaire de son travail). Ab.

IMPRIMERIE I)E FIRM1N DlIlOT FRERES, [inntiineurs de l'Institut . i tic Jacob u & '.

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