‹ Éloge historique de James WattChapitre 15 sur 16 · I I 8 ÉLOGE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I I 8 ÉLOGE HISTORIQUE

Traduction d'une note historique de lord Brougham sur lu découverte de la composition de l'eau.

Il n'y a aucun doute qu'en Angleterre, du moins, les recherches relatives à la composition de Peau ont eu pour origine les expériences de Warltire relatées dans le 5e vol. de Priestley (i). Cavendish les cite expressément comme lui ayant donné l'idée de son travail ( Trans. philos., it84i P- 126). Les expériences de Warltire consistaient dans l'inflammation, à l'aide de l'étincelle électrique et en vases clos, d'un mélange d'oxygène et d'hydrogène. Deux choses, disait-on, en résultaient : i° une perte sensihle de poids; 20 la précipitation de quelque humidité sur les parois des vases.

Watt dit, par inadvertance, dans la note de la page 332 de son mémoire [Trans. philos. , 1784), que la précipitation aqueuse fut ohservée, pour la première fois, pur Cavendish; mais Cavendish, lui-même, déclare, pag. 12-, que Warltire avait aperçu le léger dépôt aqueux, et cite, à ce sujet, le 5e vol. de Priestley. Cavendish ne put constater aucune perte de poids. Il remarque que les essais de Priestley l'avaient conduit au même résultat (2), et ajoute que l'humidité déposée ne contient aucune

(1) La lettre de Warltire, datée de Birmingham le iS avril 1781, fut publiée par le docteur Priestley dans le 2e vol. de ses Experiments and observations relating to vnrious branches 0/ natural philosoph y; witk a continuation oftlie observations on air, formant dans le fait le 5e vol. des Experiments and observations on différent hinds ofair, imprimé à Birmingham en 178t. {Vote de M. ff'attfils.)

(») La note de Cavendish , à la page 127, parait impliquer que Priestley n'avait aperçu aucune perte de poids ; mais je ne trouve cette assertion dans aucun des mémoires du chimiste de Birmingham.

Les premières expériences de Warltire sur la conflagration des gai furent faites dans un globe de cuivre dont le poids était 14 onces et le volume 3 pintes. L'auteur voulait ■■ décider si la chaleur est « ou n'est pas pesante. »

Warltire décrit d'abord les moyens de mélanger les gaz et d'ajuster la balance ; il dit ensuite : « J'équilibrais toujours exactement le vase rempli d'air commun , afin que la différence de poids, à la .• suite de l'introduction de l'air inflammable, me permit de juger si le mélange avait été opéré dans les « proportions voulues. Le passage de l'étiucelle électrique rendait le globe chaud. Après qu'il s'était « refroidi par son exposition à l'air de la chambre, je le suspendais de nouveau à la balance. Je trou-

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impureté littéralement, aucune paroelle de suie oetde matière nciire, aitr sooty ma/ter . après un grand nombre d'easais, Cavendish reconmn

4 j n t- >i on allume un mélange d'air commua et d'air inlai able , tonné

il,- 101.0 mesures du premier et de \a3 du second, « un cinquième environ

• de l'air commun et à peu prèa la totalité de l'air inflammable perdent

• leur élasticité, et forment en .*<• condensant la rosée qui courre le « verre In examinant lu rosée, • rvendish ti ouva eue cette rosée est

• de l'eau pure Il en eonclai i|ue presque tout l'air inflammable el

resrvâron un sixième e I »- 1 air commun deviennent de l'eau pure [are

• turntd uitn pure 11 ater ï. •

i endisb brida de la même manière un mélange d'air inflammable et d'air dépblogistiqué [d'hydrogène et d'oxygène ; le liquide précipité rut toujours plus eu moins acide, suivant que le gaz brûlé avec l'air inflammable contenait plus <>u moins de phlogiatique. Cet acide engendré

était de lucide nitrique.

Si. Cavendôh établit que : presque la totalité de I air inflammable et

• de l'air déphlogistiqué est convertie en eau pure $* et encore, que si

s airs pouvaient être obtenus dans un état complet de pureté, la

• totalité serait contiens ■. >i l'air commun et l'air inflammable ne

• rai- tonj>>ur* une per' . mai* il \ avait des différences 'l'une cxpcricucc à l'autre. En

- movrnne la perte fnt de deux prain*. -

V*. arltire continue ainsi : « J'ai enflamme mes air* dans .1, s tSMB de verre, depuis que je vous l'ai vu

- faire récemment vous-néme I'. i idi ;■ ; . el j ai observé coatatJ >ou JiJ) que l'ieu que « le va>e fut net et «ce araut ïc\plo*ion , il était après couvert Bl d'uuc substance uuiro •» (/• -

En bal.inr.int t.»u* le^ dr'.its. le mérite d'avoir aperça la rosée u'.i[>|>arlM-nl -i I pas -i IVifstlcy ? Dan» le* quelque* remarque* il"iit 1'; la Ici ri de ion cocrct|ionjaant| il confirme

ta perte dt indant, que l'opinion m hardie que la chaleur

- laien'e descorps eutre pour une part *cua

• faite» »ur ifne plu* grande échelle t einarquaMe et qui fera

• le plu* grand boni

• 11 faut dire • vit rosée à ta surface

- intérieure du rasi :- riué. d dit que cela confirmait uue opinion qu'il avait depuis longtemps :

- l'opinion que l'air commun aliaudonnr *nn humidité quand il eai

D est donc évident que Waritirr expliquait la «impie précipitation mécanique de l'eau

hygrométrique contenue dan» l'air commun. I \ote de V. fl'u'tJiU.)

donnent pas d'acide quand on les brûle, c'est, suivant l'auteur, parce qu'alors la chaleur n'est pas intense.

Cavendish déclare que ses expériences, à l'exception île ce qui est relatif à l'acide, fuient faites dans l'été de 1781 , et que Priestley en eut connaissance. Il ajoute : « Un de mes amis en dit quelque chose {gave « some account) à Lavoisier, le printemps dernier (le printemps de i^83), «aussi bien que de la conclusion que j'en avais tirée, savoir, que l'air « déphlogistiqué est de l'eau privée de pblogistique. Mais à cette époque, « Lavoisier était tellement éloigné de penser qu'une semblable opinion " fût légitime, que jusqu'au moment où il se décida à répéter lui-même « les expériences, il trouvait quelque difficulté à croire que la presque « totalité des deux airs pût être convertie en eau. »

L'ami cité dans le passage précédent, était le docteur, devenu ensuite sir Charles Blagden. C'est une circonstance remarquable que ce passage du travail de Cavendish semble n'avoir pas fait partie du mémoire original présenté à la Société royale. Le mémoire paraît écrit de la main de l'auteur lui-même; mais les paragraphes i34 et i35 n'y étaient pas primitivement; ils sont ajoutés avec une indication de la place qu'ils doivent occuper; l'écriture n'est plus celle de Cavendish; ces additions sont de la main de Blagden. Celui-ci dut donner tous les détails relatifs à Lavoisier, avec lequel on ne dit pas que Cavendish entretînt quelque correspondance directe.

La date de la lecture du mémoire de Cavendish est le i5 janvier 1784. Le vol. des Transactions philosophiques dont ce mémoire fait partie ne parut qu'environ six mois après.

Le mémoire de Lavoisier (vol. de l'Académie des sciences pour 1781) avait été lu en novembre et décembre iy83. On y fit ensuite diverses additions. La publication eut lieu en 1784.

Ce mémoire contenait la relation des expériences du mois' de juin 1783, auxquelles Lavoisier annonce que Blagden fut présent. Lavoisier ajoute que ce physicien anglais lui apprit : •• que déjà Cavendish ayant brûlé «de l'air inflammable en vases clos, avait obtenu une quantité d'eau « très-sensible; >■ mais il ne dit nulle part que Blagden fit mention de conclusions tirées par Cavendish de ces mêmes expériences.

1 rouier déclare de la manière la plna expresse, que le poids de l'eau

était égal i celai des deui gai Brûlés, à moins que, contraire ni à sa

propre opinion , on n'attribue un poids sensible i la chaleur et à la Lumière qui se dégagent dans l'expérience.

récil est en désaccord atec celui de Blagden qui, suivant tonte probabilité, fui écrit comme une réfutation du récil de Lavoisier, après la lecture du mémoire de < ayendish et lorsque le volume de 1 académie «It-s sciences n'étail pas encore parvenu en Angleterre. Ce volume parut en 1784, et, ces tainement, il n'avail pu arriver 1 Londres, ni lorsijnc Cavendish lut son travail à l.i Société royale, ni à plus forte raison quand il le rédigea. < )n doit , en outre , remarquer que , daus le passage du manuscrit du mémoire de Cavendish, écrit de la main de Blagden, il n'esl question que d'une seule communication des expériences : il une communication à Priestley. Les expériences, v est-il dit, sont de 1781 ; mais on ne rapporte aucunement la date de la communication. On ne nous apprend pas davantage, si les conclusions tirées de ces expériences, et qui, d'après Blagden, turent communiquées par lui à Lavoisier pendant Pété de i"N3. étaient également comprises dans la communication faite a Prieslej • Ce chimiste, dans son mémoire rédigé avant le mois d'avril ijS3, lu en juin de la même année, el cité par Cavendish) ne dit rien de la théorie de ce dernier, quoiqu'il cite ses expériences.

Plusieurs propositions découlent de ce qui précède: 1° Cavendish, dans le mémoire qui fut lu a la Société royale le i5 janvier 17.84, décrit l'expérience capitale de l'inflammation de l'oxygène et de l'hydrogène en SI aux clos , et cite l'eau comme produit de cette i omhustion;

2 Dans le même mémoire, Cavendish tire de ses expériences la conséquence que le deux gaz mentionnes se transforment en eau;

3° Dans une addition de Blagden, laite avec le consentement de Cavendish, on donne ,ui\ expériences de ce dernier la date de leté de 1 -S 1 ; on ( ite une communication à Priestley, vin- en pi é, iser l'époque,

- parler de conclusions , sans même dire quand ces conclusions se présentèrent a l'esprit di- Cavendish. Ceci doit être regardé comme une trèsgrosse omission a most material omission ;

1 Dans une des addition-, laites .\u mémoire par Blagden, la con-

clusion de Cavendish est rapportée en ces termes : Le gaz oxygène est de l'eau privée de phlogistique. Cette addition est postérieure à l'arrivée du mémoire de Lavoisier en Angleterre.

On peut observer de plus que dans une autre addition au mémoire de Cavendish, écrite delà main de ce chimiste, et qui est certainement postérieure à 1 arrivée en Angleterre du mémoire de Lavoisier, Cavendish établit distinctement pour la première fois, comme dans l'hypothèse de Lavoisier, que l'eau est un composé d'oxygène et d'hydrogène. Peut-être ne trouvera-t-on pas une différence essentielle entre cette conclusion et celle à laquelle Cavendish s'était d'abord arrêté, que le gaz oxygène est de l'eau privée de phlogistique, car il suffira, pour les rendre identiques, de considérer le phlogistique comme de l'hydrogène; mais dire de l'eau, qu'elle se compose d'oxygène et d'hydrogène, c'est, certainement, s'arrêter à une conclusion plus nette et moins équivoque. J'ajoute que dans la partie originale de. son mémoire, dans celle qui fut lue à la Société royale avant l'arrivée du mémoire de Lavoisier en Angleterre, Cavendish trouve plus juste de considérer l'air inflammable « comme de l'eau phlogistiquée, que comme du phlogistique pur » (p. i/fa)-

Voyons maintenant quelle a été la part de Watt. Les dates joueront ici un rôle essentiel.

Il paraît que Watt écrivit au docteur Priestley, le 26 avril 1783, une lettré dans laquelle il dissertait sur l'expérience de l'inflammation des deux gaz en vaisseaux clos, et qu'il y arrivait à la conclusion que « l'eau «est composée d'air déphlogistiqué et de phlogistique, privés l'un et « l'autre d'une partie de leur chaleur latente (1).»

Priestley déposa la lettre dans les mains de sir Joseph Banks , avec la prière d'en faire donner lecture à une des plus prochaines séances de la

(1) Nous pouvons eu toute assurance déduire de la correspondance inédite de Watt, qu'il avait déjà formé sa théorie sur la composition de l'eau, en décembre 1782, et probablement plus tût. Au surplus, dans son mémoire du 21 avril 1783, Priestley déclare qu'avant ses propres expériences, Watt s'était attaché à l'idée que la vapeur d'eau pourrait être transformée en des gaz permanents (p. 4 '6).

Watt lui-même, dans son mémoire (p. 335), déclare que depuis plusieurs années il avait adopte l'opinion que l'air était une modification de l'eau, et il fait connaître avec détail les expériences et les raisonuements sur lesquels cette opinion s'appuyait. (.Vo/<- de N. Jf'utt /ils.)

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