EXAMEN DE CES AUTORITES
§ I. — L'autorité de M. Meerman.
M. Gockinga (ou M. Meerman) commence son introduction par dire ce que c'est que l'Imprimerie ; puis passant rapidement à la date de son invention, il discute les prétentions respectives des Allemands et des Hollandais ^
Les Allemands, dit-il, se disputent, même entreux, sur le nom de l'inventeur et sur le lieu de l'invention. Les Hollandais, au contraire , ont toujours été d'accord tant sur le lieu où s'est faite cette découverte que sur la personne à qui on la doit.
RÉp. — Il n'est pas réel que les Allemands se disputent entreux sur le lieu de l'invention. La querelle a existé, il est vrai, mais elle à été publiquement, solennellement terminée entreux par la décision des bons auteurs : il est maintenant hors de doute que l'Impriinefrie a' été portée de Strasbourg à Mayence par un habitant de cette première ville, et que c'est à Mayence qu'en ont été fait les essais ^.
Quant à Tobjectioft relative au nom de l'inventeur, elle est très-futile, et l'on va s'en convaincre.
*Peù itti porte *q\i^ôh ait cité jusqu'ici Guttemberg, Fust et Schoiffer comme ayant eu tous les trois l'honneur de la découverte; l'ordre dans lequel on les place annonce assez le degré de gloire qu'on accordait à chacun d'eux.
* Prétentions qui ne se sont élevées-, que vers le tems d'Adrien Junius , c'està-dire , un siècle environ après la découverte de l'imprimerie à Mayence. Avant cet Adrien , aucun auteur n'avait pensé que la ville de Harlem pût avoir le moindi^e droit à l'honneur de cette invention. (Vid. Mcdlink,^ cap. 3, p. 26, cdit. in-4°.) I ' '^ •
^ « Anno Christi i440, Frederico III, romanorum imperatore régente, ma- « gnum quoddam àc penè divinum beneficium collatum est universo terrarum « orbi , à Joanne Guttembergo , Argentinensi , novo scribendi génère reperto. Is
« enim phimus artem impressoriam , in urbe j4rgentinensi ij^w^nit, Inde Mo»
« guntiam veniens , eamdem féliciter complevit. »
WiMPHEL., de rer, German,, cap. 65.
Guttemberg a créé ; i .
Fust l'a aidé de ses conseils et de sa fortune ;
Schoiffer a perfectionné.
Tou^ ces faits sont reconnus, constatés depuis trois siècles; ce n'est donc pas, comme le disent M. Meerman et M. Gockinga, varier dopirdon sur le nom de l'inventeur.
A la vérité, Guttemberg se nomme tantôt Pierre * Guttemberg, tantôt Jean * Guttemberg, quelquefois Genfleish ' seulement ,v quelquefois aussi Jean * Genfleisch; mais que peut prouver cette différence dans la manière de nommer l'inventeur, si ce n'est qu'à cette époque on défigurait grossièrement tous les noms , et que les littérateur lés? plus érudits ne les citaient même qu'inexactement? Voîlà poui'^oî Fust fut quelquefois appelé Faust et même Gutman * ; voilà pourquoi Schoiffer fut tantôt nommé Schoiffler % Schœffer, Schefer, et' tantôt Opilio', ce qui ressemblait encore moins au mot véritable que (renfleisb à Guttemberg; voilà pourquoi, dans une autre circonstance, l'ermite qui prêcha les Croisades, avait été nommé Pierre, Pétre, Gucupierre et Cucupétre; voilà pourquoi M. Meerman a vtf Coster lui-même porter à la fois les noms de Laurens, Lau^^ent Jfttt$^> zoon, de Laurent Coster et de Jean Coster. n^ '» ■
M. Gockinga ajoute que les Hollandais . ont toujours été 'd'aoéoré) sur le lieu de la découverte et sur la personne à cfui on. la àoV: èela est facile à croire. Laurent Coster, possesseur* dm^ seoref de.Guttem-^ berg, vint s'établir à Harlem sans prendre d'A5Mc/(^.y/ pendant longtemps il fut le seul imprimeur des Pays-Bas : qui pouvait lui disputer la primauté? On alléguera même une raison plus forte encore.
' Le père La Guille, Hist. d^ Alsace^ p. 33|/— Duy. Kqlefus, apiidSohA'rn, in Amœn. Litt,, t. 4, ohs.,p. 3Ô1. *' ^
* Peutinger, apud Scriver. — Laur. Crans, /i. ,55. — P, Langius, apudMallink . , p. 15, in fin,
* Trithême. — Palmerius. — Orlandi.
Loi
* Wimphelingius.
* Jean Grespin , Et. de l'église y p. 469.
* Gatherinot.
' Angélus Rocca, Bihl vat., p. 411. — Henr. Pantaleo, apud Mallink., p, 32 y et Arn. fiergcUanus ^ que M. Gockinga appelle, par originalit.é peut-être ,, Berger lanus.
c'est que si personne en Hollande ne voulut contester à Laurent la gloire de la découverte ^ c'eçt que ckacun savait qu'il n'en était pas l'inventeur^ et qu'il n'avait fait que transporter le secret d'un pays à un autre. Il était créateur pour sa patrie , mais non pas pour l'Europe; il enrichissait ses concitoyens d'un art admirable^ mais il le faisait sans un grand effort de génie. Que penserait*oii aujourd'hui de l'écrivain qui voudrait trouver dans un Français l'inv^iteur des machines à vapeur ou des métiers de filature? L'opinion publique serait bientôt uniforme à son égard; on regaixierait son assertion comme un rêve ; et cependant cet écrivain serait-il plus coupable en fait d'histoire que ne le sont M. Meerman et M. Gockinga?
Il le serait sans doute beaucoup moins , car l'envie de défendre une fausse opinion, et l'avidité qu'il met à saisir des ombres de preuves , font avancer à M* Meerman des idées plus étranges encore.
Jusqu'ici on avait regardé Jean Guttemberg comme un seul individu, eh bien! l'on s'était trompé; c'est M. Meerman qui nous l'apprend : il nous l'apprend en en faisant deux hommes bien distincts ' . Seulement, pour ne pas révolter ses lecteurs par une invraisemblance aussi' choquante, il ajoute qu'ils étaient yrèr^.; de père et de mère; c'est déjà les rapprocher un peu. Essayons à notre tour de les rapprocher davantage, ou plutôt de les réunir tout-à-fait.
M^ Meerman croit donner une raison sans réplique en faveur de s(m: système, parce qu'il cite des vers placés à la fin d'une édition des Institutes de 1468, et dans lesquels il est fait mention de deux Jean, eximiûs scidpendi in arte magistros. Mais comment M. Meerman et M« Gockinga ont-ils pu s'en imposer à ce point? Ne savaient-ils pas que Fust portait le prénom de Jean comme Guttemberg, ^ qu'on a voulu , par les vers placés à la fin des Institutes , désigner les deux Jean associés de Mayence?
M. Meerman prouve ou cherche à prouver que l'un s'appelait Jean Genfleisch, que l'autre s'appelait Jean Guttemberg; que le second ignorait l'art d'imprimer, et que le premier servit de maître à son jeune frère.
Mais quelle étrange bizarrerie que deux frères de père et de mère qui porteraient le même prénom, qui ne différeraient entre eux que
* Voyez Prosp. Mardi., p. 12, édit. in-4o. et l'épigramme de Wimphel. , rapportée par le même auteur.
par le nom de famille! Et pounjttoi.ce prétendu frère, qui devait à coup sûr être intéressé dans Tentipeprise, n'aurait-il pas été^ partie au procès entre Guttemberg et Fust ^ ? Pourcfuoi ce prétendu frère seraitil mort inconnu , après avoir vécu en homme obscur, quand l'honneur entier de la découverte devait lui appartenir? Avait-il donc perdu toute ambition, tout sentiment d'intéi^t personnel, quand rélecteur récompensa Guttemberg seulement? Aurait-il paisiblement éprouve^ ce' passe-droit sans même réclamer contre son injustice? Et pbUriqfuôïystlrtout, aucun auteur n'aurait-il parlé de cette pareîrté, si ce n'est M. Gockinga, après trois cent vingt-cinq ans de silencfesllifi^
/>1A[ti'>9Ui:*plus, M. Gockinga nous met facilement d'accord surtéîs fôUfsê£^'hypot}ièses et l'embarras où pourrait nous jeter son raisonheméM»' Tous les auteurs qui n'y croient pas, dit-il, se sont trontpêéé^'lU se sont trompés! Quelle est la preuve de cette erreur? Ils se ^rit ^trompés ! Voilà , certes , un mot bien léger dans une cause auâsî gràvte^^Ët ctymment, pourquoi ces auteurs se'soiit«-ils ti*tii|>éâ? Est-ce parce que M. Gockinga croit tout ^ul que feela'^doit^êtt^?' * ' Mttititë!iSàïit>qiïè4'opimon de M. Meerrtian est éît^M^} «i^^iici l'hi^orîqUè'f- • ^ • '" • •"' - »' '1»->''M obiii'Hi;:
« Laurent Coster^ en 1431, suivant Juniû^^'Shri^èfiu^ feC'HTtttifffe^ swans ^, remplissait, dit M. Gockinga, h place d'échei^ink Harlem; il occupait une belle maison sur le grand marché, et il ^. été l'inventeur de l'Imprimerie. Il ne peut donc qM',êt;fi^ j/^^'^f^a^f ^'Çscfe^rch^r à connaître son origine *, les places qu'ilaiFemplie£|>% et les. autres
* La sentence , tirée de Selectajuri/ , etc.^dç Senken6erSy;p, 269 et suiv. , porte les deiu: noms de Fust et de Guttemberg seulement. ,
' Ces expressions 3ont beauco^ip trop vagues Qipnd on écrit avec un tel dénuement d'autorités , que le lait M. Meerni^n. Ouëls sont ces autres sat/ans? Il n'v en a point. Après de nombreuses recherches , je n ai pu découvrir que huit, éc^ii^ains cités par Mallinkrott. Sans doute si M. Meerman eût pu en rappeler un seul dont lè'WtSm fût récortrnlandalile'en littérature,' il ''n'k'urait pas manqué de le faire , pour ^grossir la liste Aë ses témoins. * ■ * i»
^ Il était ïâàird ; c'est 'M: Meerman qui nous en offre la preuve dans Tathrë chronologique flë la maison de Brederode.
* Coster cumula, en effet, deux emplois, que M. Gockinga juge très-considé-
TRANSACTIONS de sa vie^, ce qui po.\iifr^iC;ontribuer en même temps à jeter un grand lustre sur rinyen;(i€m} d^ iPart typographique, w
M. Meerman^ ou M. Gockinga> n'opt donc pas eu d'autre intention que de jeter un grand lustre . syr l'invention de l'art typographique^ et, à cet égard, leur ainbitioii est fort louable; mais j'avouerai qu'il est difficile d'en distinguer h^ motifs. Outre que l'invention brille par elle-même d'un assez grand éclat, il n'était pas indifférent pçut-être de remarquer que l'inventeur allemand desc^nd^it. d'ui^e g];fuq(le famille, et que lui-même il jouissait des privilège ^(iWtJ^.noq
Quel est donc cet autre lustre que M. Meerman et M. Gog^Hifiiga^ ont absolument voulu jeter sur l'art typographique? C'est le lustre dç3 armoiries de Laurent Goster, armoiries fort célèbres ,$finf^dA]jljte, lirais barrées, marque certaine de l'illégitimité de celui quii \^^^ tait. Et M. Gockinga le savait, car il l'a lu dans M. M^ermafi^r^ M. Gockinga le confesse, car il ne tente même pas de réhat)ilit€^ I^^rent (Poster; cependant voici comme il s'excuse : Lqw!^^ Çûster e^M^g^iwfiyjen conviens s mais , quoique bâtaf^y xi\ rif^^<^es\^pq^ moins f^Msn<^<^^ d'Mfeft IX. . . 1/ >,;> , nu| m i i
r,if)fii^ dwfl^jlç aJors fie flue c'était qu'Alfert,I5J-?)Q'i^i55i^t!,»W/5eigneur de Brederode. On se demande ce qu'a fait ce seigne^i:; 4p Prf t derode? Il n'a rien fait. M. Meerman n'ajoute rien; voilà, certes,
l'IroprtçfipriAvfwl^N^^^^^n^ss^ » . . \
' . i '«.Il j; sM . -Ayn \ 'y>\Au i I ■ ' • -
râbles : celui a^éche(^in\ qui se recommande de Im-même , et celui de sacristcUn de régUse'àe'tik'ie^Xàontlèï fbyctîôhs /Ait encore M. Gockinga , ëùdcnt très^ié- Hmffïèe^itlors^ et dôkkliM^fift drdit'à une grande considération. J^ n'ai lien à re*procher, sans doute , à cette apologie des fonctions de sacristain ; mais je pourrais renvoyer M. Gockinga à V Histoire d^un Manteau, de Sterne. \
* Angel. Rocça, nibt vat.^p» 410. *— Nîcol. Serrarîus, êfe rer. Mognnliar.y lib, 1. — Ferreolus Lparius, Chron, heîg. — Melchior Adam, de PniL germnn. — ' Àndr. Thévet^ de vit! etèffigieè. iïliisir.' ~*PdXmevms JPisàriûs, ik Ckron, — Polydore Vergue , de rer, inventor, — Paul Langius , Ckron. CUizensis. — Ant. Sal)ellicus , in Enneaa. iO, lio. 0.
( 2 M. Meerman le voulait ; ij, a bien fallu disputer s^v de tdlp^ $i^tUit^„p|ijis7 que chaque fois qu'il tente de persuader, il n'a pas recoprs à de plpspuissaifte» armes. 11 s'agit ici d'un fait historique ; quelle ea^ sa^ preuve ? Un j^bre généalogique qui n'y a aucun rapport : c'est là sa seule pièce de conviction. Plus d'ii^i lecteur ne serait-il pas alors tenté de lui dire : Qu'ont de commun la noblesse de
40 RëFUTATIOM.
Apr^ avoir parlé de l'inventeur; M. Gockinga en revient encQKf /à l'invention. Nous allons suivre sa marche. , i
II nous apprend d'abord qu'on commença par se servir à Harlem de lettres mobiles en bois, et que Guttemberg, ayant volé Laurent Coster, s'amusa ensuite (pour faire reculer l'art sâhs doute) à graver à Mayence des tables fixes.
Des tables fixes I
Il faut le dire y ce raisonnement n'est pais tout-à-fait d'accord tvec les principes de l'art. On aurait commencé par découvrir les CArabtères mobiles ; ensuite on aurait préféré la gravure pour revenir encore aux caractères mobiles! cela ne se conçoit guère , et M. Gockia^a ^'est^ je crois ^ proposé une énigme lui-même , en même tems iqufil la (donnait à deviner à ses lecteurs. • < a
Cependant^ ne lui en sachons pas mauvais gré; cette phrase seule jette un grand jour sur tout ce que son opinion présentait d'aboi^d d'obscur; elle la concilie entièrement avec l'histoire; elle dissipe tous les doutes qui pouvaient exister.
En effets dès que (suivant M. Gockinga ou M. Meerman) lés^raE- BHERS essais ont été faits à Harlem avec des lettres mobtl^ / ^;iiljfst physiquement incontestable que les tables fixes ont piiéeéd^ ksrtmftttères mobiles. Ces tables fixes existaieiit eneore dans les anéhmsille
rinventeur et Tart immortel qu'il a créé ? Prouvez d'abord quç Goster fut jun grand homme , que l'Europe lui dut une découverte précieuse ; alors on ne lira pas ses parchemins , on dira qu'il était digne d'en avoir.
La postérité ne sera-t-elle pas bien reconnaissante enfers M. MeenkiaiV, quand eHe saura qu'il a tenté étannoblir l'origine de notre art , et qu'il a en le talent d'en dérober l'honneur à un simple gentilhomme , pourrie décerner au gardien du presbytère de Harlem? N'aura-t-il pas beaucoup de droits à sa gratitude quand elle apprendra que ce dernier était d'une naissance illégitime, et que son père, plus bâtard encore que lui, ayant été pris dans un rassemblement de mauvais sujets à Harlem , ne fut dispensé de lk'p(]ftetice qu'en payant ^oîkaùlte écus d'or ^ ? Cependant ce seront là des faite'* cbhdKîanB, des fiifts qui'pàl^Ie^Ont d'eux-mêmes beaucoup mieux que des axniobkii.iIk;«ctabien tant de cma|pstances honoraUes ne jeteiont-eUes pas de^ lustirf ^furil'jfa^tqîjre de l'impri^fa^^e , sur la famille de Goster lui-même ! , . . v v
* Ordonnance du comte Guillaume de Bavière, du S6 septembre 1408.
* Ad. Junius , Scaliger, Boxhom et Scriverius , c'est-à-dire , le petit nombre d'auteurs du parti contraire , est forcé de convenir de ce fait.. " ■ • •
Mayence du temps d'Arnaud de Bergelles, qui les y avait vues, et si Guttemberg avait volé des lettres mobiles, il n'aurait pas gravé des tables fixes. — Comment alors refuser de croire que l'art n'ait pas été apporté de Mayence à Harlem, et que le concierge de l'église de Harlem, ou quelque homme payé par lui, n'ait pas été plutôt le voleur de Guttemberg? Cela est plus que prouvé par l'assertion de M. Meerman et de M. Gockinga.
L'erreur est palpable, sans contredit; mais je suis loin cependant de m'étonner d'une telle contradiction. M. Meerman et M. Gockinga ne sont qu'historiens; tous deux ils ont rapporté ou imaginé des faits : ils n'avaient pas à examiner s'ils pouvaient s'accorder avec la iTypographie; c'était seulement à les énoncer que se bornait l'étendue de leurs devoirs. Presque tous les savans, en écrivant sur l'Imprim^ie, ont parlé infailliblement une langue qui leur était étrangère : U est bien naturel que chacun d'eux ait sa version.
D'ailleurs, M. Gockinga n'a fait preuve que de bonne volonté en traduisant M. Meerman, et je ne dois pas croire qu'il ait eu la prétention d'approfondir ce qu'il écrivait. Les détails de l'art n'appartiennent qu'aux gens qni l'exercent, et un traducteur érudit se contente de les abserte^ sans leur accorder une attention suivie : une pareille étude devieottrait tout à la fois, difficile et fatigante.
A la vérité, on se trouve exposé à commettre de graves erreurs; mais on peut si aisément les relever ! Le lecteur le plus inhabile le ferait sans teaiicoup de réflexion, et je vais en donner la preuve à M. Gockinga.
Par exemple; en parlant des difficultés qui rebutaient les premiers imprimeurs, ii dit que les lettres mobiles étaient jointes les unes aux autres par des ficelles y et que \q foulage de la presse faisait souvent casser ces fixielles. M. Gockinga s'est trompé, j'ose le dire; on n'a jamais joint des lettres de bois a^^ec des ficelles y et le ridicule d'un .pareil procédé sauterait^, aiix yeux avant qu'on essayât de le mettre à exécution. La traditioa ^.le bon sens disent que ces lettres étaient jointes par de petites James de métal ^ par des fils.de fer ^ pourquoi donc M. Gockinga a-t^l vouhi corriger la tradition et le bon sens?
Le fi)uUige de la presse faisait sowent casser les ficelles; voilà qui est encore difficile à entendre. Imprimeurs, machinistes, expliquez^ s'il vous est possible de le faire, l'assertion de M. Gockinga. La forco d'une vis de quatre à cinq pouces de diamètre pèse sur un fil de
chanvre placé horizontalement entre de petites parois cylindriques, très-resserrés, qui le garantissent; aucune autre force ne donne d'extension au fil dans le sens horizontal; la pression agit également, ou plutôt elle n'agit sur lui que d'une manière insensible, parce que les lettres seules en supportent l'effet; et cependant cette force de la vis brise souvent le fil de chanvre sur lequel elle exeixîe son foulage, quoiqu'elle lui soit étrangère! Avant d'avancer une opinion aussi naïve, il semble que M. Gockinga aurait dû commencer par la bien définir et par l'entendre lui-même.
Si, au lieu de me borner à quelques observations, j'osais jouer visà-vis de M. Gockinga le rôle d'un censeur impitoyable, j'aurais pu, sans doute, relever encore d'autres inexactitudes ; peut-être même aurais-je cité quelques passages où , employant imprudemment les mots techniques , M. Gockinga parle le langage typographique comme un homme qui ne l'a jamais étudié; mais, encore une fois, pourquoi l'accuser? il a commis de bonne foi ses erreurs, et il a voulu commenter M. Meerman en l'analysant.
Je terminerai donc l'examen de cette partie de l'ouvrage de M. G(ic-kinga, en rappelant seulement un passage où il confond les matrices avec les moules; un autre où il paraît croire que les poinçons' *âônt 11^' fer ou d'acier; un autre où, après avoir avancé qu'il entrait dë^lmô-' moine et du cuivre dans les caï*actères des premiers iinpriiiîeu'râ, il' ajoute que cette matière était trop mxMe encore pour résiisftér au firtllage; et un autre où, à propos de la Bible dé Schwarz, îl rfit qu'il ne faut pas se fier à la marque qu'elle porte, parce que îe papetier a^ait pu fournir le même papier à cent imprimeurs différens '. Tôiitesf ces fautes d'art, toutes ces distractions sont si peu importantes par ellesmêmes, que M. Gockinga ne trouvera pas mauvais (Ju'oii ^le^ 'ait relevées. Pour lui, sans doute, ce sont de tiiinùtlçitisesf Vétilles ; ïntsiis' pour le public, ce sont des erreurs.
Je l'ai prQjïiis^. jen'ajouter^tidoftfi^NBn^^j f^l^^ipxv,(|^,id,^|typographiques du commentateur de U.U^^mm.; maistm^grë «loî j^ . dois parler de la partie historique. mI tpn(> ,^ . . . ;.. »,
Si M. Gockinga n'y apporte pas atrtaùt d%^xa^titud€ que cteàs l'assemblage des mots techniques, du moins rachète-t-il , par une extrême crédulité, cette bonne qualité passagère. M. Meerman avait
^ Du tems de Guttemberg.
REFUTATIOjS. 43
fort légèrement adopté dans son ouvrage une historiette de Junius ; M. Goekinga, plus légèrement encore, l'a recueillie dans son analyse, et Ta présentée gravement à la discussion en en rejetant une pdrtie , mais en croyant l'autre bien volontiers.
J'aurais voulu passer encore sous silence cette anecdote de Junius ; je l'aurais voulu pour M.^ockinga; mais si je le faisais , on pourrait croire que, soit lui, soit M. Meerman, ont puisé à de bonnes sources ; on pourrait se laisser séduire par les fables qui les ont séduits eux-mêmes; il faut donc rapporter la version de M. Gockinga. En voici l'analyse ^
Un jour Laurent Coster, n'étant pas de service à l'église, voulut prendre un peu de récréation; il sortit de la ville, et courut s'enfoncer dans les bois. Bientôt, ennuyé de sa promenade, il coupa, pour se distraire, une branche de hêtre*, et grava machinalement sur cette branche des lettres à rebours. Pendant qu'il gravait, il lui prit une violente envie de dormir : Laurent Coster alors enveloppa sa branche d'arbre dans une feuille de papier, la mit dans sa poche, et se coucha par ter^e.
Mais Coster à peine endormi , il tomba une pluie si violente, si impj:'j^yue^ qu'elle pénétra ses habits sans qu'il se réveillât, et humj^ct^.ses poches sans qu'il s'en aperfcût. Au bout de quelquç tems, i\ sortiVde sommeil, et son premier mouvement fut, non pas de se séch^r^ npn pas de regagner Harlem à la hâte, mais de visiter le morceau de bo^ qUi'il. avait mis dans sa poche. Coster fut grandement émerveillé de le voir mouillé; il le fut encore bien davantage quand il s'aperçut quQ l'humidité avait imprimé sur le papier des lettres couleur de foie, et qu'elles répétaient à droite ce qu'il avait gravé à gauche. Coster ne perc][it pas cette occasion de mettre à profit une heureuse découverte : il regjagna, n^algré l'orage, sa belle maison du grand
* Cette même ahecdote à àisJii V tt'après Junius , été racontée par le père Orlandi, qui rapporte les autotitiés plAir et contre Mayence ; mais au moins ce sage écrivain l'a-t-il rendue à sa simplicité naturelle :
l^renzo Costero, custode del palazzo pubUco in jirleme > trot^andosi in campagna , s*ayyiso d'intagliare i caratteri in legno; ot^ero, corne voglione altri, d'intagUare in iatfoktte di legno i caraUeri afoglio perfoglio.
On voit qu'il passe sur toutes les circonstances /ôr/MJtej que rapporte Junius y et qu'il les regarde comme indignes de figurer dans un bon ouvrage.
^ D'autres veulent que ce soit de chêne.
r.im
marché, inventa sur-le-c^a^jfljjçs^^fps. fl^^ e^ îmjj^ix^a . un livre tout latin pour ses petits enfans V ,
Qu'est-il besoin de coujipji^^tfmm.^j^^ pareil récit? Ne conviendra-t-on pas que s'il n'^st p^ç. jV,rf96cjç{i,t|J able, il est au moins fort siuT gulier? Ne le Irouvera-t-op >pfi$,ljjeo.préférable à la version trop simple d'Arnaud de Bergelles ^, qjui npua, apprend que Guttemberg imagina rimprim^erie en remarquant l'effet que produisait son caçh^et suç la cire? N'admirera-t-on pas plutôt combien, dans la tradition, de Ju- ^H^Mite ,géuie avait d'empire sur Coster, puisqu'il gravait d^jà/les If^lg^ ^„j}ebpurs sans se douter de leur utilité, et qu'il s'endormait psçj^|îag^|(:;q^te opération, sans que ni la pluie ni l'orage pussent '
6 èliSîte^^/Jl^ ^^^ premier paragraphe est rempli. J'avais promis d'exafl[^M'fl(Ç^) flï*^ pouvait être l'autorité perspnnelle de M. Meermaiji^ J^^fltoy^jtf|,peït5onnelle de M. Gockinga; on a dû voir combien toutes .^^PjÇjÇHI^ l^f^îpï?ti édifiantes en fait d'Histoire et de Typographie.
r. s ï^» — Témoignages en faveur de Harlem, rapportes par M. Meermarf. *
jfn'i)8 II arolf, ?jj;ui * . n. ^-wA ^'jii'uiihqfnn
-II). »jno'j li.ïJaijuîin n:j ■ '. i: J . » i.. /:io 8^)?. leq unno
-.>iR^îflft;9WjfiSWMj*^ ï^^f^ter c«s té«io^g;i^?j;es^,.]tf^^,Ço^9l^j^^^^^
M^ mo^V^m}"^ perplexité : si j^éi^^^ ^iRV^rx'Wii %^ '^h¥f^ que, i 'abuserai cruellement de la patience et des lumières de mes lec-
?fiyTS; si^au, contraire, je les pas?e spi^, s||en^(fe,^|lj.^;^^^^^^
,pusera .^e mauvaise foi. Que po^rrai-j^^ ^ c^onç^ f^ire
ciï^ctç^ént, et m'en rapporter damnfa^f k^Vm^u\^^^
au à ««lie de M. Gockinfi:a. . . , . » . .
Or, voipi les téinQiffnaaes qu'il commente en faveur de 1 opinion de
, Dîabojffd leréeitde Corneille' rapporté par Junius; et ce Corneille
2** Parce quil se laissait aller a la colère, s abandonnait a la doiileur, et répandait des larmes quand on contrariait son récit;
i.i'i/«4wWÔJ9Bfë'fiWfi.^W^B«'^î S»^ les petits enfans ^e Cosferétaient ks en-
^ Encomion Chalcographiœ, vers. 57 et sequent, ,.. , „, i|. . ti . , i ^ .i»i >!
RÉï'UT'ATlÔII. 4S
'"3*^ Pai^ce quil avîait lôtag^ëiJ^s^ëbiièlîité dans le même Ht que Guttemberg.
A la vérité, Junius n'avait pas' ajiprîs tous ces détails de Corneille lui-même, mais il les tenait d^in Mcôlàs Gaël, qui les avait entendu dire à Corneille; mais il les tenait d^un <Juiryn Talesius, qui avait été bourguemestre ou bailli, et qui dès-lors ne devait pas mentir.
En effet, toutes ces dispositions paraissent fort vraisemblables. — Mais M. Goekinga les aurait-il rapportées sérieusement? '' M. Goekinga aurait-il pu se faire illusion, au point de croire que a longévité de Corneille fût une preuve en faveur de son témoignage? — Bien loin de l'appuyer, cette circonstance tend à le dètfûîfé t elle fait craindre que le témoin n'ait eu , à l'époque de son audi'éiàta', une mémoire fort chancelante; elle fait craindre qu'il n'ait dëbité à plaisir des fables qu'on ne pouvait contredire sans le faire plètiHôi^.
Et quel est ce Corneille, témoin principal de M. Meerman,"d6rit l'autorité passe encore avant celle Nicolas Gaël et du bourguemestre Talesius? Quel est ce Corneille dont la sensibilité historique ne pouvait supporter l'idée même d'un mensonge quant à la découverte de l'Imprimerie? Est-ce un savant, un littérateur? mais alors il serait connu par ses ouvrages. Ce n'est pas non plus un magistrat contemporain j'cap^^àôn'àutbritê remporterait sur les opinion!^ conti^adictoires : ct^tfest'mêméjjàsTtin des Touvriers de Laurent Coster; c'est son domestique.
'Amsf'les rebfistrès (iè' itarlem auront démenti les faits avancés par Jùhius ; àibSi plus de cent auteui'S l'auront condamné; ainsi plus d'un siècle se sera eeoùlé* entré la découverte et la réclamation de Junius : et toutes eçs preuves seront nulles; elles le seront, parce que M. Goekinga rassure; elles le isérorit, parce qu'un domestique l'a dit avant lui.
Ne trouvera-t-on pas encore presque imprudente la confiance qu'il paraît mettre dans sa derhière assertion , celle qiie Corneille â longtems couché ilâiis'lè même til que Guttemberg! Cotomeht Supposer qu'un homme, terqué rfcïîsïiîré nous peint Guttembérg, d'^ne extraction noble ^, maître d'une fortune assez considéràbïe pour possé-
' Les archives de Strasbourg ne sont pas muettes comme celles de Harlem ; car on y trouve au moins des traces de l'invention. Les registres d'ëtèit''éivil attestent également l'existence et la noblesse de Guttembérg ; on y troùte même dè^x lettres écrites de sa main.
46 RÈFUTA'FIQM.
der un palais dans sa pal;]rî|9^.«jtjp(mr>fwtp^e;a^ seul kspre&ifers essais de son art, ait pu part^gqrje Ut ^n domestique d'un saoviataitai de Harlem! ... i., et^v i »,>» . . '^
Et qu'on ne vienne p§^ .djf]Ç:vq]VQ;ce$ oîrconstances de noblesse et d'opulence , qui militent en ,f ar^euF 4^ Guttemberg , sont des faits controuvés : non^-seulement cette; ppii^ion est reçue parmi les bibliographes et les savans, mai&d<^ preiuves authentiques ^ des pièces qui' ont échappé aux ravages du tem>s^ en font foi encore aujourd'hui ; dt^si i^t^jçsf^t que, Guttemberg était une des plus anciennes maîstkis 4':^ll^^gne; elles transmettent sa correspondaxice avec une dë.fiëst sff^iff^ ^fligi^use à l'abbaye de Sainte t Claire, relativemient kMcM ^^fS^'flW i^PP^^^^^^^^^^ ^ chacun d'eux pour moitié; elles se > 1^01^1 gnei}^jgj;(^ f;egistres mêmes de Strasbourg pour fixer irrévocablemëni» ^'in^fiti^n^ {M historiens sur la pei:\9oiuia de Guttemberg , et pohr é|;;^l?t§q]|i.^i^tenee civile. .
il^/ }y[€^pipan a tellement senti que ce témoigna d'un; domestiquai était sinon i^^c^eule, 4U moins peu dîgnede eroyanoe, qu^il s'est em^t pressé d'en adjoindre d'autres^ et pour nouveaux ac^enrsiîl ai.dttàtsi toiMi:Çxgrè^v4f!f^>ipgrSQiuiages aussi impoiptansi et. aussi Godnuscqhe
C(^l^pill^ jltWrP^j|f»PM ..M .1 ;; h'.M.i'.il/ .1^.11,0
, h^ f^(^}/i^^ ^r^ Corneille, est up ,6crifvaiili pviblic iqm Mi^éuùùeo kioga^d^rç^j^tii^e bizarre de WZt^mj?^ >l pté^aïf tjb^ méœ^sfiîftej peut-être, pour annoblir son témoin* Ce çaUigrapheiiquçi'iwcAoéawe'^ Ulricr-Zell,; prétend aussi que les Hollandai9Taxiticahi)tt;l'uilf)rîtnMe avant qu'elle; ne fût établie à Mayence. A. If. .xériitéi^iAl ne^d'âppuia d'aucune preuve; il n'a même pour lui tnLi>]ieliqiias»ibL>4<^vaiiefis;< mais 1 il était de Mc^enoe, dit M. Gocldbga;»»^ wHtpsifiéÀa^pa^rM au^ dé^ir d^ d\m h véfiféi.,^tVon ne doit 4»as ihàsiteb àtli&cafoiné) Pbrtf» sqnne u'.héaitQD?. dov^i ^t,M« Gockingasvnô aa\pteianettiia pas de douta*! de. jUiipuroté dff (canscieDee d'un édif^lvaio lpiib]id:|) cependant ^j'av rai que 'jf .préfève emtore à cetle-déf^itliniGdeb^titKCp aus^i sotideB) qiitoM le sipwt P9IIÎX dbii^ra&beurgi, etd^s; :auto£S^B mifi^l^reBptitotablesîqaeé^ i sont celles en faveur de Mayence. ^i» I >'U'>b f3i»?j(j ♦! lï i(,'î
Le troisième témoin est un anonyme dont l'ouvrage a depuis servi à Richard Âtkins. ^ •
ue dit cet anonyme : ,
Il avaiij::e. formellement que Guttemberg est Viwenteur. puis^,Âl: ajoute que Guttemberg a inventé à Harlem, .r
RÉPetAtTON. 47
1 ViDilà peut-être deux Oj^ifiiiotis -biet contradictoires? Point du tout : M; Grockinga les a su concilier : (^ (Prenez, dit-il, celle qui m'est favorable, et rejetez Tautre, tout sera éclairci. » — Il a raison, la ressource est infaillible pour sortir dfeÈnbarras.; mais qui empêche que les habitans de Mayence n'y aieÀt àussi ieeours dans le sens contraire? Vfent enfin un témoin important; M. Jean van Zuuren, lequel élaît •membre de la régence et jurisconsulte à Harlem.
. iVoyons ce qu'a pu attester M. Jean van Zuuren.
<^iil n'a rien attesté de vive voix; il a écrit, il a fait nti ouvragé' ifdatifi à rimprimerie, et cet ouvrage est perdu. Il est vi*ât,* 'dit MJ)Giockinga, que je ne Tai jamais vu; il est vrai qu'on ne' lé trôWvfe'^ mè(^i&dans aucune bibliothèque; mais j'ai ouï dire qu'il rétiBe^Âftt;' deifort' bonnes choses, etqvi'il parlait en faveur de Laurent €àfetfefl**'ï* •Bcplus, ajoute-t-il. M* Jean van Zuuren, qui s'était fWtHfattiHJ-* meur , avait pour compagnon et pour ami M. Tbiéri Volkértfclôdh ' KoQPabert, notaire public de Harlem et graveur, et M. Thîérf Vxilkerizoen Kborpbert partageait l'opinion de M. van Kmrenv ' '
(<:l^à.dène deux témoins d-accond. ♦ -^i ;' *- ^"' ^' i
oiQepBsisiadit iis^ auront eneofis une grande pt^i^iaû^^càtiiti^ éui ; car M. Meerman ne cite ni leurs écrits ni leurs téttfbigtatf^S'J^'il se^ cMlâtel^'wf uner qq'ife ont dit, et lui-même istmm ffaë biëti c^t^ tmàfi^^aiéAl of'aipas iq leû^s ouvrages. Qr, si Af. Mée^inlan en est en^^ coiiêiràc)do«flélr,^qui^qÉiââ$i^ per^^ d'aller au-delà?* '
)il!ilt/i(kqJâb^»^idgais^tsonié^ in-8'', a rendu la déposition du jûriseopiu'ke'Jet Au^Ufôttîi^e fiiluë intéressante encore. Il dit que ces deux bo<i$oainnsL>^ublièt)^tibhacun'l0ur ouvrage à des époques différentes; que iepr^mier^^t paraître* l^ sien en 1459, et l'autre seulement en ië%fl Que penser deioes deufc dates? Il faudrait donc renoncer ^tors k^iré^dëjOËSLfùioimssidqwe. bomQxmisy quand biéU^^iÈtêâtiëils auraient eteda vlépgéfiriHéiidifSopalxiiiarq^si^v Mk> MjttrmAtÈm^dtrMt'^^p^^
cdÉf)«#éiir^ iponrqpabitMiIikiikiBgft>lh4K»ill» rsfifeoi!Xfuki!(jxmv<j8argl0ine4iîao(t0rfû^ .fontes iiUnl^rdssiiW^ filles j'ai trouvé la date répétée deux fois ^ . r-i-f )!> Mnnii fr> ^^ Il ; ' » •
.. i.wiiA i. .'.I '. 'l • Peut-être ai-je grand tort de relever en chronologie une erreur aussi légère
que celle d'un siècle : le texte hébreu , la version des Sieptànte , et le texte saina-
riiàiii'dc'VEcritute , n'ont-ils pas entre eux une ditfèrèhce'd^êjpôques'plûs grande
encore? ' '■ "'" •' •" "'' ' '^'''^ '' '' ''*"*'*
48 ÏÉWTAT,I0P.
••j|/ if »:•'• • >iii. ' ' . 'j.<|
§ III. — Les auteurs cités par M. Moerp^ao.et M. Gockioga.
Nous Toici parvenus à la jiaitîe lai plus importante de la réfutation ^ nous allons parler des autorités sur lesquelles s'appuie M. Meerman. • . ... i
Coip^m^ons par Junius^ le plus cëlèfare, ou plutôt le moins ignoré 4e tOU9^!€elui à qui M. Meerman et M. Gockinga paraissent v^Dtilô&r ^s'-attaçjier exclusivement^ et sur le secours duquel ils con^tasitrfiBï- 'VogMage* > rrfot
Et d'abord ce Junius^ né en 1512 , et mort en 1575^ n'esl4ktpiilB déjà un juge fort incompétent pour un fait qui s'est passé soi-disant •en '1437 7 Ce Junius n'est-il pas condamné par tous les auteurs^ qui l^èîxt précédé y et qui n'ont jamais dit ni même entendu dire qu'il existât la moindre prévention en faveur de Harlem? Jean Trithéme,^^ qui écrivait jen 1461; Jacob Wimphelinge> qui parut à Spipey on 1494; CiOiaf^d F«i|tinger, àAugsbourg^ vers 1490; CowpadCîfsIleSy son coitteMpôralii; 'Sabellicus^ à Venisev çn 1484; hê^vemWMéf qui se ftt<(olf^}tPe a^ant eux; Arnaud de iBei^eUes, r<{ui>piâili«É»filiBi Encomion en 1542; Philippe Béroalde>^y ïotjdbisèwW^eDgikr^' tAnd Langiusyicliiyie foule d'autres savans qm'^ntMsyivraîigÉt^'Viéi^^ Junius, et ïi'avaient sans doute aucun inté»élt>àiatlribûqD l'ôntwilHai de l'Imprimerie à Mayence plutôt qu%Hai4em^*iiB>fpsrai6Sdnt*-ils
t L'ahate Tritemio , che fu contemporaneo ail' invenzique ai questa. grand'
arte, e chc mori nel 1516^ asserisce che Giacomo Guttembergo, natwo â! Argeniina ,
ma da gran tempo cittadino in Magonza, fusse il primo cliè spéculasse , e tàh motti
*ès|>eritnetiti , mandàs^é^in esecuzione r priîbi lAsot^'\ieUS^iékMpà,.\,'ànzikihè:iX con
'fi^uto'êi vô^igliê' M 'Giacomo Fust, deUôiiÉàÊmièitd.qifiiuaiÊSe in fuàttùéinétki
l'impartialité qu'il apporte dans la décision' entre ^Mayence , Harlem et Strasboure.
{ ^ Ce Philjjfie Béroalde , contemporain de )si découverte , conune Jefm T^x^-
thème, s'écrie :
O Germania, muneris repertrix, Qaô uihil utilius dédit vetusUa, LibroB Bcribere qo» doces premendo ! , .
.. <ia (jorJ '>!î." • .'"liid/îl
RÉriîtATlDN. 49
pas plus dignes de croyance que M. Meerman ou M. Gockinga? ne forment-ils pas, dans leur réunion imposante, une autorité beaucoup plus respectable que la leur?
Mais admettons qu'à lui seul Junius doive l'emporter sur plus de cent auteurs qui avaient paru avant lui, et qui semblaient d avance avoir démenti $on opinion ; supposons que ce ne soit ni par esprit de paradoxe , ni par le désir d'illustrer sa patrie aux dépeiis* de la vë^ rite, qu'il ait recueilli la prétendue version de GoriteilIé^'^Aànè sa tBàtaka^^ supposons plus encore, qu'il ait découvert ded ikeèrel^'iiistèfidtpl€S>i|iie ses prédécesseurs n'avaient pu encoi*e pénétre^ ;tidW)fefÉffeQKs tout cela, et voyons si son récit peut d'ailleurs commandep.4%iftlm>- >lBomel>inériter la confiance. r -r iÉ
i Imurent Goster était oublié depuis long-temps , ou plutôt ii ë|>nmvaijt le sort commun à tous les hommes obscurs. L'opinion des>hibUlH graphes était uniforme à son égard, et l'on n'hésitait paskj^Asàser .que ses. travaux n'eussent smd ks essais de Gutteiié)6rg. e ^ 'ïl^ii^Kxmp, im Hollandais, Adrien Junius ^peiksbr^pi^ilpd^ëit (è<i6'irtilttr^à»f>alà4é de^ jeter qudques nuages istirjiystsîte. dit qtrift- «éM^iiiiis^^fet^i^dtabA^iuiieiîneerdtude dont le: réstillaib^pâfi être Ah iiiiitfbliMi^wliaàNlÉQS'die QavUm. lit «< i* • \
> lfaiiipafraibiKiéfak)HHxdéfiJ9u-il<^^^ Junius n'eut pas filiitéi oon^ ■9m?flmài iprïâiiMdiut iemoltre à.eKécution. Il imagiaa dl'abord d^ëiablir»la'créH|iora»de'il'im|)irimerie en Hollande; puis, trouvcinti quë^la distance était trop grande de Mayence aux Pays-Bas pour que Guttemberg y eût exercé son art avant de le faire connaître à Strasbourg €t à Mayence^ il chercha dans son imagination i^n autre homme qu'il put ^Qmme^ i>2e!?n^^f<rv, ,,. ,. . ,
Pairsui 1^ aBicif^saif^lpilliUlQ^:^ tlarlem, les unes paraissaient trop <)bsKïures à l'bistoiïeQ hoUandHiis, et les autres élaient trop élevées, en dignités. Un irufenteur chéisi^^âeËtis la premiéi^ie clafSse eàt déplu , parce '^lië^ Ik' fiôuvéàftt§*'fe)îiSë Wjbiirs un peu rf'ëclaC; Ôs^ris 'r«itre, se^ moindres actions eussent été trop facilement connues ï^ élrassertîon fabuleuse démentie trop aisément. Junius voulait un homme dont le îiom fût prescpië'ïlltistreV'm'àîs dont là vîè ne le fuf jjiàis. Âpres de
^ Imprimée à Leyde en 1Ô75.
50 RÉFOTATf OS»
longues recherches, le nom ite liaurent €o$ter frappa ses yeux; .il «îy arrêta* .•••«•;> ,.m.ii..ii . . . • ■•••!.
Ce Laurent Goster était le bâtard d!une grande famille; c'était à' la fois un titre de recommanda tiot><et^d'oubli. Il avait passé sa yie dans Téglise de Harl«m, dont il- avait été sacristain; c'en était assez pour que ses démarches fussent iaconnues, et pour que l'on pût lui attri**- -buer toutes les actions les plus invraisemblables : Junius le choisit doùCtpcNJcr lie héros de son roman*
iiiiILa i^ise ta scène n'était cependant pas facile; on ne pouvait f^w prirleirnoei Coster , mort très-paisiblement depuis plus d'un siècle', sand^s'ôfaiaginer qu'un jour il deviendrait célèbre; on ne pouvait )))9flL ]Au8os!a|)pUyer d'aucun auteur, puisque cette création subite <^'u^ ikifeqtBur à Harlem ne provenait que de l'imagination d'AdmfiK Maisffcppene peuvent le génie d'un éciûvain du seizième siècle et l'arl moulp>de sob pays ! Junius eut recours à de r^res. subtilités, et à l'aide d'une inoiiiTK^le> fable il coupa le nœud igordien* - t..)
'|}n(|:édK(mifaus^î respectable qu'authentique ^disailnil^ijnlajiippnîf '<{ue I \à l 'dàpouvÈbrte t devait être attribuée à Harlem , > et 1 1 «Km i[lafi i p Mayeiiie^i odmméi toute l'Europe le croît id^uisw plp^cdcun siédej, Modl iémoidu^KfiLèsit lei domestique de l'inifieniteur ; : cet jinl¥èntèift*^<iflfëtsj[t Jeai^-LauDfiiirâan » Goster , bâtard de BéroldiQ.^ safcriètcfittilDHaiJbilk) etihoibiiMifderibKen'^'il en fut. Il devait aet{uémr^>parr}€Qi£(ii|a[0ati€lA[4 4]iieigloir6(imib«»cteUe; mais elle lui futiratiefpa^iilii'raàdbianÉHifuiiliâ vola son. imprimme pendant la ouifc.de :Nbelv< et <^i;)feinïaitensiiii(fa à MayfiiKîe^  la vérité, personne n'a jama|istjirien fiU')4ai4»tfJ^éne<« ment, mais le domestique de Laurenti C!o^6i> in)^<tcmt/C(iinj^p«)liâjl'^iM m'a rîen a;pprÎ6iqu'il.n:en eût encore des laimws.lîluji^awxItifm'e&tMîe pas ià oe^qu'olQi.ap^UQ^n.fait incopte5tabl^?>m.(' m.; / > «jj^ .ï4 h]i)Hi\
Sans doute. Duisaue M. Meerman le dit, on doit le rêne
ne
Sans doute, puisque M. Meerman le dit, on doit le répéter: mais taudrait-il pas aussi , pour croire a la réalité du vol de Guttem-
Ife
Um$G^MJ^^A^^ç^^fi^[on^m le secret, mai^ Strasb<w*r€> jfwi
dit autant;\\Strasbourg élève la même prétention S et cependlaiit li^
* Giacomo Cturmelitano e Giacomo Mentelio, asseriscono che la Iode di prima, sede
RÉFUTATION* fit
Gottembergy dont la ville etatiëre* dé Hairlem veut aujourd'hui, en dépit de l'histoire, faire un homme sans génie, ce Guttemberg ne jpbuvait pas, en même tems^ enleter je^seùret et les ustensiles à Harlem, tandis qu'il les enlevait à Stt^asbotit^. Féut-^tre bien en eut*ii ^intention, car un réfutateiir ne connaît rien* aux consciences; peutêtre rriéme 6Ût^il exécuté son projet, niiaîs la distance d'u&e villeà Ua«itre futun des principaux obârtaclesqui Tarrêtèrent.». -'.»:, i
Malgré ses préventions , M. Meerman ignore enooreî où lautipe fait Itfferi moins favorable à la réputation de Guttemberg; il s-agitidfun ïV^' qui; s'il eût été prouvé , aurait fait tomber son auteàr^entpèilsf Mttins'des mandarins , ou des exécuteurs de leur justice, cavflcL'^seaiie eé^^ssrait près du fleuve Jaune. On se demande comment i le <tïaroBriâf Zumjungen s'exposait à être frotté de miel ou frappé de o«Hipsvdtt bàùon à Pékin, tandis qu'il habitait Strasbourg: rien n'est ccfjfandaM plus facile à concilier. La jalousie était peu disposée à acQbrdBrrû Guttemberg la gloire de la découverte, elle voulait trouver «nikiiiunifrit }ioq<plutôt>qù''un grand homme : déjà plus d'un voyageilmiarv)aÎÉ>pit>livé qu«r>l{i mton^ie ne>gagne rien à courir de ville en - ville '^ii^Ielki n'eqt jainais mbins^ijinophétesse que dans le pays qub l'Hiinrioo nailrefi.falt t{Hla'n^'iS(Mndéiual»{uée^ cm la juge à Paris commiê I^LïDqdiiesiijeUe lé iStiflaiièl change tdeclimcic, et plaça son théâtre fantasticfue leA Asie. BiUél6nQppbsw>iqivB|Giiftten|berg, armateur d'un vaisseimlniaiTcband^ étiitfJfeilw>ljbatiieMpré6'à'»Quanton pour enlever aux Ghinois leiseoiiet dfuR artiaAmirabte dont il n'avait jamais ouï parler ^; que de Quan^ toov Guttemberg avait passé à Pékin, de Pékin à Strasbourg y de SArasbeucg; à* Maryénce ^ et qu'ainsi était née l'Imprimerie. • Cependant* M. Meepman n'a pas voulu se fixer sur ee passage.» En lisant Prosper Marchand, il ti'a pas voulu user- d^ .l'adage^/ sentel fur semper fur; il craignait qu'on ne rétablît cet adage daçs sa pureté primitive.^ — M. Meerman s'en est tenu à Ta version, de Jijnius.
ni .' ». ,• . . ( » .. f >'» /h î" - • ' . ■ ' ! 'îii* ''.'>! ')n j» / ^ '
dtlla Stampa attribuire si débita alla cita (T Argentina ^ fofidcUi suit autgrità di
'• 'îJ^ ' '^ , • 1)1 1 r.h t) h- , V. ■> --I ■'• UDIIin».! r 11" »'
certa loro cronica, nella^qi^ale leggesi , che tanno 1440, fu trouata linvenzione délia. S^htpa in Strasburgh', da'^lacdmo Mentelioy il'di c'ui sÈavo Cfiacomo èenfUlsh , SHà^fntino, si assocïô^^ oon Glacomo GiiUemhetgo ,\:hè gïàmêdilai^a^fï^ipë/izibriey'ei, gii (Mnfbri isegreti appresiDAL vjj)ROiiK,^^OrlanAiyOr^}iè{pkôgJ^ir,àtti imprèiL
* Prosp. Mardi., édit. in-4°, pag. 16, à la note.
* Voyez robscrvalion, pag. 38, note *.
vÈ^màtu^ni
Revenons donc à celtoTersîaq) Jii^iiii '^<JM^ , .. , .i } ; |.
Elle nous apprend qud Guttèn^i^^in^j avait paru pour li^ prefi mière fois à Harlem eniAS&^l^jmsiïù^mké à Harlem eu 1437 ^aveb le domestique de Coster> p^fidaiâ qof il ihabitait Strasbourg; qu'àiU même époque il avait épié les^ t|*aTatux d^ son maître^ lui a^aît^ii?? robe son secret, et ensuite avait f^ris 'la fuite pour éviter le courrotiit de Goster.' A la vérité, tout cela se passait en 1437, c'est^à-tdîr& (n3Àj ans» selÀii le calcul de la régence de Harlem, avant que l'ImpriKiert rié eàt'é((é;it]fventée? Mais qui empêchait Guttemberg de déir«lkËk*eJlb secret avant qu'il ne fût découvert? , ^Adan
' RlMP, ^ans doute, dans un temps où la magie régnait anoaire,J^r ft^tt^ir^(jiHt aux mauvaises moraors 1- inipiété la plus notoire 4. Giéteit t^ébâHbrit le monde était à l'église que Guttemberg avait empoitéîl^ èlbârët^ '1^^' caractères, les instrumens nécessaires à Texécution! .Et^r ibftr'è^'diiliêu de la nuit de Noël qu'il avait enlevé les presses , .^.tef ma/iérésr {Premières, pour s'enfuir ensuite prédpîtamment àMayeniK^ ért' pasâaht par 'Amsterdam et par Cologne! . • . . lii j; , ^lijî
' 'Pbùrràltï-tin' éhbotie ne pas croire JuniUs, quand ci» vml|ataeDqé)dis sàges^^' i^jjtSle'^ïMfonde réflexion il a dressé le ^ppof ès^etib^liiiea» délit? Rien n'est oublié dans l'acte; tout, au contra&c^'tiii|iéàiieunB»' vêtir' dû" dà^abfêf^é lé plus imposant. L'ëpmiiie>i]^rééfseViti»(iQ^Ode Noël, l'àb^fiitiè Ubs maîtres et des surVeiHàft]»iqilié4â «olèmij<éq*e(iedt k PégHsfe, l'ôfbjk du vol, la descnptiôA^méMer)lJel$i^)4És>trQfiés)7 éà route qu'a suivie le voleur, la retraite iîuMl' la •<^fctoi»îe,<|«fir ibiièjfphi^ qu'il n'en faut, sans doute, pour que tôifâ4els^4llt^èbïbd(l€Uti«nti^
La raison répugne un peu à la crofâinep de' 4c6S' ^én^imta^ optais qu'ont de commun là raison et le récit die J^niils^iOii ;iffld^inèi^4oU^ jours fàcilemèni Uommefut un voleuif a fui» ad wili^Uf de l'hiver ^iscp les pressés et to)!i^iés instrumens^ • nëc(es6iiftiié& àf «piie'ifîiprinferie>,iieti escaladant les murs de Harlem dont les portes étaient fermées. On ne s'^t<jjnnera D,as de ce qu'il a, choisi, pour s'enfuir, une nuit où persail»^,pç,4pr)fc,crÇt,qÙi,çlwppj, ai|,,çfti;M^aJffg,jj^fcp,m'^ 1^^ çu^s. pqU|r^ se rondm<à]riëgli66p^les>fifventurieF8i^ntr1i(^^ t^méraires^ Le ^bifuit dT>t'tMsiéii€(g^metirdtt't^^i^^^ des^earaelère^., apec-
ttfdfeMs^îiÔïi^ëâa'Wôtif'lfehàbitàriè^ est vrai, n'excite îeur
afWitîon'/'rîen n^aiureïeiir curiosité; les tardes, les ffèns qui veillent
J'MJff Klifil
* Antoine Wood. — Atkins. — Mailtaire. — Prosper Marchand;!' •'" • ^
à la police y souffrent paisiblement (|tt4xii IravaiUe pendant une fête; il9 n arrêtent même pas«U]iiipip^O(i;itîjfiiO Wfc éà» effets au milieu de la nuit de Noël ; ils reitentdniaiiohilâSt, î' paorce que cela doit éti*e« Alors le voleur^ soit parerainte^ 80j|}par ambition^ emporte seiul, satis associes, sans complices/ Jies prosâesiet les caractères dans se$ bms; avec ce léger fardeau^il fadit <dans < ui^ nuit quatre grande ¥imts Bàm s'arrêter , et ces quatre lieues le conduise^it tpiAt 4'P^ haïkine à Amsterdam. D'Amsterdam il s'enfuit, et court à'(QQlogn/$£ db Cdlogûe il s'enfuit encore, et court à Mayenoe; là ilijiii^ aon^^r nable de s'arrêter ^ • i rn; j-jd >;>
ii*Xi'ai»ecdote présente donc un caractère d'invraisemblgnp^ .qfèl/Te-* btitiîFâit le lecteur le plus intrépide; mais qu'on y réfléchissf)y[il)'^x^04f eàt du quinzième siècle, et leskiommes devaient être, sans 4f^Ut^f|j(^ robustes que dans le dix*-huitiéme. Polyphême, jadis, n^ 309}eyfi|>)t)^ pas à lui seul un rocher pour écraser Ulysse? Turnus n0;;l^QQ$i':ihil pesi eonlre. Ënëe une pierre que douze hommes, di^^.t^Q^ps^dpKYMtT gile, auraient eu peine à porter? On saisit facilei^^t, ^a jpfic^prtipi^ nlbidipmatMpjie i du temps d'Ulysseon soulevait les rjqixt>i;i;s j^ ^ojif g^y^^re '<m^ladçafit'id«s ^pierres énormes,, et çn 1437 UQi<s^ji^l,(îjq4jyid^*&iy4U •a]neeiuAé)pœ^aei!t: •. ^ •'. î î»: , i^./n ^'w 1 * • : ,!>
>() QèpfindàQjt')'Mk. lAfeern^afi» dt M. Gockinga ne.^e.^q^ijp^pj^ çqçitçnti^ dB)k>pê(ipûr$iQH m^lhéimÙHn^ i ils ont encoi^ vouIm «di^t^jaiir^, dftps Aè ^éiùiK)der^Ji|4iuS'^lle>)yar9Îrd'avQQ.le faux : la force de. GnUf^mberg Jfi^r patr^i^fori Ir^p ^^çil^iU^^ de| ic^lle de Samson , d'Hercule q\\ d'Antée-; il/s oiit»piiémmé>t[U/Âd^î^|sû$^i( des métaphores, et qu'il en disait Ipfs^u- ^oup j)owiiqU'aa w fcriit qwlqu^-unes. Mais comn^çut M. Meemxan et MrïGôçfcinga, Oittriteff^U |ïpussjar l'ingratitude e^Yie^.f Jei^r. principale autorité V iu^cjUfà lî^^ccuse^ 4^ placer dps,^ïnfi|;apboï;çs,)[Jan(s l'hisr itoire,?rBfe,¥aUit-iilipa6 ¥ftifiiux..jpaRaiMre w^piw W)s«,^*MtQi;içiWf*^^t
* tt Is, ad opéras éxcusorias sacrahiento ductus, pdstquam artisPjuiïgénaorum
-rf 'flis idoneifcm iavoniti), ip8à'iWfl»4p«i(aidst,i»ftthUti»feote«WI^^
ll^<,f|^M çon volât > dç^ndè cuM fure domo se.prorhpit. Amstelodanumprincipio « adit , indè Coloniam Agrippinam , donec Moguntiain perventum' est , etc. n (Adr. Jun., Hist. Bata^^., cap. 17, pag. 253, édit. de Leyde , imprimée en 1587 parFr. Rapbcl^nge.) . ., ,,y | //,„...,../
64 HftVlTFAirtiM?/
laisser à Junius toute sa gloire; > dar^'les' lecteurs ne s'y tron^per^nft pas, le passage est écrit fok^simpiëmettt^/ et 'rien n'annonce que Taii^ teur ait voulu y semer des traits* d'élégance.
Cela ne serait rien encore, -miois <m^ a voulu se dégager envers lui de tous les liens de la reconfiaiissM<:^. Il avait laissé une version/oif l'a traduite par une autre. > Junius- avait dit que le vdeur s -ap'petait Eust; Mv'Meerman, qui sait son histoire, et qui a lu que Fu^; avant i440, ii'avait jamais quitté Mayence, M. Meerman a traduit le ndn/ de Fustiftn.eeluide Guttemberg, dans l'espérance de contredire plil^ Sdcilfment les registres de Strasbourg que ceux deMayence? N'éstUfe pas, vis-à-vis de l'auteur de la Batwiuy payer un bienfait J^ai^^ltf piifs 'fadnteusiô indifférence ? • • i
' M i^préfT Junius, M. Meerman et M. Grockînga citent des nom^'feW ^W[f^\ tBdiKhomias, Rutgersius , Scaligersius et la chronique de GoIôgVife. ^ «Mi^^kM^Linga le voulait, il m'a fallu les lire; et après l'avoir ftdt;' j'ai pedsé que sa modestie avait sans doute été poussée ti*op loin ; icai" ses' leetëors; auraient préféré peut-être l'opinfion ' per^otlAiëlle"'^ IVL MeeiqiAn p tttlie qu'elle est, à celle d'écrivains aussi ^débiHédfté^W lktér«lurerqufe<«uk'^uMl acités. • • • - •^r,^^^u\i\\<y^\iyMn
L'unv BMhonnv iréâ-piqué contre téidoyeh dè'Mutiâ^)<^\]Rf^^ voulait .pasiièlre de Son avis, lui prouva' ipàt «ù pâtnpMiét Mftf^iij^;' qu'il devait avioir tort. Il était bien au-dë§M«s'^ Boithôtiï'd'ë^yîbi^'' ner la question en elle-même; il pensa comriie^léBksHèf^éè'feékufei^l^-U chais, qu'il était plus sûr de revêtir d^épilhêiesâoiiore!s'bërùr'<^iit défendait l'opinion contraire; et, certes, le doyeh aurait pu ci^iî'f^ë un moment sa réputation littéraire attaquée, si l'ouvrage eût été lu.
Scaliger et Rutgersius agirent avec plus de prudence; ils s'appuyèrent sur un livre imprimé want les Esmis de Mayence^ et c'était un titre valable; mais, dans la crainte d'engager une contestation avec les incrédules, ils commencèrent par prévenir le public que le livre était perdu \ En vain les incrédules' dèihandèrent-ils qu'on leur
pr^v^t q}|;|f,,ayaif .e^M^t^, qf^'on..cn.T)appçpt^j;,^^.^aoi^B d^ trwps, des vestiges; Sca^gçr lê^^ ,ip[^posji.si^fl^»asfQC,|Hnçij$eulfi phrftfQ'iR « Madame la fille du comte de Laudron avait un exemplaire de ce livre; nous le lui ferions attester encore si elle n'était pas mpp^;
^ jRfriôbckmga nous à déjà prouvé, au sujet de l'écrit de M.. Jean van Zuurcn^ que c'était là le sort de tous les ouvrage imprimés avant 1440.
1^,9^1^^ .avant de moui:îr^ .die »pendit.cet<exieinplaire, car un jour sa iQvreUe le rongea, de quoi Ju)«»iQ?^fî fut bien fâchée »
Le dernier auteur en favmr de MSii Meerman et Gockinga est le rédacteur de la Chronique de Cologiii^, et saxis doute c'est un puissant auxiliaire; car il dit • lui-Diânie 4ans sa préface qu'il n'a rien avancé qpe d'après les auteurs les plusi célèbres , tels que JuUus . I^, empereur de Rome, et les Chroniques de Flandres et' de' Gueldres: C'est aussi à ce rédacteur que l'Europe a dû l'histoire de.; la ipapésëe Jeanne, histoire reconnue authentique par plus d'un -sanrant ^' et «ii^ laquelle les gens censés croient maintenant aussi volontiarSfiqiiite çjfolront un jour à celle de Laurent Coster. / i:-^/iv .fA>(\
Un homme qui écrit comme Ta fait M. Meerman , um antrfe ^apU{ t^^4uit comme l'a fait M* Gockinga, ont-ils donc lais^ a^irpnqoiâre leur religion, en fait d'histoire, par Boxhorn, Rutgersîusii/SdBLligBr)* le rédacteur de la Chronique de Cologne; ou bien onl41siétty)eri/les mettant .en scène, autant .de bonne foi qu'en avait noU*e <Iuafon^. tfi|ine,,q)yi4pd.il fit parler ses acteurs? On ne saurait: répondre >bi- à \ppfi^^\^^X^^^y^^ de c»s questions , parce que >oe < déirait lÛEnpnulèm^ ment compromettre la religion et la bonne foit<^ lieuï: «saKtanâ iqut.*De( Yj9fil^fgnt^ÀW})fpU^ qho^sieique la.gloire de Havlemi^nnàakloniipoilr- ^MïflSftffff fflMfii.'WîW^ ^^g^oér^^x, ils ont »fail>à»liilipi patrie le ss^çf;i^f^l^^.^^pç.^épmUi|^iQnstlittéraires. Gicénon^ dbni l'autorité il'est pî|ç.,^,^f|ai^gn3ç^dflnj?| noe.quPr^lledn quinzième «ièdej^iCioéaron IV vaif^^jiîapf5^lJ^(^^p,^jl|'aYaijhdit*avantque MM. Meerman etGockio^ ï^^"^^»î'>^WV^î4;mf9?WWr la preuve ^
§ IV. — L înscrijjtiou placée à Harlem, dans la façade de la maison de Coster. il nîj) '.;! (il I ')l ïiîr»/ îî([ \va\ ;i;Vf«. i.i "•' -i, C^T«*i^i*f)if)iiil < •' •":'
-^eWé este ntts(ïi*i^iott^'é^tf«!M.^'Meërittte'p^ésrf likè"de
ses'îireùves înfaimWéS^étcbïftrilfe sa deMèi^fe' durfë^.^^ ;?/)j|ii<>.>/ -
,; V'Sdfflgeriana,élllt.'de ia Haye, ia-8«, p/i^. " ■' '"' ''' '"" ^ '" '
3 Chari sunt parentes , chari liberi , propinqui , familiares ; sed omnes omnium chantâtes patria una complexa est : pro qiia quis bonus dubitet mortenji pppejt^f , si el sit profutùrûs ? (Cicero , de Offic.) , , .
Sans doute si la régence de Harlem a fait graver cette inscription en 1429^ ou même en 1439, on ne contestera plus que Laurent Coster ne soit l'inventeur, et qu'Harlem n'enlève à Mayence la primauté; mais il n'en est pas ainsi.
La date de 1429 que porte l'inscription n'est pas très-ancienne; elle a été substituée à une autre de 1440 qui , dit M. Meerman, avait été mise par erreur. Par erreur, soit; mais je crois apercevoir beaucoup de mauvaise foi dans ces variations de dates. Pourquoi l'invention de l'Imprimerie remonterait-^lle à 1429, si Laurent Coster, d'après Junius, n'a trouvé le secret qu'en 1437; si, comme l'affirme M. Meerman et tous ses auxiliaires , il n'y avait rien encore de connu auparavant 1437? Cet empressement à faire naître l'Imprimerie avant qu'on y pensât; cette prévoyance d'antidater de huit ans de peur qu'aucune autre ville ne vint réclamer, n'annoncent-ils pas , sinon une grande erreur, du moins un vif amour - propre national , et une grande envie de donner un démenti à l'histoire ? Ninda precautio dohis.
Ensuite, comment faire concorder cette date de 1429 avec les premières éditions qui parurent? On avoue que ce ne fut qu'en 1450 qu'on imprima avec le secours des lettres mobiles, et on aurait publié pendant vingt-un ans des éditions faites avec des caractères de bois, sans qu'il en restât aucune trace !
- La date de 1440, placée d'abord au bas de l'inscription, ne serait guère plus favorable au système de M. Meerman, car elle tendrait à faire naître l'Imprimerie à Harlem et à Mayence, précisément à la même époque, et à détruii^ alors toute idée du vol que l'on impute à Guttemberg; mais cette date de 1440 n'est pas plus véridîque que celle de 1429, puisqu'il est impossible, si ce n'est par des moyens diaboliques, que Laurent Coster ait découvert, la même année, le même secret que Guttemberg, par les mêmes moyens, en employant les mêmes procédés. De plus, il est singulier de voir M. Meerman s'appuyer de cette inscription de 1440, quand on l'a vu donner pour date de l'invention l'année 1437, et dire ensuite que le véritable millésime de l'inscription était 1429.
M. Meerman a remarqué avec chagrin cette contradiction; il a prévu qu^on lui en ferait le reproche; et voici comment il a essayé de le réfuter : (( Quoi ! dit-il , il ne resterait rien pour la Hollande que l'im-
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pression avec des lettres fixes M,£t: si c'est là tout ce (pi'on doit à Laurel^ , les magistral» de Harlem devraient donc faire disparaître les monumens qu'on a érigés à sa mémoire ^ pour ne pas se rendre ridicules aux yeux. des étrangers, et.mëprisaMes à ceux de leurs pro*près concitoyens. »
M. Meerman a raison^ on ne d<»t jamais damier un démenti à des monmnens; c'est l'argument le plus fort qu'il puisse eniployer pour conrainDre. Cependant si M. Meerman établit toute l'authenticité de l'histoire de Hollande sur la conscience des magistrats (jbe. Harlem , ne sera-ce pas de sa parties compromettre un peu trop? Ne sera^rçe pas aiipsi ],es accuser à tort, puisque les magistrats qui firent grayçr l'ins* cription n'étaient pas les mêmes, que ceux, qui avaient vu LaunentCoster, et qu'ils pouvaient être trompés par un mensonge? Ne sera-ce pa& vouloir attaquer les magistrats de Mayence à leur tour, que de vouloir défendre aussi vivement ceux de Harlem; et si M. Meerman ou Gockinga se plaisent à renouveler ainsi la discorde entre les deux villes^ que deviendront-ils dans cette guerre de magistrats à magistraljs, sur la, célélH*ité de leur pays et la délicatesse de conscience?
Moii^^ j^ardi sans doute que ne l'a été M. Meerman, je ne me permetf^aij pa^.d^ dire que cette inscription né fut gravée qu'à la soUicitatjiçn.^e: quelques gens fort peu sûrs de leurs faits, et qui s'appuyaient de la tradition de Corneille, comme Adrien Junius lui* méi?9sÇ;jç n^, nji.ç.permettitai pas de dire que les magistrats de Harlem l'oitkwp^Pjlf,. p^e qu.'elle faisait honneur à la ville; mais sans attacbei\ jbçj^i^Q^up d'impoitaiice à son exactitude. Un jeune auteiu* doit gac^çi^,.}^ /s^l^ç^.&ur qes graves sujets; il ^oit attendre qu'il ait lu avec fruit ll^oiiyrages de. M. Meerman ou de M. Gockinga : hors de là ses preuves jxp ^nt que des doutes ; s'il partageait leur opini<Mi, sesdoiiitesseraieptdes.preuves« , « ^'
Cependant les^ps^i$tr/^ts^ d^ Harlem seront-ils méprisables et ridicules pour avoir..,^a}^i)fi^Ç|jijip<^: fable qui flattait l'amour-propre national , et dont ils ne çl^ç^c^j^[<^fit p^s à vérifier l'authenticité ? Seront-ils plus coupables aue .^ç^jl^ ^HT^^ ^^ magistrats des villes qui se disputaient jadis la gloire d'avoir donné le jour à Homère^ ? Le seront-ils
^ Eik ne resterait même pas ; car on ne peut pas phis attribuée* Flrt^iîwttoTi des lettres fixes que celle des lettres mobiles à la BôUàndci : elle n\i nêniinçmté, * La varietà délie opinioni sopra U préciser paesé e primi infentori deïl^
plus que ceux des villes portugaises qui s'accordaient aussi peu sur la naissance du Gamoens? Le seront-ils plus que les habitans de Strasbourgs de Baie s de Aome^ de Dordrecht^ de Nussembourg , qui ont élevé les mêmes prétentions que Harlem j et qui n'ont pas obtenu un plus heureux succès?
Un jeune auteur doit encore ignorer tout cela; mais si jamais^^vec plus d'années s il pouvait acquérir plus de maturité, plus d'ambition, il emploierait ses loisirs à composer un gros livre pour convertir M. Gockinga. Cette homélie profane serait alors à ^n tour réfutée jusqu'à ce que son rédacteur la défendit; on oublierait l'histoire de Coster pour s'attaquer réciproquement : l'auteur du gros livre perdrait à la fois son tems , son bonheur, sa fortune et sa gaité ; mais il occuperait aussi le rayon d'une bibliothèque, et pourrait espérer en mourant qu'il en fera disputer d'autres après lui.
En effet, un succès passager, une gloire éphémère, des haines inextinguibles, une vie agitée, et bientôt l'obscurité la plus profonde, voilà tout ce que l'on doit espérer, quand on entre en lice avec des savans. L'histoire est comme une glace; plus elle vieillit, moins elle est vraie, et son éclat ne saurait se rétablir avec des calculs ou des conjectures; il faut laisser au tems exercer son empire, et s'il fait varier des monumens étemels, il peut bien sans doute anéantir les nôtres. La nature elle-même a des erreurs; pourquoi l'esprit humain en serait-il exempt? C'est une tâche difficile que d'essayer de relever ces erreurs , et de prouver au public qu'à soi seul on a plus de sagacité que tout le monde. L'amour - propre de chaque individu est fortement intéressé à ce qu'un tel principe ne devienne pas axiome; et plutôt que d'accorder un mot à son rival, quel savant, fidèle à l'esprit de contradiction, n'écrirait pas un volume?
A la vérité, si chaque homme instruit conserve en silence son opinion sur l'histoire et les traditions, les lumières ne feront pas de grands progrés; mais si chacun aussi veut publier la sienne, et surtout la faire prévaloir, qu'en arrivera-t-il ?
Peut-être ne devrait-on écrire ou controverser que sur des sujets
Stampaj hà partorito tante discrepanze di pareri, a guisa di Omero, la patria di cui resta indecisa, usurpandoselo moite e diverse città, per la gloria di si grati figUo ^ che sarà dtuopo riferirne moite, per appoggiarsi poi alla pià probabile di quella, (Orlandi , Qrigin, deUa Stampa, p. 8 , édit. in-4®.)
RÉPIFTATION. 195
qui nous soient depuis long-tems familiers^ et auxquels on ait consacré de laborieuses études; peut-être ne devrait-on rien avancer, sans jivoir auparavant consulté le bon sens, sans s'être aidé de Texpérience, et surtout sans avoir dépouillé l'esprit de parti; peut-être encore ne devrait-on pas, sur dé vaines probabilités ou sur des bruits populaires, essayer d'établir des faits historiques; peut-être mais je
m'arrête, ce serait trop douter.
Quant à M. Meerman , il aimait à la fois la gloire littéraire et son pays; il fallait qu'il publiât un Traité sur l'Imprimerie. Junius, aussi hollandais, en avait fait autant avant lui; il avait créé des témoins hollandais, des auteurs hollandais, et tout récemment Junius a été commenté par un traducteur hollandais. Le plus grand tort de ces ouvrages n'est donc que d'avoir traversé l'Escaut; et en France même, si on n'y ajoute pas foi, ils pourront au moins être lus par curiosité , et prétendre aux succès dont jouissent quelquefois les productions exotiques. Junius et M. Meerman ne persuaderont pas; mais qu'est-ce qu'une si légère disgrâce, quand on peut d'ailleurs offrir au public une opinion nouvelle, et surtout, comme le disait Dacier, quand la remarque subsiste; ils ne persuaderont pas, il est vrai , mais en cela ils ne feront que partager l'infortune d'une foule de personnages célèbres; et s'ils comptent quelques partisans, ils seront plus heureux encore que ne le furent Joseph près de ses frères, Gassandre à Troie, la Sibylle avec Tarquin, et le docteur Gall à Paris.
mu DE LA. REFUTATION.