‹ Éloges académiquesChapitre 20 sur 25 · ÉLOGE DE H. DE 5ENA&M0NT · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE H. DE 5ENA&M0NT

vers lui que les regards se tournaient quand il fallait à Timproviste juger de Texactitude et de la portée d'une idée nouvelle. Sa critique bienveillante et élevée embrassait toutes les sciences; il n'était étranger à aucune ; aucune œuvre sérieuse ne le laissait indifférent. On attendait son jugement comme un arrêt. Son approbation était un encouragement pour tous, et pour les jeunes gens une précieuse récompense. Il troublait parfois les esprits les plus confiants par sa raison spirituelle et forte et par la perfection de sa logique, mais il n*a jamais compris que Ton prétendît imposer une opinion ou régler la marche des sciences autrement qu'en s'efforçant d'avoir toujours raison dans une discussion toujours ouverte et toujours libre.

Notre génération scientifique citera longtemps de Senarmont comme un des hommes les meilleurs, les plus éclairés, les plus ardents au bien, qu'elle ait eu le bonheur de posséder; et lorsque nous lirons dans Montaigne que la science trop avidement recherchée abêtit et émousse l'esprit, lorsque l'autorité tranchante de Bossuet nous affirmera, ce qui serait plus triste encore, que, sous prétexte de nourrir l'intelligence, elle étoufl'e les bonnes affections, nous penserons à notre bon, aimable et noble confrère, et nous nous répéterons avec confiance que l'étude continuelle des sciences n'émousse pas l'esprit, qu'elle ne dessèche pas le cœur et que nous en sommes bien sûrs.

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