LIBRAIRIE GARNEAU, RUE BUADE, QUÉBEC
Enregistré conformément à l'Acte du Parlement du Canada,
concernant la propriété littéraire, l'an mil.neuf-centquinze, au ministère de l'agriculture et des statistiques, à Ottawa.
Aux Agriculteurs
'EST pour vous que j'ai glané çà et là tout ce que ce C volume contient, en vue de vous procurer une lecture attrayante et réconfortante au milieu de vos labeurs. Après avoir lu et relu ces pages, vous apprécierez davantage Ja douceur de la vie à la campagne, la dignité et la noblesse des travaux des champs, et vous aurez un plus grand amour pour la terre et le sol natal.
Vous bénirez la Providence de vous avoir appelé à des travaux qui assurent à votre famille la paix et le bien-être et à l'humanité la richesse ct la prospérité,
Vous serez plus fiers de votre profession en pensant qu'elle est respectée et honorée par les hommes ies plus élevés dans la société : archevêques, évêques, prêtres, hommes d'Etat, poètes, orateurs, écrivains.
Vous chérirez mieux votre indépendance et votre liberté, et vous la préférerez à la vie chère, captive, et remplie de soucis de ceux qui ont à gagner leur vie dans les diverses et pénibles occupations de la ville,
Enfin vous serez plus convaincus que jamais de cette vérité incontestable que la vie simple et modeste, cahne et paisible, exemnte de toute ambition de luxe et de vains plaisirs, consacrée au travail, à l’accomplissement des devoirs envers les siens et à la pratique des vertus domestiques et chrétiennes, est la seule qui mérite d’être vécue et qui donne le plus de bonheur.
C'est donc une hymne à la campagne que je mets entre vos mains. Oui, une hymne qui a été chantée dans tous les temps et qui sera chantée dans tous les siècles à venir par homme en l'honneur de son Créateur qui a créé la terre pour l'homme.
Chantez la souvent
et évutez le grand poète Louis Mercier qui vous dit :
“Va, chante, 6 laboureur, afin qu'en ses entrailles La terre avec amour reçoive tes semailles,
Afin que par moment L'âme des boeufs que la chair tient enveloppée, Quand tu la berceras avec ta mélopée,
Frémisse doucement.
“Chante, Ô se, sur ! Depuis qu'en un rythme sublime Le C.éateur à fait retentir sur l’abime
Son “fiat” éclatant, Le rythme est souverain, le rythmc est salu.aire, | Tout ce qu'on entr prend de sacré sur la terre
S'accomplit en chantant.
“Chante, et qu'aussi ta voix soit austère, soit mâle. Et lorsque tes blés mürs, en un remous d'or pâle, Onduleront aux vents, “Pendant les soirs d'été, pareil à ton cantique, Un chant s'élèvera, vénérable et mystique, De leurs épis mouvants.
“Chante ! Et sème ton âme avec ta mélodie, Pour qu’en mangeant le pain de ta moisson grandie Tes fils, devenus forts, “Sentent, comme Je vin qui monte au bord des cuves, Quelque chose de toi s'élever en effluves De ton âme à leur corps ;
A an a né
“Pour qu'ils soient comme toi patients et robustes Dans l’accomplissement de leurs labeurs augustes, Et, quand viendra ton tour
“D'aller te reposer dans la vie éternelle, Pour qu'ils sachent aimer la terre maternelle D'un filial amour”.
GEORGES BELLRIVE.
Dignité et bonheur de la vie rurale.
On a souvent, dans notre Province et en France, fait l'éloge de l'agriculture, de l'agriculteur, du coloï, et démontré l'excellence, la noblesse et la douceur de la vie rurale.
Orateurs, écrivains, poîtes, journalistes, évêques, prêtres, ont tour-à-tour fait entendre leurs voix autorisées pour faire comprendre à l’homme des champs sa dignité et sa valeur dans le monde, lengager à aimer d’un amour inébraniable sa terre natale, :on foyer, ses champs, son village, et à suivre la voie que la Providence lui a tracée,
Ce sont quelques-unes de ces démonstrations et exhortations faites en ces dernières années que je publie dans ces pages, après les avoir coordonné le mieux possible, aspérant être utile à la noble classe de nos agriculteurs,
La plus importante est celle ‘faite par Nos Seigneurs les Archevèques et Evêques des provinces ecclésiastiques de Québec, de Montréal et d'Ottawa dans leur lettre pa:torale annonçan: la fondation de l'oeuvre des missionnaires agricoles, en janvir 1894. La voici en partie
“ On a dit avec beaucoup de raison que l’agriculture est la vraie nourricière des peuples, leur principale source de richesses ; c’est dans la terre que se t1oitve la fortune réelle d’une nation, fortune stable et certaine comme la bonté de Dieu, fortune qui ne cesse jamais complètement de se re-
nouveler et qui subit beauco n moins de ces désastrettses