‹ Éloges de l'agriculture [microform]Chapitre 2 sur 26 · SAVAIENT -CO-ANTE · texte numérisé non relu

SAVAIENT -CO-ANTE

6 ÉLOGES DE L'AGRICULURE

fluctuations qui affectent si souvent et si fortement le commerce et l'industrie,

C'est par elle surtout que l’homme nous apparait comme le roi de la nature, comme un prince qui exerce sa souve-

ses semblables (Gen. 1), D'après nos Livres Saints, c'est Dieu lui-même qui a institué l’agriculture et qui nous ordonne de l'aimer; Non oderis laboriosa opera et rusticationem creatam ab Altissimo (Eccli, VII, 16) ; c'est Jui qui donne au sol sa fécondité merveilleuse : fécondité qu’il accorde comme récompense de la soumission et de la fidélité. “ Le Seigneur, nous dit la Sainte Ecriture, conduit son peuple dans des lieux abondants en gras pâturages, dans une terre vaste et étendue, tranquille Pour la culture et d’une admirable fertilité, (I Paral, IV, 40). Et ailleurs : “ Le Seigneur vous comblera de biens dans toutes les oeuvres de vos mains, dans tout ce qui ait . de vos troupeaux, dans la fécondité de votre terre et par une grande abondance de toutes choses”, (Deut. XXX, 9).

C'est au souvenir de ces merveilles que le prophète royal s'écrie : ‘* Seigneur que votre nom est admirable sur toute la terre ! Qu'est-ce que l’homme pour que vous l'ayez ainsi environné d'horaeur et de gloire ? Vous l'avez établi comme un chef sur toute la création; vous avez tout mis Sous ses pieds, les animaux des Campagnes, les oiseaux du ciel et les poissons qui parcourent les sentiers de la mer”, (Ps. VII).

Nous n'ignorons Pas, nos très chers frères, qu’une espèce de fièvre de jouissance et de liberté, s'est emparée de nos populations rurales et les entraîne vers les grandes villes. On est fatigué, ennuvé de la vie simple et paisible des champs ; on veut sortir d'une position modeste, se

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DIGNITÉ ET BONHEUR DE LA Vi RURAL 4

Proourer des jouissances, être quelque chose dans le monde. On se précipite follement + les Babylonnes modernes; on cherche le bonheur, un trouve la ruine. Cette désertion des campagnes qui s'est effectuée depuis quelques années a été pour nous comme pour tous les peuples de l'Europe un immens malheur : elle porte une grave atteinte à la prospérit \‘ablique : elle est, surtout dans l'ordre morale un véritable désastre. Dans les grandes villes, dans les usines, l’homme des champs se trouve bientôt en contact avec des coryphées de l'impiété, avec des coeurs pervertis; il perd peu à peu l'esprit de foi et de religion qui l'avait animé jusque là ; ses croyance - et ses moeurs font um triste naufrage, et il ne recueille “ sa vieillesse que la misère et le déshonneur.

La vie des campagnes, au contraire, offre de précieux avantages ‘1 point de vue moral et religieux; e’ : rend l'homme meilleur, en lui conservant des moeurs sû. ÿ, un coerr droit, des habitudes d'économie, le goût du suvail, l'amour de la justice; elle lui apporte la richesse sous les formes les plus variées, richesse de joie, d'union, d'affection de famille, richesse dans la modération des désirs. Laissez-nous vous dire avec un grand docteur de l'Eglise, Saint Jean Chrysostôme, que les populations agricoles vivent dans la paix et que par là leur existence a quelque chose de vénérable dans sa modestie : “l'habitant des campagnes, continue-t-il, a plus de jouissances que le riche des villes: la beauté du ciel, l'éclat de la lumière, la pureté de l'air, la douceur d'un sommeil tranquil, tout lui est accordé avec une sorte de prérogative: le Créateur semble lui donner en primeur les vrais biens de l’ordre temporel...” Vous trouverez donc dans cette vie modeste le vrai plaisir et la sécurité, la bonne renommée et la santé, la régularité dans la conduite et de moindres dangers pour la sainteté des moeurs ”.

NÉEVLENIS -C-ANTE

Un de ces dignes pasteurs, Sa G Evêque de Rimouski,

à Scopale pour Prononcer ces magnifiques paroles en l'honneur du travail des champs “ Le travail

agricole est, pour ainsi dire, la terre, celui auquel est appelé uquel est appelée la masse du g

l'état normal l’homme sur enre humain.

de l’homme sur

d'agriculteur conférée par Dieu grandes familles patriarchales se réservaient-elles la royauté des champs; elles n’en voulaient pas ambitionner d'autre.

Isaac inspectait son champ avec l'oeil attentif du maître, quand Rébecca descendi

lui, Jacob venait abreuver lui peaux de ses riches Pâturages, et son histoire nous le montre comme un incomparable éleveur.

C'est pourquoi les Saintes Ecritures renferment les éloges les plus touchants des bienfaits de la vie de l’agriculteur. Elles racontent avec un charme indicible l’action de l’aima-

ble Ruth, glanant après les opulentes moissons de Booz, les épis qui doivent servir à !

mère.

plus délirant chante sur sa harpe d'or les

elle a pour auteur a bénie et qui l'aime. Et si à être utile à ses semblables,

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qu'y a-t-il de plus utile, je dirais volontiers de “plus grand” que l'agriculture ? Le pain qui entretient Ja vie n'est-ce pas l’agriculture qui nous le donne ? N'est-ce pas, par elle que Dieu nourrit l'humanité ?

Le travail des champs, n’est-ce pas aussi le plus favorable au développement des facultés physiques et morales, n'est-ce pas par lui que l’homme est le plus directement en rapport avec le créateur ?

La gerbe de blé récoltée dans les Champs, au temps de la moisson, n'est-ce pas, en effet, l'oeuvre des “deux ouvriers” qui seuls méritent Proprèment ce nom, je veux dire de l’homme qui a semé et de Dieu qui a donné l'accroissement et la maturité ? Rien non plus de moralisateur comme le travail des champs. Il enseigne la paix, la charité, la tempérance, la pureté des moeurs, toutes les vertus qui élevent les peuples,

Aussi nobles et expressives ces Paroles tombées des 1èvres de Mgr. F. Richard, le vaillant apôtre de la colonisation en Acadie :

“ L'agriculture fait l’homme grand. Il est bon de le dire et de le redire bien haut, dans un siècle où on semble vouloir faire descendre l'agriculture du piédestal où Dieu l’a placée, où da religion l'a maintenue, et où tous les hommes nobles de coeur veulent la voir demeurer, la considérant et avec raison la reine du monde et l'insigne bienfaitrice de l'humanité.

“L'agriculture a donné à l’histoire profane ses plus immortels souvenirs. C’est elle qui éleva ces triomphateurs fameux que la victoire prit et qu'elle rendit à la charrue.

“C'est l’agriculture aussi qui a donné à l’histoire du peuple de Dieu ses plus belles gloires. David avait porté la houlette du pasteur avant de porter le sceptre; il avait dis-

PRASVESEL EX -C-

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