‹ Éloges de l'agriculture [microform]Chapitre 19 sur 26 · RESTE AU FOYER · texte numérisé non relu

RESTE AU FOYER

‘‘ Ami, ne quitte pas, pour un autre horizon,

Le seuil riant et frais de ta blanche maison,

Et le came jardin d'enfance où les abeilles Suspendent leur murmure aux fleurs de tes corbeilles ! Reste au foyer où rève en frissonnant l’aieul,

De crainte qu’au retour tu t'y retrouves seul !

Car sur des vieux parents inquiets que l'on quitte,

O mon ami, mon pauvre ami, les jours vont vite;

Et, quand ils ne sont plus, les vieux parents aimés, Quand, résignés, leurs doux veux las se sont fermés Et qu'un prêtre les a mis dormir côte à côte,

Sous le tertre d'argile où déjà l'herbe est haute, L'on songe, en tisonnant les cendres de son coeur,

Qu'on les aima trop peu, qu'on troubla leur bonheur,

Et, triste, on donnerait le restant de sa vie,

Pour retrouver l'ivresse, hélas, si tôt ravie

D'appuyer sur leur front ses lèvres doucement,

Ou pour pleurer sur leurs genoux, rien qu'un moment, ” ADOLPHE HARpy.

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