DE G. CUVIER. IX
è/anc. Dans un second, reprenant une de leurs classes en particulier, celle des mollusques, il jette les premiers fondements de son grand travail sur ces animaux ; travail qui l'a occupé pendant tant d'années, et qui a produit l'ensemble de résultats le plus étonnant peut-être, et du moins le plus essentiellement neuf de toute la zoologie, comme de toute l'anatomie comparée moderne.
On n'avait point eu jusque-là d'exemple d'une anatomie aussi exacte, et portant sur un aussi grand nombre de parties fines et délicates.
Daubenton, ce modèle de précision et d'exactitude, n'avait guère décrit avec ce détail que le squelette et les viscères des quadrupèdes : ici c'était la même attention, et une sagacité d'observation bien plus grande encore, portées sur toutes les parties de l'animal, sur ses muscles, sur ses vaisseaux, sur ses nerfs, sur ses organes des sens.
Swammerdam, Pallas, qui avaient embrassé toutes les parties de l'animal dans leurs anatomies, avaient borné ces anatomies à quelques espèces; en un autre genre, Lyonnet s'était même borné à une seule : ici c'était une classe entière d'animaux, et de tous les animaux la classe la moins connue, dont presque toutes les espèces se montraient décrites, et tout le détail, le détail le plus délicat, le plus secret de leur structure, mis au jour et développé.
Les mollusques ont tous un cœur^ ainsi que je l'ai déjà dit, mais les uns n en ont qu'un seul, comme
X ELOCE HISTORIQUE
r huître, comme le limaçon; les autres en ont deux; les autres en ont jusqu'à trois distincts, comme le poulpe, comme la seiche- Et cependant, c'est avec ces animaux, dont l'organisation est si riche, qui ont un cerveau, des nerfs, des organes des sens, des organes sécrétoires, que l'on en confondait d'autres, qui, comme les zoophyteSy comme les polypes, par exemple, n'ont pour toute organisation qu'une pulpe presque homogène.
Les expériences de Trembley ont rendu célèbre le polype cVeau douce, cet animal qui pousse des bourgeons, comme une plante, et dont chaque partie, séparée des autres, forme un individu nouveau et complet. Toute la structure de ce singulier zoophyte se réduit à un sac, c'est-à-dire à une bouche et à un estomac.
M. Guvier a fait connaître un autre zoophyte, dont la structure offre quelque chose de plus surprenant encore; car il n'a pas même de bouche : il se nourrit par des suçoirs ramifiés, comme les plantes ; et sa cavité intérieure lui sert tour à tour d'estomac et d'une sorte de cœur, car il s'y rend des vaisseaux qui y conduisent le suc nourricier, et il en part d'autres vaisseaux qui portent ce suc aux parties.
Un des problèmes les plus curieux de toute la physiologie des animaux à sang hlanc qui ait été résolu par M. Cuvier est celui de la nutrition des insectes.
Les insectes, comme je l'ai déjà dit, n'ont, au lieu de cœur, qu'un simple vaisseau dorsal; et, de plus, ce