DE G. CUVIER. XIX
éléments principaux en subsistent, répandus dans tant de mémoires dont j'ai déjà parlé; surtout dans les Leçons d'Anatomie comparée, surtout dans les Recherches sur les Ossements fossiles : travaux immortels, et qui ont imprimé à Vanatomie comparée un tel essor, qu'après avoir été pendant si longtemps la plus négligée des branches de V histoire naturelle , elle les a tout à coup dépassées et dominées toutes.
L'histoire de Vanatomie comparée compte trois époques nettement marquées : l'époque d'Aristote, celle de Claude Perrault, et celle de M. Guvier.
Chacun sait avec quel génie Aristote a jeté les premiers fondements de Vanatomie comparée chez les anciens. Mais ce qui n'a pas été aussi remarqué, quoique non moins digne de l'être, c'est la puissance de tête avec laquelle Claude Perrault a recommencé toute cette science, dès le milieu du dix-septième siècle, et l'a recommencée par sa base même, c'est-à-dire par les faits particuliers.
Les descriptions de Perrault sont le premier pas assuré qu'ait fait Vanatomie comparée moderne. Daubenton lui en fit faire un autre; car il rendit ces descriptions comparables.
Vicq-d'Azyr alla plus loin encore.
Riche des travaux de Daubenton , de flaller, de Hunter, de Monro, de Camper, de Pallas, Vicq-d'Azyr embrassa l'arm^omi^ comparée dans son ensemble ; il y porta ce génie profond qui voit dans les sciences le but à atteindre, et cet esprit de suite par lequel on
l'atteint; et la grande réforme opérée en effet par M. Cuvier dans Vanatomie comparée, nul ne l'avait plus avancée que Vicq-d'Azyr.
Ce fut même un bonheur pour cette science que de passer immédiatement des mains de l'un de ces deux hommes dans les mains de l'autre.
Vicq-d'Azyr y avait porté le coup d'œil du physiologiste, M. Cuvier y porta plus particulièrement celui du zoologiste ; et l'on peut croire qu'elle avait un égal besoin d'être considérée sous ces deux points de vue. On peut croire que sa réforme n'a été si complète, et son influence si générale, que parce que, tour à tour étudiée et remaniée pour se prêter à la zoologie et ù la physiologie, elle a pu devenir tout à la fois le guide et le flambeau de ces deux sciences.
Quoi qu'il en soit, Vanatomie comparée n'était encore qu'un recueil de faits particuliers touchant la structure des animaux; M. Cuvier en a fait la science des lois générales de l'organisation animale.
Ce même homme qui avait transformé la méthode zoologique, de simple nomenclature, en un instrument de généralisation , a su disposer les faits en anatomie comparée dans un ordre tel que de leur simple rapprochement sont sorties toutes ces lois admirables et de plus en plus élevées : par exemple, que chaque espèce d'organes a ses modifications fixes et déterminées ; qu'un rapport constant lie entre elles toutes les modifications de l'organisme ; que certains organes ont sur l'ensemble de l'économie une induence plus marquée et plus dé-