DE G. CUVIER. XXI
eisive, d'où la loi de leur subordination ; que certains traits d'organisation s'appellent nécessairement les uns les autres, et qu'il en est, au contraire, d'incompatibles et qui s'excluent, d'où la loi de leur corrélation ou co-existcnce ; et tant d'autres /ois, tant d'autres rapports généraux, qui ont enfin créé et développé la partie philosophique de cette science.
Parmi tant de découvertes, parmi tant de faits particuHers dont il l'a enrichie^ je dois me borner à citer ici les plus saillants, et encore ne puis-je, à beaucoup près, les citer tous.
Les travaux de Hunter et de Tenon avaient déjà fait faire de grands pas à la théorie du développement des dents; il a porté cette théorie à peu de chose près à sa perfection.
Ces parties, ces espèces de petits os qu'on appelle deyits, paraissent, au premier aspect, des parties fort simples, et qui méritent à peine l'attention de l'observateur. Ces parties sont pourtant fort compliquées; elles ont des organes sécréteurs, comme leur germe, leur membrane propre; des substances sécrétées, comme leur émail, leur ivoire; et chacune de ces substances paraît à son tour, chacune paraît à une époque fixe.
Ces petits corps naissent, se développent, poussent leurs racines, meurent, tombent , sont remplacés par d'autres avec un ordre, une régularité admirables.
Et ce qui n'est pas moins admirable, bien que sous un autre point de vue, c'est que toutes les circonstances
de leur organisation et de leur développement sont aujourd'hui rigoureusement démontrées.
En s'appuyant sur l'étude des dents de Vélépha7it, où tout se voit en grand, M. Cuvier est parvenu à constater l'époque précise où chaque partie de la dent se forme, et par quel mécanisme elle se forme; comment chacune de ces parties, ayant fait son rôle d'organe producteur, disparaît; comment la dent tout entière disparaît à son tour, pour faire place à une autre, qui aura aussi et son développement d'ensemble et de détail, et son point d'organisation complète, et son dépérissement, et sa chute.
Perrault, Hérissant, Vicq-d'Azyr, avaient déjà fait connaître quelques points de la structure des organes de la voix des oiseaux; il a fait connaître cette structure d'une manière générale et par des comparaisons détaillées.
Il a, le premier, mis dans tout son jour la disposition singulière de l'organe de Touïe et la disposition, plus singulière encore, des fosses nasales dans les cétacés.
Tout le monde connaît la merveilleuse métamorphose qu'éprouve la grenouille pour passer de l'état de fœtus, ou de têtard, à l'état adulte. On sait qu'après avoir respiré, dans le premier de ces deux états, par des branchies, comme les poissons y elle respire, dans le second, par des poumons, comme les animaux terrestres.