‹ Emailleurs et émaillerie de LimogesChapitre 6 sur 15 · AU NQN DE DIEU · texte numérisé non relu

AU NQN DE DIEU

Memoiflrepmir ferre de leffmaU blan.

Prenez ngne liuure veyre blanc bien pillé et ung cart de liuure de carsine quet de lestaingt brullé et mys en poudre , et le passer bien fint, et le melles avec ledit veyre, et faites fondre le tout ensemble , et fera beau.

Après avoir donné une idée de Torthograplie de Dominique Moa-^ ret, l'écris la ^^}te du manuscrit suivant celle de notre temps.

Pour faire de l'émail d'(aur.

Prenez du verre blapc, une livre, et trois onces de safre (préparation de cobalt)^ et les faites fondre ensemble, et fera beau,

Pour faire du noir^

.Prenez une livre verre et un quart de livre de pierre de couleur, ou autrement nommée pierre de Périgord, bien passés finement, et faites fondre le tout , et fera beau.

Pour faire de Vémail vert.

Prenez une livre verre et deux onces d*écaille de cuivre et un peu de rouille de fer, et le mêlez tout ensemble, et le faites fondre , et fera beau.

Fmr faire de Vémail qw f appelle gueule (I).

Prenez une livre de verre et un quart de cuivre rouge, et ferez fondre le tout ensemble, et fera beau.

Four faire émail bleu clair.

Prenez dix livres de verre dessus dit, de chaux accoutumée, et de safre calciné demi-livre , et de sel alcali un quarteron; mêlez tout ensemble, et mettez-le fondre dans un mortier au four de verre, et le laissez affiner par l'espace de quatre heures, puis remuez-le avec un bâton court, et laissez-le affiner par l'espace de trois jours, puis jetez-le dehors avec une cuiller de fer, et en faites des pains, et mettez-y une marque si vous voulez , et sera fait (2).

Pour faire violet clair.

Prenez dix livres de verre blanc et un quarteron de couleur fine, une livre de Périgord calciné , et mêlez tout ensemble; et , quand tout sera mêlé, mettez-le fondre au four de verre dans un mortier, et le laissez affiner l'espace de trois jours , comme est dit ci-devant.

Pour faire l'émail de plate appelé violet.

Prenez six livres dudit verre , et le mettez fondre par l'espace de quatre heures, et puis mettez dedans demi-quart d'once de couleur calcinée appelée teinture de la chaux accoutumée ; puis remuez-le avec un fer court par trois fois, et le laissez affiner comme est dit plus haut.

(1) Le rouge en termes de blason.

(2) Un pain de cet émail bleu a été donné à M. Âlluaud aîné à peu près à la même époque que les papiers.

Pourjaire émuil de place.

Prenez six livres dudit verre , faites-le fondre durant quatre heures, et mettez dedans ladite matière six quarterons de safre calciné et deux tiers de chaux accoutumée , et puis remuez-le comme dessus.

Pour faire noir clair.

Prenez dix livres de verre, un quart de chaux accoutumée et un tiers d'azurton. Pulvérisez le tout ensemble bien nettement, et mettez-le fondre dans le mortier au four par quatre heures ; puis remuez-le trois fois d'un bâton court , et le laissez affiner Tespace de trois jours. Et après jetez-le avec une cuiller de fer frottée d'ocre ; mettez-le recuire pendant un jour, et votre émail sera fait.

Pour faire émail d'incarnation.

Prenez dix livres de verre blanc susdit , lequel soit bien purifié, et un quart de chaux accoutumée , et un quart de couleur de Périgord calcinée, et mêlez tout ensemble; puis mettez-le fondre, et faites comme dessus.

Pour faire émail vert bien clair.

Prenez six livres de verre blanc qui soit bien moulu , et trois livres de chaux accoutumée, et d'azurton

(Le reste manque : il est à croire qnû y avait du cuivre jaune.) Recette de couleur grise pour besogne émaillée.

Prenez azurton , une once ; sel ammoniac , une once; alun de glace , deux onces ; sel commun brûlé , quatre onces ; le tout broyé et détrempé avec du verjus.

Pour faire caurton.

Prenez quatre gros cire ucomélie (limousine), demi-once azurton , demî^nce bol armènic , et mettez fondre la cire dans quelque pot bien net; et, quand sera fondue, faut mêler le tout ensemble , et puis le jeter dans une écuelle avec de l'eau.

Four faire du rouge d*émail éprouvé»

Prenez vitriol romain brûlé, quatre onces; couperose, une once ; alun , une once ; azurton , une once ; sel com^ mun , quatre onces ; salpêtre affiné , une once douze grains ; le tout bien moulu ensemble et détrempé avec de Teau nette» pour la première fois , et l'autre avec de Teau faite avec dii sel commun et du sel ammoniac , autant de l'un que de l'autre , fondus ensemble dans quelque bouloir bien net , quelque plat de terre bien propre, ou bien avec du vinaigre.

Pour faire le noir pour tirer sur Vémail,

Un peu de rocaille verte, et de l'écaillé de fer davantage, un peu d'émail noir cassé , tout ensemble le broyer et le laver.

Pour faire le noir qui reluise sur blanc.

Une once d'ëcaille de cuivre et un peu de rocaille jaune et daire , et broyer le tout ensemble et le laver; mais ne faut faire bouillir les pièces , car le noir viendrait sale.

Pour faire d'autre noir,

Y mettre du noir qui fait pourpre et de l'écaillé de fer, et broyer et laver comme dessus.

Pour faire noir pour tirer sur argent.

Cinq fois d'écaillé de fer et une fois de noir de Venise , le broyer et laver.

Po«f du raugt polir travailler wr Ui émmcr.

Il faut prendre du couperose vert qui soit tout en grandes pièces, et le plus clair et le plus vert. Il faut prendre un creuset qui soit comme ceux-là des orfèvres qui fondent 1* argent, et mettre du couperose dedans la moitié dti creuset , et tu prendras de l'eau fo^te , et en jetteras dans ton creuset afin qu'il soit mouillé le couperose. Plus mettrais ton creuset sur le feu, et tu verras que l'eau forte commencera à faire bouillir ton rouge , et, avec un bâton » tu le démêleras jusqu'à ce qu'il ne bouillira plus. Après tu y feras un peu plus de feu , et couvriras ton creuset de quelque morceau de tuile qui soit bien net, et le laisseras dans le feu pendant deux Pater, puis le laisseras froidir, et puis ta cboisiras le plus rouge, et le mettras dansune écoelle de faïence, et mettras deFeau dessus ton rouge^ et le laveras comme de Témail, jusqu'à ce que tu prendras , avec ton bout de doigt, sur la langue voir si cela pique. Il le faut laver jusqu'à ce que tu ne sentiras que de l'eau; puis il le faut faire sécher, et le mettre sur le marbre, et tn le remettras dans le four pour lui donner bonne couleur, et tu mettras de rocaille bien pilée et passée au travers d'un tamis bien fin ; et il te faut mettre deux fois de rocaille comme de rouge, et puis le bien broyer fin et bien proprement, et prendre garde que rien ne tombe dedans ; quand tu l'auras broyé avec de Thuile d'aspic, tu le retireras , et le mettras sur des cartes qu'on gomme, et les plieras afin qu'il ne tombe pas. L'huile s'en ira, et ton rouge demeurera tout sec^

Page 1