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Émaux Bressans

Dès qu'arrive le dimanche, Marion, qui veut danser, Commence à se trémousser, En passant su cotte blanche,

Et sur ses tétins naissants, Ses tétins couleur d'aurore, Avec orgueil, elle arbore Une croix d'émaux Bressans.

Certes ce n'est pas grand'chose, Ce gage d'un simple amour; Un peu d'or, et, tout autour, Du bleu, du vert et du rose.

ly accord, messieurs, mais au cou De la gentille feiinière, Rie7i ne rit à la lumière Comme cet humble bijou.

La matière en est commune, Mais quel charme sans pareil !

Il a l'éclat du soleil, La douceur du clair de lune.

Et quand Jacques tendrement. Fait de l'œil à la mignonne.

On dirait quelle rayonne Comme le saint sacrement !

Vrais joyaux dit petit monde, Imaginés tout exprès.

Pour qu'on jouisse à peu de frais Les mettre aux mains de sa blonde,

Les fins émaux que voici Sont de la même famille.

C'est coquet et cela brille.

D'aucuns les aiment ainsi.

Ils viennent de la campagne.

Comme l'air, le vent, les eaux.

Comme le chant des oiseaux Qu'un bruit de source accompagne.

EMAUX BRESSAXS.

Je les ai faits saiis savoir, Loin des mailres, loin des foules, Bans la cour, auprès des poules, Près des bœufs à l'abreuvoir.

Je les ai faits sur la route, Au cabaret. Dieu sait où.

En écoutant le coucou Ou bien en buvant la goutte.

Ce joli noir, je l'ai pris.

Au bois, à l'aile des merles, Tai trouvé ces blanches perles Bans l'herbe des prés fleuris.

Le vert de ces émeraudes

Est celui de mon verger.

Ces opales font songer

Au lait qui court dans les gaudes.

Et ce rubis, que de feu !

C'est au couchant quil resaemblr; Dans cette turquoise tremble Un coin de notre ciel bleu. '

Bonnes gens de mon village, Bergers et fermiers Bressans, Beau gars aux yeux caressants, Amoureuse au cœur volage,

Chez vous on est indulgent, feu de chose vous contente; Aussi j'ai dressé ma tente Près de vos ruisseaux d'argent.

Voici que l' angélus sonne ; Entrez, parlez au marchand.

Il ne semble pas méchant Et ne trompera personne.

Cest l'instant, entrez, entrez.

Choisissez dans la boutique.

Près d'une agrafe rustique Voici des anneaux dorés.

Void des pendants d'oreilles, Force croix et bracelets, Des grains pour les chapelets.

Que sais-je ? Un tas de merveilles /

Aîeide au grave maintien, .Te crois avoir votre affaire.

Ne puis-je te satisfaire, Belle enfant qui ne dis rien ?

Cette bague ira sans doute A ton petit doigt mignon.

Fort bien. — Et toi, compagnon, Bayant à la lune, écoute.

Chaque matin tu t'en vas.

Soupirant à fendre l'âme, Et rien n'égale ta flamme Mais cela ne suffit pas.

Veux-tu raiiy ta maîtresse, La rendre folle à lier ?

Vite achète ce collier A l'homme de Bourg en Bresse.

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