A RAOUL GINESTE
Je viens de voir quelque chose
D'absolument foliclion.
C'est un amour de cochon Blanc et rose.
A coup sûr rien d'amusant Comme sa queue en trompette.
Que son air, un peu pompette, Est plaisant !
Et pourtant que d'innocence Jusque dans son embonpoint !
Comme il sait garder à point La décence!
A le voir trotter menu, Son petit nez contre terre, On devine un caractère Ingénu.
Évidemment l'existence Lui sourit. Sans plus rêver, Il lui suffit de trouver Sa pitance.
Ce n'est point un Byronien.
Il traiterait d'imbéciles Ceux qui font les difficiles Pour un rien,
102 KETIT COCHON.
Et, content pourvu qu'on mange, En brave et digne garçon, Il barbote sans façon Dans la fange.
D'un conservateur parfait Reconnaissons-lui l'étoffe.
Quel bon petit philosoplie Il eût fait!
Honneur donc à sa maîtresse, Dame Ursule au teint fleuri, Si fière du favori
Qu'elle encrraisse!
Et toi, goret si charmant, Compère empli de malice, Que ton cher^bedon"mollisse Doucement.
Amuse les bonnes âmes Avec tes airs décidés, Et sois le Benjamin des Grosses dames.
Bonsoir; j'ai hâte d'aller Voir aux bois, à tire d'ailes, Les dernières hirondelles S'envoler.