‹ Émaux BressansChapitre 31 sur 61 · JOLI BATON · texte numérisé non relu

JOLI BATON

Suis-je triste? J'ai l'air d'une oie; Suis-je en gaîté? Quel franc vaurien !

Quand je parle, elle me rudoie; C'est bien pis quand je ne dis rien.

Mets-je la main à son corsage,

« V'ii ! Vlan! fait-elle, à bas, à bas! »

Et si je reste au lit bien sage.

Je l'entends grommeler tout bas.

On dirait qu'elle a dans sa tête Juré de me faire enrager; Je ne vis plus, j'en deviens bête.

J'en perds le boire et le manger.

Un moyen de sortir d'affaire, C'est de s'aller pendre au grenier.

Mais non, diantre ! j'ai mieux à faire; Beau rieur qui rit le dernier.

JOLI BATOX. J21

Demain, à la foret prochaine, Sans qu'on s'en doute, j'abattrai La maîtresse branche d'un chêne, Et gaîment je l'écorcerai.

Elle sera droite et polie.

Noueuse pourtant quelque peu, Et je n'entends pas qu'elle plie; Le reste à la grâce de Dieu.

Sois tranquille, ô ma bonne gaule, Je connais de bien jolis bras.

Je connais une blanche épaule Qu'un matin tu caresseras.

Puisqu'à te voir, la plus rebelle Devient douce comme un mouton, Pour mettre à la raison ma belle, Tourne, tourne, gentil bâton !

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