‹ Émaux BressansChapitre 37 sur 61 · APRÈS I,' HIVER · texte numérisé non relu

APRÈS I,' HIVER

Avril est gentil compagnon, Buveur solide, point grognon Et grand enjôleur de fillettes.

Rien que pour l'avoir vu passer, Les vieux sentent se trémousser Leurs pauvres jambes maigrelettes.

Un brin de genêt au chapeau.

Il va de l'auberge au château Par le joli pré qui verdoie.

Le teint fleuri, l'œil allumé.

Toujours jeune, toujours aimé, Sa devise est : Voici la joie !

Donc bonsoir. Hiver déconfit !

C'est égal : sous l'âtre il s'est dit

A ta barbe bien des sornettes.

Quand nous aimions à qui mieux mieux,

Ma Jeanne et moi, dis, pauvre vieux.

Sentais-tu rien sous tes lunettes ?

APRES L HIVEK.

(Jue (le t'ois elle m'a baisé !

Tu branlais ton long chef usé

Comme un saint de bois dans sa chape.

Au dehors la bise cognait

A la porte, et l'âtre geignait ;

Nous, notre amour riait sous cape.

Tu ressemblais aux vieux époux Qui se regardent en dessous, Ruminant en eux leur jeunesse.

Bonsoir, Hiver ; à l'an prochain !

Toi, Jeanne, ta main dans ma main, Et Dieu nous garde de tristesse !

Vois : l'aube joyeuse a doré Ta tète blonde. Sur le pré Qu'on mène rondes et quadrilles.

Puisque l'Avril est de retour, Faisons-lui fête. Ohé ! Tamour, Ohé! le vin, ohé! les fdles!

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