‹ Émaux BressansChapitre 40 sur 61 · A PAUL BOURDE · texte numérisé non relu

A PAUL BOURDE

Je sais bien qu'on me reproche De n'être qu'un paresseux.

Hélas ! oui, je suis de ceux Qui toujours manquent le coche.

D'aucun marchand d'orviétan Je ne suis le domestique ; Devant aucune boutique Je ne fais le charlatan.

Je n'ai pas l'âme dévote, Je méprise les coquins ; Mes mollets sont trop mesquins Pour que je porte culotte.

Avec ça que devenir, Sinon flâneur ou poète?

Travailler? — Non, pas si bête ; C'est si lointain, l'avenir!

Comme on voit à la dérive S'en aller un batelet Sans souci du temps qu'il fait, Je reste, quoi qu'il arrive.

Heureux en mon petit coin.

Près de l'âtre ou sous la treille.

D'aucuns m'ont dit à l'oreille Que je serais allé loin,

PARESSli. 167

Si j'avais eu la finesse

De me lever plus matin.

Bah! qui sait? — Jusqu'à Pantin,

Peut-être jusqu'à Gonesse....

Trimer, suer sang et eau.

Ne plus aimer, ne plus boire.

Tout ça pour avoir la gloire D'être dans le Vapereau ?

Non, non, merci. Je préfère User d'abord mes vingt ans, Et le surplus de mon temps Je l'emploie à ne rien faire.

SOiNNETS D'HIVER

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