A N . QUELLI EN
Ce matin, j'entre allumer Ma bouffarde à la cuisine. — Bonjour, petite Claudine, Voulez-vous m'aimer?
C'est de vous qu'aux bords de Veyle On me voit toujours rêvant ; Et, comme un moulin à vent.
Tourne ma cenelle.
PETITE CLAUDINE. 22J
Hardi donc! Quand serez-\'ous, Bergeronnette légère, Ma petite ménagère,
Et mon fin cœur doux ? —
Mais sans même prendre garde A mon propos engageant.
Dans la théière d'argent Elle se regarde.
— Bonne âme, je vous le dis.
Ne vous mettez pas en peine :
Ce sera pour la semaine Des quatre jeudis !
Nous aurons un beau carrosse Tout en satin rose et bleu.
Le joli mari, mon Dieu, Et la belle noce !
PETITE CLAUDINE
Et de sa plus douce voix :
— Je suis la fleur d'amourette Qui se cache, turlurette, Au profond des bois ;
Je suis la mésange folle, Et l'alouette est ma sœur; Dès qu'apparaît le chasseur Vite je m'envole. —
J'entends au fond du jardin Le rossignolet qui chante ; Mais le cœur de la méchante Est plein de dédain.
Doux Jésus ! quelle colère !
Sa rose n'est pas pour moi ; Un mieux avisé, ma foi, Aura su lui plaire.
PETITE CLAUDINE. 223
Sous son front ébouriffé, Sa joue est comme une pomme ; Et ses doux yeux luisent comme Deux arains de café.
EN RÈ\E