A JEAN AICARD
Quel paradis que mon village !
Nos filles ont. le cœur volage Et nos gars ne sont pas méchants.
On peut faire un brin de causette,
Rose, Rosette,
A travers champs.
On vendange avec sa mignonne, L'un auprès de l'autre on moissonne, De concert on abat les noix ; Puis on \a cueillir la noisette,
Rose, Rosette,
Au fond des bois.
KOSE, ROSETTE. 227
Alors sous la feuillée humide Plus d'un couple heureux et timide S'enfonce à la grâce de Dieu, Et parfois une chemisette,
Rose, Rosette,
S'entr'ouvre un peu.
Heureux temps ! Le ramier roucoule, Le ruisseau d'argent coule, coule; La belle dit : « 0 mon galant ! »
Et le galant répond : « Mazette !
Rose, Rosette,
Le tétin blanc ! »
Mais l'heure fuit. Le vent de Bresse Emporte un jour notre tendresse Avec le bonheur qu'on rêva.
Adieu, tambourin et musette.
Rose, Rosette,
L'amour s'en va I
228 ROSE, BOSETTE.
Que c'était donc chose légère, Ce cœur joli, ce cœur, bergère, Dont si gaîment tu faisais don !
Vois : ce n'est plus qu'une amusette,
Rose, Rosette,
A l'abandon !