‹ Émaux BressansChapitre 51 sur 61 · A JOSÉPHIN SOULARY · texte numérisé non relu

A JOSÉPHIN SOULARY

En m'en revenant de vers chez mon père, Vole au soleil d'or, vole, ma chanson, En m'en revenant, derrière un buisson Je vois Marion qui se désespère.

Elle regardait, le joli tableau !

Dans le vert Suran trembler son image.

« Galant, me dit-elle, oh ! que c'est dommage !

La clef de mon cœur est tombée à l'eau,

230 AU BORD DE i/eAU.

La clef de mon cœur est dans la rivière. Elle flotte, flotte avec le courant!

Où la retrouver? Le monde est si grand I » — Et je lui réponds de la chènevière :

« Donne-moi la main et sèche tes pleurs, Je suis compagnon de la marjolaine !

La clef de ton cœur, nous l'aurons sans peine: Le rosier d'amour est encore ea fleurs.

Allons, si tu veux, jusqu'au bout du monde, Mais ne partons pas sans nous embrasser ; Allons en chantant ; nous verrons danser Les vaisseaux du roi sur la mer profonde. »

— « Eh bien, qu'il soit fait comme tu voudras. Partons, il est temps, le soleil se couche. »

— Et contre ma bouche elle met sa bouche. Et sur mon épaule elle met ses bras;

AU BORD DE i/eAU. 231

Adieu donc chez nous, adieu donc la Bresse, Adieu, bois en fleurs et petits étangs ! Je ne reviendrai que dans cinquante ans, Je m'en vais en euerreavec ma maîtresse!

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