‹ Emaux bressansChapitre 5 sur 59 · LES YEUX DE NANON · texte numérisé non relu

LES YEUX DE NANON

Ah ! bien mal avisé qui ne voudrait leur plaire ! Ils font à la maison la pluie et le beau temps. Ce sont des yeux rieurs, des yeux de dix-huit ans Qui ne savent comment on se met en colère.

Ils sont francs comme l'or, les yeux de ma Nanon, Francs comme l'or vaillant, et pleins de modestie. S'amuse-t-on, bien vite ils sont de la partie. Parle-t-on mariage, ils ne disent pas non.

— Etjustement voici la belle qui chemine Vers le moulin gentil, par le bas de l'étang. Et moi, qui l'aperçois, j'ai le cœur bien content, Rien qu'à voir de si loin comme elle a bonne mine.

O Nanon, mon trésor, me voici tout joyeux, Me voici devant toi pour être ton esclave! Puisque dans la paroisse il n'est rien de si brave, Souffre, mon cœur joli, que j'embrasse tes yeux.

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