CIMETIÈRE DE CAMPAGNE I
Craintifs comme deux colombes Prêtes à s'effaroucher, Je crois les voir s'approcher De nos pauvres tombes.
Ils se tiendront par la main, Regardant tout sans mot dire, Mais je veux qu'un bon sourire Leur vienne en chemin.
« Cher poète sans malice, Diront-ils en se signant, C'est là qu'il dort maintenant; Que Dieu le bénisse!
Jamais il n'a fait affront A qui l'invitait à boire. »
Et pour fêter ma mémoire, Ils s'embrasseront!