‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 31 sur 51 · LA MONTRE S · texte numérisé non relu

LA MONTRE S

Deux fois je regarde ma montre, S

Et deux fois à mes yeux distraits .1

L'aiguille au même endroit se montre; B

Il est une heure... une heure après. ^

La figure de la pendule j;^

Eu rit dans le salon voisin, e

Et le timbre d'arjjeut module -

Deux coups vibrant coirnne un tocsin.

Le cadi*an solaire me raille Eu in*iudiquant, de son long doigt»

Le chemin que sur la muraille A fait son ombre qui s'accroît.

Le clocher avec ironie

Dit le vrai chiQre et le beffroi.

Reprenant la note finie,

A l'air de se moquer de moi.

Tiens! la petite béte est morte.

Je n'ai pas mis hier encor, Tant ma rêverie était forte, Au trou de rubis la clef d'or!

Et je ne vois plus, dans sa boite, Le fin ressort du balancier Aller, venir, à gauche, à droite.

Ainsi qu'un ^ ap.Uon d'ader.

C'est bien de moi! Quand je chevauche L'HippogrifTe, au pays du Bleu, Mon corps sans âme se débauche, Et s'en va comme il plaît à Dieu!

L'éternité poursuit son cercle Autour de ce cadran muet.

Et le temps, l'oreille au couvercle.

Cherche ce cœur qui remuait ;

Ce cœur que l'enfant croit en vie.

Et dont chaque pulsation Dans notre poitrine est suivie D'une égale vibration,

U ne bat plus, mais son grand frère Toujours palpite à mon côté.

— Celui que rien ne peut distraire, Quand je dormais, l'a i^monté !

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