‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 44 sur 51 · LA NUE · texte numérisé non relu

LA NUE

A rhorizon monte une nue.

Sculptant sa forme dans Tazur :

On dirait une vierge nue Émergeant d*un lac au flot pur.

Debout dans sa .conque nacrée.

Elle Yogue sur 1^ bleu clair.

Comme une Aphrodite élhéi'ée.

Faite de l'écume de l'air.;

-oïOOo

On voit oudcr en molles poses Son torse au contour incertain»

Et Vaurore répand des roses Sur son épaule de satin.

Ses blancheursMe maribre et de neige Se fondent amoui-eusement Comme, au clair-obscur du Gorrége»

Le corps d'Antiope dormant.

Elle plane dans la lumière Plus haut que TAlpe ou TApennin; Reflet de la beauté première, Sœur de c Tétemel fémim'n. » ^

A son corps, en vain retenue.

Sur l'aile -de la passion.

Mon âme vole à cette nue Et Tembrasse .comme Ixion.

La raison dit : « Vagiie fumée.

Où Ton croit voir ce qu'on rêva, Ombre au gré du vent déformée.

Bulle qui crève et qui s*en va! »

Le sentiment répond.: « Qu'importe!

Qu'est-ce après tout que la beauté.

Spectre charmant qu'un soufDe emporte Et qui n'est rien, ayant été!

« A l'Idéal ouvre ton àme; Mets dans ton cœur beaucoup de ciel, Aime une nue, aime une femme.

Mais aime ! — C'est l'essentiel ! »

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