‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 45 sur 51 · LE MERLE · texte numérisé non relu

LE MERLE

Uii oiseau sifQe daus les branches Et sautille gai, plein d*espoii*, Sur les herbes, de givre blanches, En boites jaunes, en frac noir.

C'est un merle, chanteur crédule^ Ignorant du calendrier, Qui rêve soleil, et module ^ L*h]inne d'aMÎl en février*

Pourtant il yeute, il pleut à yerse ; L'Arve jaunit le Bhône bleu, Et le salon, tendu de perse, Tient tous ses hôtes pi-ès du feu.

Les monts sur l'épaule ont Thermine, Comme des magistrats siégeant; Leur-blanc tribunal examine Un cas d'hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu'il essuie, L'oiseau persiste en sa chanson.

Malgré neige, brouillard et pluie»

U croit à la jeune saison.

n gronde l'aube paresseuse De rester au lit si longtemps Et, gourmandaut la jQeur frileuse^ Met en demeure le printemps. . .

n Yoit le jour derrière l'ombre ; Tel un croyant, dans le saint lieu, L'autel désert, sous la nef sombre, Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie.

Car son instinct pressent la loi.

Qui rit de ta philosophie,

Beau merle, est moins sage que toi !

IK

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