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Je défends à toute guitare De bourdonner aux alentours.
Ta rue est à moi : — je la bavre Pour V chanter seul mes amours.
EL je coupe les deux oreilles Au premier racleur de jambon Qui devant la chambre où tu veilles Braille un couplet mauvais ou bon.
Dans sa gaîne mon couteau bouge; Allons, qui veut de l'incarnat?
A son jabot qui veut du rouge Pour faire un bouton de grenat?
Le sang dans les A'eines s'ennuie, Car il est fait pour se montrer; Le temps est noir, gare la pluie !
Poltrons, hâtez-vous de rentrer.
Sortez, vaillants! sortez, bj'a vaches ! L'avant-bras couvert du manteau, Que sur vos faces de gavaches J'écrive des croix au couteau!
Qu'ils s'avancent! seuls ou ])ar bande, De pied ferme je les attends.
A ta gloire il faut que je fendu Les naseaux de ces capitans.
Au ruisseau qui gène ta marche Et pourrait salir les pieds blancs.
Corps du Christ! je veux faire une arche Avec les côtes des galants.
Pour te prouver combien je t'aime.
Dis, je tuerai qui tu voudras :
J'attaquerai Satan lui-même.
Si pour linceul j'ai tes deux draps.
Porte sourde I — Fenêtre aveugle !
Tu dois pourtant ouïr ma voix; Gomme un taureau blessé je heugle.
Des chiens excitant les abois!
Au moins plante un clou dans ta porte Un clou pour accrocher mon cœur.
A quoi sert que je le remporte Fou de rage, mort de langueur?
r cette place je m'ennuie, Obélisque dépareillé;
ige, givre, bruine et pluie acent mon flanc déjà rouillé;
El ma vieille aiguille, rougie 4.JX fournaises d'un ciel de l'eu IVt nd des pâleurs de nostalgie Dans cel air qui n'est jamais bleu
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Devant les colosses moroses
Et les pylônes de Luxor,
Près de mon frère aux teintes roses
Que ûfî suis-je debout eneor.
Plongeant dans Tazur immuable Mon pyramydion vermeil.
Et de mon ombre, sur le sable, Écrivant les pas du soleil!
Rhamsès, un jour mon bloc superbe.
Où l'éternité s'ébréchait, Roula fauché comme un brin d'herbe, E( Paris s'en fit un hochet.
La sentinelle granitique.
Gardienne des énormités.
Se dresse entre un faux temple antique
Et la chambre des députés
Sur l'échafaud de Louis Seize, Monolithe au sens aboli.
On a mis mon secret, qui pèse Le poids de cinq mille ans d'oubli.
Les moineaux francs souillent ma tète.
■ \X^=Ji^ i^ ■ Û ^'^ s'abattaient dans leur essor / v"^'^L,'ibis rose et le gypaète
Au blanc plumage, aux serres d'or.
La Seine, noir egoul des rues, Fleuve immonde fait de ruisseaux.
Salit mon pied, que dans ses crues Baisait le Nil, père des eaux,
jLe Nil, géant à barbe blanche ICoiffé de lotus et de joncs, iVersant de son urne qui penche pes crocodiles pour goujons!
A,^*-iK.
Les chars d'or étoiles de nacre
Des grands pharaons d'autrefois
Rasaient mon bloc heurté du fiacre W^^i^
Emportant le dernier des rois. ^^^ -^oJx^ 4^,.,.^^
Jadis, devant ma pierre antique.
Le pschentau front, les prêtres saints M<fy^<B)^ ;Sj-c<.<?C-, Promenaient la bari mystique i6-ua<«^a^- j Q j ~
Aux emblèmes dorés et peints; f^ <?<--'-<.
Mais aujourd'hui, pilier profane Entre deux fontaines campé, Je vois passer la courtisane Se renversant dans son coupé.
Je vois, de janvier à décembre, La procession des bourgeois.
Les Solons qui vont à la chambre, Et les Arthurs qui vont au bois.
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Oh! dans cent ans quels laids squelettes Fera ce peuple impie et fou, ^»«-c-c7-n'^>' Qui se couche sans bandelettes Dans des cercueils que ferme un clou.
Et n'a pas même d'hypogées 'A l'abri des corruptions, Dortoirs où, par siècles rangées.
Plongent les générations !
Sol sacré des hiéroglyphes
Et des secrets sacerdotaux.
Où les sphynx s'aiguisent les griffes
Sur les angles des piédestaux,
Où sous le pied sonne la crypte, Où l'épervier couve son nid, Je te pleure, ô ma vieille Egypte, Avec des larmes de granit!
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L'OIiÉLISQUE DE LUXOR
Je veille, unique sentinelle De ce grand palais dévasté, Dans la solitude éternelle, F>n face de l'inimensité.
A l'horizon que lien ne borne, Stérile, muet, infini.
Le désert sous le soleil morne.
Déroule son linceul jauni.
\u-dessus de la terre nue.
Le ciel, autre déscj't d'azur, Où jamais ne flotte une nue, S^ale implac-aljlenient pur.
ÎLe Nil, dont l'eau morte s'étame
;D'une pellicule de plomb, Luit, ridé par l'hippopotame, Sous un jour mat tombant d'aplomb;
Et les crocodiles rapaces, Sur le sable en feu des îlots, Demi-cuits dans leurs caparaces, Se pâment avec des sanglots.
Immobile sur son pied §rêle.
L'ibis, le bec dans son jabot, DéchitTre au bout de quelque stèle Le cartouche sacré de Thot.
L'hjène rit, le cjiacal miaule.
Et, traçant des cercles dans l'air, L'épervier afTamé piaule.
Noire virgule du ciel clair.
Mais ces bruits de la solitude Sont couverts par le bàijlemenl Des sphinx, lassés de l'attitude Qu'ils i^ardeiit inuiuiablenienL
Produit des blancs reflets du sable Et du soleil toujours brillant, Nul ennui ne t'est comparable, Spleen lumineux de l'Orient'
ijC'est toi qui faisais crier : Grâce ! 'f,A la satiété des rois i^Tombant vaincus sur leur terrasse, Et tu m'écrases de ton poids.
Ici jamais le vent n'essuie Une larme à l'œil sec des cieux, Et le temps fatigué s'appuie Sur les palais silencieux.
Pas un accident ne dérange
La face de l'éternité ;
L'Egypte, en ce monde où tout change,
Trône sur l'immobilité.
Pour compagnons et pour amies.
Quand l'ennui me prend par acçès.
J'ai les fellahs et les momies Contemporaines de Rliamsès ;
Je regarde un pilier qui penche.
Un vieux colosse sans profU Et les canges à voile blanche Montant ou descendant le Nil.
Que je voudrais comme mon frère, Dans ce grand Paris transporté, Auprès de lui, pour me distraire.
Sur une place être pin nié!
Là-bas, il voit à ses sculptures S'arrêter un peuple vivant, Hiératiques écritures, Que ridée épelle eu rêvant.
Les fontaines juxtaposées Sur la poudre de son granit Jettent leurs brumes irisées.
Il est vermeil, il rajeunit !
Des veines roses de Syéne Gomme moi cependant il sort.
Mais je reste à ma place ancienne; il est vivant et je suis morti
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