ODELETTE ANACRÉONTIQUE
Pour que jo t'aime, ô mon poète, "Ne fais pas fuir par trop d'ardeur Mon amour, colombe inquiète, Au ciel rose de la pudeur.
L'oiseau qui marche dans l'allée S'effraye et part au moindre bruit; Ma passion est chose ailée Et s'envole quand on la suit.
Muet comme l'Hermès de marbre, Sous la chariuUle pose-toi ; Tu verras bientôt de son arbre L'oiseau descendre sans effroi
Tes tempes sentiront prés d'elles.
Avec des souffles de l'ralcheur.
Une palpitation d'ailes Dans un tourbillon de blancheur.
Et la colombe ajipjci-voisée Sur ton épaule s'abattra, E( 'ion bec à pointe rosée De ton baiser s'enivrera.
FUIVIEE
Li'i-bas, sous les arbres s'abrite Une chaumière au dos bossu ; Lc tûit penche, le mur s'effril<^, Le seuil de la porte est moussu.
La fenêtre, un volet la bouche.
Mais du taudis, comme au temps l'roid La tiède haleine d'une bouche, La respiration se voit.
Lin lire-bouchon de fumée, Tournant son mince filet bleu.
De l'âme en ce bouge enfermée l'orte des nouvelles à Dieu.
J'aime ton nom d'ApolIonie, Iv'ho grec du sacré \nllon.
Qui, dans sa robuste harmonie. Te baptise sœur d'Apollon.
Sur la lyre au plectre d'ivoire.
Ce nom splendide et souvei'ain, Roau oninme l'amour et la gloire i*rend des résonnances d'airain
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Classique, il fait plonyer les Elfes Au fond de leur lac allemand, Et seule la Pythie à Delphes Pourrait le porter dignement,
Quand relevant sa robe antique Elle s'assoit au trépied d'or.
Et dans sa pose fatidique Attend le dieu qui tarde encur.
17] il
Un aveugle au coin d'une home, Ila^ai'tl comme au jour un hihoii Sur son (Inseolef, tl""'i fi'"' niorm', 'ITilunnc cil se trompant de trou,
\]t joue un nnrien vnndeviUe Oii'il fanrise iniperlurl)alilenient ; Son cliien le conduit par la ville, SiH'cIre diurne à Toeil donnant.
Les jours snr lui passent sans luire; Sombre, il entend le monde obscur Et la vie invisible bruire Gomme un torrent derrière un mur
Die I sait «luelles cliiujères noires Hantent cet opaque cerveau t El quels illisibles grimoires L'idée écrit en ce caveau!
Ainsi dans les puits de Venise, Un prisonnier à demi fou.
Pendant sa nuit qui s'éternise, Grave des mots avec un clou.
Mais peut-être aux heures funèbres, Quand la mort souffle le flambeau, L'àme habituée aux ténèbres Y verra clair dans le tombeau !
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