‹ Émaux et camées. Éd. ornée de cent dix aquarellesChapitre 29 sur 41 · HIRONDELLES · texte numérisé non relu

HIRONDELLES

CHANSON d'automne

Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis; Soir cl malin, la brise est fraîche, Hélas 1 les beaux jours sont finis I

On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor • Le dahlia met sa cocarde VA le souci sa toque d'or.

La pluie au bassin fait des bulles, Les hirondelles sur le toit Tiennent des caatiiliabuleâ :

Voici l'hiver, voici le froid !

Elles s'assemblent par centaines.

Se concertant pour le départ.

L'une dit : « Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart f

« Tous les ans j'y vais et je niche Aux m(Mopes du Parthénon.

Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. »

L'autre : « J'ai ma petite chambre

A Smyrue, au plafond d'un café.

Les H^^s comptent leurs grains d"ambre

Sur le seuil, d'un rayon chauffé.

« J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des cJilbQUçhs Et parmi des flots de fumée, Je rase turbans et taxhuuchs. »

Celle-ci : « J'Iiabite un triglyphc Au fronton d'un temple, à Balbeck.

Je m'y suspens avec ma griffe Sur mes petits au large bec. »

Celle-là : « Voici mon adresse :

Rhodes, palais des chevaliers;

Chaque hiver, ma tente s'y dresse

Au tliapjtcau des noirs piliers. » eo-KÀJc4/s

La cinquième : « Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux hlanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu.

La sixième : « Qu'on est à l'aise

Au Caire, en haut des minarets !

J'empâte un ornement de glajse, .^— Jr>-i JQjU^.

Et mes quartiers d'hiver sont prêts. » "^

« A la seconde cataracte,

Fait la dernière, j'ai mon nid;

J'en ai noté la place exacte,

Dans le ^scliÊiit d'un roi de granit. »

Toutes : « Deîuain combien de lieues Auront fdé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mer bleues Brodant d'écume leur bassin ! »

Avec cris et battements d'ailes.

Sur la nioulurtj aux bords étroits.

Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois.

xA^'kA^-M

Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poêle est un oiseau ; Mais, captif, ses (llans se brisent Contre un invisible réseau i

Des ailes! des ailes! des ailes!

Connue dans le chant de Ruckert.

Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert!

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