LA MANSARDE
iir les tuiles où se hasarde e chat guettant l'oiseau qui boit.
De mon balcon une mansarde ntre deux Inyauv s'aperçoit.
'our la parer d'un faux bien-être, i je mentais comme un auteur,
e pourrais faire à sa fenêtre a cadre de pois de senteur.
Et vous y montrer Rigolette
iant à son petit miroir, Dont leYain rayé ne reflète Que la nïmtié de son œil noii';
Ou, la robe cncor sans agral'e, Gorge el cheveux au vent, Margot Arrosant avec sa carafe Son jardin planté dans un pot;
Ou bien quelque jeune poète Qui scande ses vers sibyllins, En contemplant la silhouette De Montmartre et de ses moulins.
Par malheur, ma mansarde est vraie , Il n'y grimpe aucun lijeron.
Et la vitre y fait voir sa taie, Sous l'ais verdi d'un vieux chevron.
Pour la grisetto et pour l'artiste, Pour le veuf et pour le gart-on, Une mansarde est toujours triste :
Le grenier n'est beau qu'eu chanson.
Jadis, sous le comlile dont l'angle Penchait les fronis pour le baiser.
L'amour, content d'un lit de sangle.
Avec Suzon venait causer.
Mais pour ouiiler notre joie, Il faut des murs capitonnés.
Des flots de denlelTe et de soie.
Des lits par Monl)ro festonnés.
«Un soir, n'étant pas reveniiej iMargul s'attarde au mont Breda, I Et Rigolette enir-elcnua
) N'aiTose plus son réséda.
Voilà longtemps que le poète Las de prendre la rime au vol.
S'est fait reporter de gazette, Quittant le ciel pour lentresol.
Et l'on ne voit contre la vitre Qu'une vielle au maigre prolil, Devant Minet, qu'elle ciiapltri!.
Tirant sans cesse un bout de Ul.
A riiorizon monte une nue, Sculptant sa forme dans l'azur :
On (lirait une vierge nue Émergeant d'un lac au Ilot pur.
Debout dans sa conque nacrée, Elle vogue sur le bleu clair.
Gomme une Aplirnditc éthérée, Faite de l'écume de l'air;
Ou voit ondcr en molles pose:' Son Lûrs£ .:.ii contour ineeil.iiii.
EL rauroi(^ ri'pnuil des rosos Sur son épaule de satin.
Ses blanelieui's di' iiiaiiire cl. de uei^ Se fondent nmourcnsciiicnl Gomme, au chiii-oliscur du Con-cge, Le corps d'Anlinpe dormanl.
Ole plane d;ins la liimièi-e Plus haut (pic rAlpc (III l'Apennin; Rcllcl i\f l.i Ijcniili!' pi'cinici-c.
Sœur de « r(Mei-nel l'éiiiiniu ».
A s(in cdips. cil vain retenue, Sur l'aile de la passion, Mon àme vole à cette nue l'^t l'embrasse comme Ixion.
La raison dit : " Vas'ui> rnmée.
Où l'on croit voir ce fpi'ou r("'va, Ombre au gré du vent délormcc, Bulle fpii crève et qui s'en va! »
Le sentiment répond : « Qirimpurli'I Qu'est-ce après tout cpie la b 'nuti'?
Spectre charmant qu'un souffle empoi Ki (fiii n'est rien, avant éli'-!
t A rifléal ouvre ton âme.
Mets dans ton cœur beaucoup de ciel, Aime une nue, aime une fenune, Mais aime! — C'est l'essentiel 1 »
Un oiseau siffle dans les branchée Et sautille gai, plein d'espoir, Sur les herbes, de givre blanches.
En hottes jaunes, en frac noir.
C'est un merle, chanteur crédule, Ignorant du calendrier, Qui rêve soleil, et module L'hymne d'avril en février.
Pourtant il vente, il pleut à verse ; LlArve jaunit le Rhône bleu.
Et le salon tendu jle perse, Tient tous ses hôtes près du fru.
Les monts sur l'éiiaule ont i lirniime. Gomme des magistrats siégeant ; Leur bl.mc tribunal examine Un cas d'hiver se prolongeant.
r.n=;lranf son aile qu'il essuie, L'oiseau persiste en sa chanson,' Malgré neige,- brouillard el pluie, Il croit à la jeune saison.
Il gronde Taube paresseuse De rosier au lit si longtemps Et, gourinandant la fleur frileuse, Met en demeure le printemps.
Il voit le jour derrière l'ombre ; Tel un croyant, dans le saint lieu, L'autel désert, sous laiiûf sombre, Avec sa foi voit toujours Dieu.
A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi!