‹ Émaux et camées. Éd. ornée de cent dix aquarellesChapitre 37 sur 41 · QUI FAIT · texte numérisé non relu

QUI FAIT

LE PRINTEIYIPS

Les marronniers de la terrasse , Vont bionlùt lleurir, à Saint-Jean, La villa d'où la vue embrasse Tant de monts bleus coilTés d'argent

La feuille, hier encor pliée Dans son étroit corset d'hiver, Met sur la branche dclice Le.i premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite La sève des rameaux trop lents:

La fleur retardataire hésite AJaire. you'.ses Çbixses bjjincs.

Pourtant le pêcher est tout rose.

Gomme un désir de la pudeur.

Et le pommier, que l'aube arrose, S'épanouit dans sa candeur

H^a véronique s'aventure fPrés des boutons d'or dans les prés, Xes caresses de la nature ■'Hâtent les aermes rassurés.

Il me faut retourner encor Au cercle d'enfer où je vis; Marronniers, pressez-vous d'éclore Et d'éblouir mes veux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête Vos fîirandoles sans péril, Un ciel bleu luit sur votre faite Et déjà mai talonne avril.

Pai- [litii' donnez cetle joie Au poète dans ses douleurs.

Qu'avant de s'en aller, il voie Vos feux d'artifice de fleurs.

Grands iiiaii'onniers de la terrasse.

Si fiers de vos splendeurs d'été, Montrez-vous à luoi dans la grâce Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livn'es, Quand octobre, ouvrant son essor.

Vous met des tunicfacs pourprées, Vous pose des couronnes d'or.

Je vous ai vus, blanches ramées.

Pareils aux dessins que le froid Aux vitres d'argent (Clamées Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes, Arbres géants, vieux marronniers Mais j'ignore vos l'raiches gerbes Et vos'aromes prinlaniers.

Adieu, je pars lassé d'attendris Gardez vos bouquets éclatants!

Une autre Heur suave et tendre.

Seule à nies yeux fait le printemps.

Que mai remporle sa corbeille!

Il me suffit de cette lleuis Toujours pour l'âme et pour l'abeille Elle a du miel pm- dans le cœur.

Par le ciel d'oziu- on tie brume Par la ciiaudu nu froide saison, Elle sourit, charme cl parfume, Violellc de la maison !

DERNIER VCEU

Voilà longtemps que je vous aime ■ — L'aveu reuionte à dix-huit ans!

Vous êtes l'ose, je suis blèine.

J'ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de ciiuelière Près de mes tempes ont fleuri ; J'aurai bientôt la toulTo entière l'our ombrager mon Iront lléiri.

Mon soleil pâli qui décline Vu disparaître à l'iiorizon, Et sur la funèbre colline Je vois ma dernière maison.

Oh ! que de votre lèvre il tombe Sur ma lèvre un tardif baiser, Pour que je puisse dans ma tombe, Le cœur tranquille, reposer 1

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