SCENE Vil
BERTHE
Au fuit.
CHATENAY
Je suis riche, je suis noble^, je vous aime.... il ne peut rien répondre à cela.
BERTHE
Certainement.
CHAIENAY.
OÙ est-il ?
BERTHE
Chez le notaire pour le contrat.
CHATENAY
J'y cours, je lui fais ma demande et...
BERTHE
Mais, monsieur...
CHATENAY
Je vais r'ouvrir la fenêtre !
BERTHE, vivement.
Partez! parlez...
ENSEMBLE
CHATENAY
Air : Quadrille de Bayard. (Pantalon).
Oui, dès aujourd'hui je v(ni\ votre main El ne prétends pas allendre à demain, Je suis, j'en suis sûr l'époux qu'il vous faut. Vous me reverrez bientôt.
BERTHE
Quoi! déjà vraiment vous voulez ma main Et sans vouloir même attendre à demain. Vous êtes, je crois, l'époux qu'il me faut.
Mais aujourd'hui c'est bientôt.
(Chatenay sort vivement par te fond à droite). SCÈNE VII.
BERTHE, p«J5 FOLLEVILLE.
BERTHE , seule.
Ah! je suis encore tout étourdie!... eh bien 1 donnez donc des soufflets aux messieurs!... il est très-bien le vicomte .. et puis il a une manière d'ai ranger les choses... il est évident que si je ne l'épouse pas, je serai malheureuse... oh! mais trèsmalheureuse!... d'abord nous nous aimons... c'est drôle, comme ça vient vite... ça dépend aussi des personnes... avec Folleville ça n'est pas venu du tout... je vais lui rendre sa parole, sa bague et le prier de uic laisser tranquille... (EUe remonte.) Justement le voici.
±0 EMliKASSONS-N0L8 FOLLEViLLE.
FOLLE VILLE, sortant du cabinet de droite une lettre à lamain.* Allons, le sort en est jeté ! Pauvre Aloïse! il est écrit que je
ne t'épouserai pas.
RKiiTHE , a part.
Du courage. {Haut.) Monsieur le chevalier...
Mademoiselle?
ISERTHE.
Vous m'aimez, je le sais, et je ne vous en veux pas pour ça... de mon côté, j'ai fait ce que j'ai pu... et certainement ce n'est pas ma faute si... maisenlin... (jue vouiez -vous. . . {A part.) C'est très-difficile à dire ces choses-là.
Expliquez- vous... je ne comprends pas...
BKRTHE.
Enfu), monsieur^ (Résolument.) j'en aime un autre.i.
F0LJ,EVILLE, avec joie.
Comment !
BERTHE, vivement.
Un jeune homme très-bien, tjui danse très-mai et à qui j'ai donné des gages. . .
FOLLEVU.LE.
Est- il possible? ah! inadeuioiselle !
BERIHE, de même.
Ainsi, reprenez voire parole, voici votre bague, je n'ai plus rien à Vuus, nous sommes quittes... {Avec impatience.) mais reprenez donc votre bague !
FOLLEMLLE, à part.
Elle n'est pas à moi... {Hum.) en conscience je ne le pais.
BKRTHE. 5e montant.
Comment, monsieur, vous persistez à m'épouser... ah ! c'est trop fort !
Permettez...
BERTHE. S animant.
Après ce que je vous ai dit? vous voulez faire violence à mon cœur, à mes sentiments...
Mais non...
BERTHE
Aie : Tourmentez-vous bien. (P. Henbion). Prenez garde à vous ! {Jbis).
Je serai mccbante 1
• Ber tUe, FoUeville.
SCJ'JNE Mil. ii
Kii \uin, mon époux {ôis).
Patient et doui,
Clin(\iie jour sera
Et se nioiitrcra
D'ijumeur indulgente,
Trahissunl ses vreux ,
Je prétcuds, je veux
Qu'il soit malheureux !
J'entends aussi, pour allumer sa rage.
Prendre à son nez, choisir sous ses yeux, Des amoureux 1... beaucoup d'amoureux I Je ne sais pas ce que c'est, mais, je gage Qu'en m'informant auprès du voisinage Ou me le dit, vraiment, à qui mieux mieux l FOLLEVILLE, pa7^lc.
Mais enfin, mademoiselle...
BERTHE, reprenant l'air.
Prenez garde à vous, etc.
Mais je ne vous aime pas ! je ne vous aime pas!
BERTHE
Comment?... alors reprenez donc votre bague!
FOLLEVILLE. la prenant, à part.
Au fait, je la rendrai à Manicamp. {A Bcrihe.) Ah ! mademoiselle ! vous me comblez de joie... car moi aussi j'en îiirae une autre...
BERTHE
Ah bah!
Et cette lettre, c'était pour rompre. (// la déchire.) Pauvre Aloïse !
BERTHE
Ainsi vous ne m'en vouhz pas...
Au contraire... puisque je ne vous ai jamais aimée,., je vous trouve trop petite.
BERTHE
Par exemple !
C'est votre père, c'est Manicamp... qui à la chasse aux canards... mais du moment (|ue je ne vous épouse plus... vous êtes la plus adorable des femmes ! {IL lui embrasse la main.) Tenez ! tenez ! tenez ! ,
SCEi\E VIII.