‹ Embryogénie des Dendrocles d'eau douceChapitre 20 sur 58 · LL ER · texte numérisé non relu

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ron 6 de plus que d’habitude, et il possédait trois noyaux avec rubans périphériques de chromatine ; deux de ces noyaux étaient, en outre, pourvus d’un et le troisième de deux gros corpuscules de chromatine. Sommes-nous là en présence, d’un cas de fécondation complémentaire ? Une seule chose est certaine : cet œuf avait subi un arrêt de développement ; tout porte à croire qu’il serait resté dans cet état jusqu’au moment où il aurait été avalé par un des jeunes embryons en même temps que les cellules vitellines.

Si nous cherchons maintenant quelle peut ètre la signification des vésicules claires mentionnées plus haut, nous sommes amenés à les considérer comme homoiogues de ces” formations que Sabatier (1) considère comme caractérisant la période de maturation des œufs. L’élimination de semblables globules, prenant naissance dans le voisinage du noyau , paraît être très générale, et , par suite, bien digne d'attirer l’attention des embryologistes. Comme je l’ai déjà exposé dans un autre travail (2), je ne crois pas que l’interprétation du savant professeur de Montpellier puisse être admise actuellement. Peut-être ces éliminations, que Sabatier distingue en précoces et tardives, ne sont-elles que des produits d’excrétion qui s'accumulent dans tous les organismes et doivent être rejetés au dehors tôt ou tard? Peut-être n’ont-elles pas plus d'importance que le liquide éliminé par les vésicules contractiles des Protozoaires ? Ce qui est bien certain , c’est que ces formations se présentent sous les apparences les plus extraordinairement variées, et cela , dans des espèces très voisines les unes des autres.

Sil’on compare ma figure 2 (PI. Il) avec celles d’Ed.

(1) SABATIER. Contributions à l'étude des globules polaires et des éléments de

l'œuf. (Théorie de la sexualité). — (Revue des Sc. nat., septembre 1883 et mars 1884).

(2) P. Hazcez, Pourquoi nous ressemblons à nos parents. — O. Doin. Paris,

février 1886. (Extr. des Mém. de la Soc des Sc. de Lille, 4° série, T. XV, 1886).

PU. Le

VanBeneden (1), qui représentent, chez l’Ascaris, le pronucleus mâle accompagné d’une auréole qui est le corps spermatique, on pourrait être Lenté de croire qu’ils’agit là de formations homologues. Dans ce cas, le pronucléus qui, dans ma figure , est accompagné de trois vésicules claires , serait le pronucléus mâle. Je crois, au contraire, que c’est le pronucléus femelle , car ces vésicules existent déjà dans les œufs (PI. III, Fig. 3) qui n’ont pas encore subi limprégnation.

Quant à ce que deviennent ces vésicules claires, il est certain qu’elles disparaissent. Elles n’existent déjà plus dans la figure 4 (PI. Il); dans la figure 3 de la même planche, elles ont gagné la surface de l’œuf ; au moment où commencent les phénomènes de karyokinèse, on n’en retrouve Jamais trace. Je suppose donc que lorsqu’elles sont arrivées à la périphérie de l’œuf, leur contenu liquide se répand au dehors; ce qui est d'autant plus facile à admettre que l’œuf , à aucune période de son évolution , ne présente Jamais la moindre membrane vitelline.

Pas plus que mes devanciers, je n’ai observé de globules polaires. Hijima croit que ces formations doivent exister, mais qu’elles disparaissent dans la masse des cellules vitellines. Je ne partage pas cette opinion. Dans les nombreuses observations que j’ai faites , je n’en ai jamais trouvé trace. En supposant même que je n’aie pas eu la chance d’assister à leur formation , je suis bien convaincu que leur pré-

.sence n’aurait pas pu m'échapper dans les œufs, soit au stade de la conjugaison des pronucléus, soit au stade de la première segmentation , soit aux stades suivants, grâce aux précautions que j’ai prises pour éviter toute cause d’erreur et que j’ai indiquées dans l’exposé de mes méthodes d’observations. S'il est vrai, comme je l’ai dit ailleurs (2), que

(1) Ep. VAN BENEDEN. Lot. cit. PI. XVIII, fig. 4. — PI. XVIILëS. fig. 3. — PI. XIXker, fig. 7 , etc.

(2) P. HaLzzez, Pourquoi nous ressermblons à nos parents (p. 17, 19 et 20).

CN

les noyaux peuvent être comparés aux nœuds où points homologues des corps cristallisés et le globule polaire à un centre principal de symétrie exerçant une action sur l’arrangement des blastomères , et capable de déterminer les trois groupements symétriques que nous observons chez les animaux, savoir : le groupement radiaire avec globule polaire correspondant à l’un des pôles de la sphère, le groupement bilatéral avec globule polaire correspondant au milieu de l’ellipsoïde, le groupement bilatéral avec globule polaire correspondant à l’un des foyers de l’ellipsoïde ; si cette conception, dis-je, n’est pas dénuée de fondement, l'absence du globule polaire ou centre principal de symétrie doit entrainer l'absence de régularité dans le groupement des blastomères. Or, nous verrons plus loin que c’est précisément ce qui se produit chez les Planaires d’eau douce. A la vérité, le groupement est symétrique et radiaire jusqu au stade huit, probablement par suite d’une action réciproque des noyaux des cellules de segmentation les uns sur les autres , mais au delà de ce stade, cette action n'étant plus suffisante , les blastomères se dissocient.

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