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SEGMENTATION

L'étude de la segmentation n’a pas élé l’objet de recherches approfondies de la part de Metschnikoff ni d’lijima. Quoique mes observations présentent encore bien des lacunes, elles jetteront, je l'espère, quelque lumière sur la question. Tous les détails que je vais donner dans ce chapitre,

et les suivants concernent plus spécialement Dendrocælum lacieum.

Stade 2. — Les blastomères du stade 2, engendrés par un plan de segmentation perpendiculaire au grand axe de l'œuf, sont égaux (PI. II, fig. 14). L’écartement que présentent ces deux sphères l’une par rapport à l’autre, pendant la période de repos, n’excède pas celui qu’on observe communément dans les segmentations des œufs d’autres animaux. L’atmosphère granuleuse que j’ai signalée plus haut (voir pages 39 et 36) autour des œufs fécondés, se retrouye autour des deux premiers blastomères et des suivants. C’est toujours dans les premières 24 heures que se produit cette première segmentation.

Stade 4. — T1se forme le deuxième jour, environ 30 heures après la ponte, quelquefois plus tôt. Les deux pre-, miers blastomères ovoïdes et parallèles se divisent suivant un plan perpendiculaire au premier plan de segmentation, et méridien comme celui-ci. On peut voir, par l’examen des figures 6 et 7 (PI. IT), que les deux premières sphères de seomentation ne se divisent pas en même temps : l’une étant encore à l’état quiescent, tandis que l’autre est déjà à un état de division avancé.

Pendant la période de repos qui suit la formation du stade 4, les blastomères (P1. I, fig. 15) sont très légèrement écartés les uns des autres, disposés en croix, et l’intervalle qui les sépare est rempli par l'atmosphère granuleuse dont J'ai déjà parlé. :

Au moment où va commencer la nouvelle segmentation qui doit engendrer le stade 8, les quatre blastomères prennent une forme ovoïde régulière, et sont disposés de telle sorte qu'ils sont tous les quatre parallèles (PI. IT, fig. 16). Ce fait indique clairement que le troisième plan de segmentation sera perpendiculaire aux deux premiers, et par conséquent équatorial.

Stade 8. — Il est formé par huit blastomères égaux, dont quatre appartenant à un pôle sont alternes avec les quatre du pôle opposé (PL. ITT, fig. 34).

On voit donc que le mode de segmentation est un des plus réguliers qu’on puisse citer ; c’est celui qui caractérise les œufs alécites.

À la suite de ce stade, la diffluence des cellules vitellines radiaires commence à devenir manifeste. Mais la masse syncytiale qui en est le résultat n’est pas encore assez abondante pour former un milieu autour des blastomères, elle s’infiltre seulement entre chacun de ceux-ci, et au stade suivant elle remplira la cavité de segmentation.

Stade 11. — J'ai représenté ce stade dans les figures 17 et 18 (PI. IT). On voit qu’il constitue une blastosphère dont les cellules présentent à la vérité peu de cohérence entre elles, et ne sont vraisemblablement maintenues en place

que par la pression exercée par les as vitellines radiaires.

Stade 16. — Ce stade que j'ai observé 51 heures après la ponte et que j'ai représenté dans la figure 19 (PI. I) d’après une préparation légèrement comprimée, montre encore une disposition générale des cellules qui rappelle la blastosphère. Mais à ce moment la diffluence des cellules vitellines est très active, la masse syncytiale augmente rapidement, et les blastomères, n’étant plus maintenus dans leur position respective par la pression des cellules

vitellines, se séparent pour se répandre dans le syncytium nutritif.

Projection d'un stade 16. Projection d'un stade 17.

Projection d'un stade 18. Projection d'un stade 23.

ND ee

Projection d'un stade 24. Projection d'un stade 29.

Projection d'un stade 30, Projection d'un stade 34.

End: je.

Depuis le stade 16 jusqu'à la formation du pharynx embryonnaire. — À partir du moment où les cellules vitellines ont formé une masse syncytiale autour des blastomères, on ne peut plus faire usage que de la méthode des coupes. Afin de chercher à me rendre compte de la distribution des cellules embryonnaires à l’intérieur du syncytium, j’ai opéré de la manière suivante: j’ai dessiné à la chambre claire toutes les coupes du stade que je voulais étudier, ce qui m’a permis de compterle nombre des cellules de segmentation et celui des noyaux libres des cellules vitellines comme je l’ai indiqué plus haut (voir page 38) ; puis j'ai projeté toutes ces coupes sur un même plan, et j’ai obtenu ainsi une série de dessins que je reproduis ici. Malheureusement je n’ai pas pu réussir à orienter mes coupes, parce que, avant l’apparition du pharynx embryonnaire, on n’a aucun point de repère pour se guider. Cette circonstance enlève certainement de la valeur à ma méthode de projections, qui permet toutefois d'exprimer graphiquement que les blastomères sont distribués très irrégulièrement et, en apparence du moins, sans ordre.

On voit aussi, en jetant un coup d’œil sur ces dessins, que les blastomères sont d'autant plus disséminés qu’ils sont moins nombreux. En examinant avec attention les coupes des stades 16 et 17 dont je donne les projections, on peut reconnaître encore, qu'on a à faire à des blastosphères qui se disloquent. Maïs aux stades suivants, on ne voit que des amas très irréguliers et très variables de blastomères, sans qu’il soit possible d'observer rien qui ressemble à des feuillets. Rien, ni dans la distribution, ni dans le groupement, ni dans la structure histologique des cellules, ne peut faire prévoir quels sont les blastomères qui donneront naissance à l’ectoderme, à l’endoderme ou au pharynx embryonnaire. Toutes les cellules paraissent être indifférentes ou d’égale valeur, toutes elles paraissent également aptes à former n'importe quel organe.

Ces projections montrent encore un autre fait intéressant.

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