RÉGÉNÉRATION DES PARTIES MUTILÉES
Le fait que les Planaires peuvent régénérer les parties de leur corps enlevées par traumatisme, et que les portions détachées elles-mêmes sont susceptibles de se compléter et de conslituer un individu nouveau, est parfaitement établi depuis les remarquables travaux de Pallas, Draparnaud, Moquin et surtout de Dugès. Les expériences de ces observateurs ont été répétées depuis dans beaucoup de laboratoires et sont devenues classiques.
Dugès (1) a parfaitement résumé ses observations sur la question dans la phrase suivante : « Coupée, déchirée dans tous les sens, une Planaire continue à vivre, à se mouvoir, à sentir dans chacun de ses fragments principaux, qu’ils proviennent des régions médianes ou latérales, antérieures ou postérieures ; et, chose à mon sens bien remarquable, chaque lambeau, fût-ce même le bout de la queue, commence, aussitôt que le premier moment de douleur et d’irritation est passé, à marcher dans la direction même que suivrait le corps entier de l’animal, c'est-à-dire, de la tète à la queue ; comme si toute molécule nerveuse, ou du moins tout agrégat de ces molécules, était orienté, polarisé à l’instar du système total ; ou, ce qui revient au même, comme si la polarisation de tout le système ne dépendait que de la polarisation particulière de chaque molécule nerveuse »
Je crois inutile de parler ici des expériences que j'ai faites moi-même sur cette question, le but que je poursuivais n’était pas de contrôler des résultats bien établis, mais d'étudier des phénomènes d’histogénèse qui se produisent pendant le travail de la régénération, afin de les
(1) Ducës, Recherches sur l’organisation et les mœurs des Planariées, p. 146. (Ann. Sc. nat., 1" série, T. XV, 1828).