OR
comparer avec les phénomènes embryogéniques. Toutefois je donne ici les croquis d’un cas de régénération qui me paraît intéressant.
li suffit de jeter les yeux sur les trois figures A, Bet C, pour voir dans quelles circonstances les lambeaux incomplètement sectionnés prennent les caractères d’une tète ou d’une queue. Ge ne sont là en définitive que des cas particuliers de cette expérience de Dugès, que j'ai répétée aussi et qui consiste à enlever une portion latérale du corps d’une planaire : on sait qu’alors la portion amputée se complète en conservant son orientation primitive. Dans le cas représenté dans la figure C , j'ai vu que lorsque les deux segments, tête et queue, n'adhéraient à l’individu-mère que par une surface restreinte, ils pouvaient se séparer spontanément de celui-ci et former un individu indépendant.
Le procédé que j'ai suivi pour étudier les phénomènes dhistogénèse qui se produisent pendant la régénération, consiste à couper des Planaires transversalement. Au bout d’un temps qui est plus ou moins long suivant que la température est basse ou élevée et le volume dusegment petit ou grand, on voit se former sur la surface de section un bourgeon quise développe peu à peu et qu’on peut
étudier par la méthode des coupes. La figure D représente l'extrémité caudale d’un individu de Planaria polychroa avec le bourgeon qui doit reconstituer une tête, et la figure E est l'extrémité céphalique d’un individu de Polycelis nigra avec son bourgeon caudal.
Les coupes faites à travers des bourgeons peu développés ne montrent qu’un tissu embryonnaire tout-à-fait analogue à celui qui constitue le corps de l’embryon au stade de la formation du pharynx définitif (voir les figures 8, 9,13 et 14, PI. V); les cellules de ce tissu ne sont pas adjacentes, mais séparées par une mince couche de substance finement granuleuse qui présente tous les caractères du syncytium nutritif des embryons. Les cellules superficielles sont celles qui se différencient d’abord, elles s’aplatissent pour constituer l’épiderme , et celui-ci s'accroît rapidement par l’adjonction continue de nouvelles cellules.
Les cellules et les cloisons intestinales, ainsi que le pharynx se forment exactement de la même manière que chez l'embryon.
Le cerveau et les yeux prennent naissance directement aux dépens des cellules du tissu embryonnaire, qui en se métamorphosant, engendrent également les fibres musculaires, les cellules du tissu conjonctif et les autres éléments histologiques différenciés.
En résumé les phénomènes de la régénération sont essentiellement les mêmes que ceux que nous avons vus dans l’embryogénie. Zacharias (1) a étudié aussi, par la méthode des coupes , la formation du pharynx sur des individus de Planaria subtentaculata formés par division transversale spontanée, et il dit que le mode de formation de cet organe est identique à celuique lijima a fait connaître dans son travail sur lEmbryogénie de Dendr. lacteum.
(1) O. ZacHarias Ueber Fortpflanzung durch spontane Quertheilung bei Süsswasser planarien. (Zeitsch. für wiss. Zool. T. XLIII, 1886, p. 271-275 , et Zool. Anzeiger, N° 209. 1885).
à. les
Ainsi donc, dans tous les cas, les phénomènes d’organogénèse et d’histogénèse sont essentiellement les mêmes.