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Émile Augier: Théodore Barrière; Anicet Bourgeois

Cet écrivain est un de ceux que nous avons suivi le plus assidûment dans la carrière.

Les débuts de M. Emile Augier — disons-le très-haut — nous avaient donné quelque espérance de voir enfin parmi nous une plume consciencieuse, une âme honnête sortir de l'immoralité systématique et du paradoxe flagrant.

6 * AUGIRR.

Notre illusion n'a pas été longue.

M. Emile Àugier n'a pas tenu ce qu'il promettait. Ce héros du prix Montyon s'est écarté brusquement de sa tâche loyale et décente, pour donner tout à coup le» main» à l'œuvre ténébreuse que la perversité du siècle cherche à accomplir.

L'auteur du Fils de Giboyer naquit à Valence, département de la Drôme, le 17 septembre 1820.

Son père, M. Victor Augier, avocat de mérite, épousa la fille de Pigault-Lebrun littérateur du premier empire, connu par ses romans immoraux et sacrilèges.

En 1826, la famille s'établit à Paris, qù M. Augier venait d'acheter une charge à la cour de cassation.

Pigault-Lebrun vivait encore. Il avait soixante-quatorze ans,

Quelquefois le dimanche, ce vieil excommunié * allait visiter son petit-fiU, qu'on avait rais trèa-jeune m pension,

Ii montrait A l'enfant des jouet», des sucreries, excitait ses déâirs, provoquait sa gourmandise, et ne vidait ses poches qu'après avoir fait répéter an petit malheureux toute» sortes de blasphèmes contre la religion et contre les prêtre».

L'auteur de Monsieur Botte avait tout un pian d'éducation de ce genre, destiné à former l'esprit et le cœur de l'enfance,

Nous garantissons ce fait inouï, car noufe le tenons de personnes honorables et entièrement dignes de foi.

Par bonheur ce grand père un peu trop... original (il faut se modérer dans

1. Ses roroaqs furent condamnés à Rome d'une manière toute spéciale , et plusieurs l'oDt été e France par l'autorité civile.

l'emploi des épitbètes) n'eut pas le loisir d'appliquer longtemps son système. 11 alla porter ses œuvres aux pieds de l'Eternel, et put définitivement savoir quelle était la valeur théologique de VEnfant du carnaval et de Mon oncle Thomas.

Vers 1840, M. Emile Àugier écrivait à un de nos comédiens célèbres une lettre devenue précieuse, et qui est tombée, je ne sais comment, entre les mains d'un amateur d'autographes. L'académicien futur demandait, dans le style le plus numble, qu'on daignât lire le manuscrit d'une de ses premières pièces, et la lettre se termine par ces mots :

« Je n'ai d'autre titre à faire valoir près de vous que celui d'être le petit-fils de Pigault-Lebrun. »

Si cela pouvait être une recommandation aux yeux de l'illustre artiste, qu'un

sentiment de discrétion m'empêche de nommer, je l'ignore; en tout cas, ce n'en est pas une pour les hommes religieux, que M. Emile Àugier devait si grièvement insqlter plus tard.

« Examiné comme écrivain, dit la Biographie universelle, Pigault-Lebrun, au point de vue moral, ne saurait esquiver un blâme immense. Il a subi, objecterat-on , Faction d'un siècle perverti ; mais d'abord c'est déjà un acte gravement répréhensible que de servir selon son goût un public corrompu ; ne fût-ce qu'à ce titre, il mérite à bon droit une censure sévère. Ses tableaux, ses récits ont certainement popularisé les mœurs faciles, l'amour effréné du ptaisir, les désordres précoces, qui bientôt étiolent, énervent, non seulement l'individu, mais encore les nations, et qui, par la voix du sensualisme que divinise Pigault, amènent les masses

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à la bassesse, k l'hypocrisie à l'esprit d'intrigue, à l'ambition sans frein et à la cupidité, Nom ne balançons donc jm à mettre ce romancier an nombre des auteurs les plus funestes qui aient jamais encouragé, secondé et développé par leurs écrits les tendances perverses du publia. ?>

Emile acheva ses classes en élève studieux.

On le destinait à exercer la profession d'avocat ; mais il avait pour la littérature une passion irrésistible, contre laquelle vinrent échouer toutes les remontrances de la famille.

Un de ses jeunes compatriotes, Nogent- Saint-Laurens, fut son collaborateur pour une première pièce en cinq actes, intitulée la Conquête de Naples par Charles VIIL Le directeur de TAmbigu^Comique, M. Dutertre, ne jugea pas con-

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wnabte de recevoir l'œuvre du nos amis, et U barreau parisien doit un avocat célèbre à ce désappointement littéraire.

Plus tenace que son camarade, Emile continua d'écrire pour le théâtre,

Les sociétaires de la Comédie française virent bientôt un jeune bornai* de vingttrois ans frapper aux portes du comité de lecture.

Surpris de tant de jeunesse unie à tant d'audace, ils refusèrent la Ciguë, et Dieu sait quelle avalanche d'imprécations et d'injures tomba sur eux du sommet des journaux, lorsque la pièce, portée à TOdéon, y obtint un si magnifique succès!

Messieurs les critiques oubliaient une simple particularité.

En passant sur la rive gauche^ la Ciguë avait subi des transformations heureuses.

M, Louis Monrose, comédien très-aimé à

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l'Odéon, et qui possédait parfaitement son public, était de l'avis des sociétaires de la rue Richelieu: il jugeait la pièce incomplète.

— Tout cela, dit-il à l'auteur, pèche par la base et n'a pas de dénoûment convenable. Croyez-moi, faites deux actes. •

Dirigé par les conseils et la bienveillance active du comédien, M. Emile Àugier put donner a son œuvre cette brillante contre-partie, à laquelle trèsévidemment est dû le succès.

Voilà ce qui explique toutes les sottises que débitent parfois certains journalistes mal informés.

Aujourd'hui, la Ciguë n'est plus boiteuse.

Grâce à M. Louis Monrose, elle a pu revenir, sur deux excellentes jambes,

prendre place au répertoire du premier de dos théâtres.

Cette comédie, où Ton drape les roués modernes sous le manteau des roués antiques, fit du premier coup la réputation de son auteur. Emile Àugier devint avec Ponsard un des chefs de l'école du bon sens, école qui se donnait mission de refréner les excès du ronaaniUme, et qui ' se mpntrait — soit dit en passant — quelque peu pédante.

Nous ne chercherons pas querelle à M. Augier pour avoir, en tête delà Ciguë, et juste au moment où il se posait en poëte moraliste, essayé de réhabiliter dans une préface la mémoire de son aieul : les sentiments de famille et les affections naturelles ont parfaitement le droit d'être illogiques.

Le jeune auteur avait conquis ses grandes entrées à la Comédie française.

14 AtfOttfe.

II y donna trois acte* éti 18*5, sotis ce titre : Un homme de bien.

Mais ott trouva que ce prêtre de l'école do bon sens manquait à l'exercice de m foi, cultivait l'étrange, se frottait atl paradoxe et trébuchait çà et là dans quelques ornières romantique».

Un peu découragé de la froideur qui 'accueillait sa seconde pièce, Emile bouda le public pendant plusieurs années.

Le triomphe de VAwnUHèfë, ett 1848, lui rendit sa belle humeur , et l'année suivante II donna cette fameuse Qabrtellë, en cinq actes et en vers, où les principes de vertu, les saintes affections, le respect du lien conjugal, les joies paisibles du foyer domestique sont prêches sur tous les tons et avec toutes les rimes.

Le poëte s'appliquait principalement à caresser la bourgeoisie, plus habituée de nos jours à la critique qu'à l'éloge.

AtfflïfiÎL 15

Elle lui aut gré de cette prévenance inattendue et le paya généreusement eu bravoa.

Une couronne académique et le prix Montyon achevèrent de récompenser l'heureux flatteur des bourgeois.

De 1850 i 1855, M. Àugier gratifia la scène de quatre nouvelle» œuvres; te Joueur de flûte, reproduction mal déguisée de la Ciguë; un grand drame intitulé Diane, d'une conception médiocre, et que le jeu même de mademoiselle Rachel ne put soutenir ; la Pierre de touche ^ étude de premier ordre, où le talent de Jules Sandeau vint en aide au talent fatigué de son collaborateur, et efcfin la comédie de Phiiibelrtei à laquelle M* Moniigny s'en»»

pressa d'ouvrir les portée du Gymnase*

À cette épôqtié les applaudissements ae* cordés aux pièces de genre de M. Àleiatt-

16 AUGIKB.

dre Dumas fils empêchaient M. Augicr de dormir.

Il essaya par son Mariage d'Olympe de faire oublier au théâtre du Vaudeville le succès de la Dame aux Camélias, mais ce fut une tentative malheureuse. Il eut plus de chance au Gymnase et obtint, avec le Gendre de M. Poirier, un véritable triomphe. Il est vrai que, pour cette pièce, il avait encore été soutenu par la collaboration de Jules Sandeau. .

A dater de cette époque, on ne voit plus guère M. Augier travailler seul.

Ceinture dorée, les Lionnes pauvres.

Un beau mariage, la Chasse cm roman et V Habit vert revendiquent la demi-paternité d'Edouard Foussier, de Jules Sandeau et d'Alfred de Musset. La Jeunesse > représentée à l'Odéon, est une copie maladroite de la pièce de M. Ponsard qui a pour titre V Honneur et l'Argent.

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Inquiet du vide qui s'opérait dans son imagination, M. Àugier recourut aux pièces d'actualité, comme seules capables de galvaniser sa gloire défaillante.

Les Effrontés, premier essai du genre, obtinrent assez dé réussite pour l'enkardir et le décider à pousser jusqu'au scandale une seconde tentative.

Familier des salons d'un prince allié à Victor-Emmanuel, et trouvant là fort peu de sympathie aux intérêts de Rome, Emile évoqua Poinbre de son grand-père pour écrire sous soii inspiration le Fils de Giboyer, entassé toutes les plaisanteries bétes, tous les dénigrements, tous les persiflages auxquels se livrent depuis un siècle les ennemis de l'Eglise, en fit un bloc d'opprobre et le lança contre la catholicité*

La masse ignoble retomba tout droit sur la tête de l'auteur.

i9 AUGlfiEU

Il fui aussi écrasé par cette pièce que l'avait été M. About après la publkatioÉD desonjcoupablejiyredeja Question romaine. ».:.,'■ » '>

Si, parmi les nombreuse? absurdité* éê ce siècle, il reste un monument de fotip imprudente et de mauvaise, foi. sy^ématjfjue, IJniiteAugier: j)eqt se s flatter d'çi^ être l'architecte» . >

On pa»donnaft à M; Àugier son aïeul, parce qoe le petit-flls semblait suivre une 1 route diamétralement opposée a celte du grand-père, dont les romans impies et] orduriers wt infesté Ja France, ,. ; .

La Ciguë, pierre fondamentale de la' réputation du jeune auteur, «al •uneeeuvte délicate et •charriante, qui à remid subitement en vogue la comédie de mœurs «d • vers, exilée du théâtre par L'invasion du romantisme. . »•-••■ **

ÀSG1BH* 19

:- L'hommede bien et V Aventurière sent deux pièces très-morales.

Gabrielle, couronnée par l'Académie, est la fille honnête et sage des sentiments de l'écmaiil que j'ai canna à cette époque, i •

Je ne puis croire que le' cynîstiie abject, que l'impiété sale et immonde qui ont dicté F Enfant du Carnaval, là Folie espagnole et tant d'autres abominables livres, aient pu tenter* un seul instant, comme gloire et comme renommée, le petit-fils de Pigault-Lebrua.

M. Emile Augier a le caractère loyal et l'âmq honnête.

Ii ne sommeillait pas hypocritement sur les fleurs de Immorale et de la décence pour se réveiller plus tard dans les broussailles démocratiques et dans le bourbier du sarcasme antichrétien.

510 ÀtJGffiB.

J'affirme quMl a reçu de mauvais conseils.

Il a cédé à quelque influence compromettante. La comédie du Fils de Giboy&r ne lui ressemble en aucune aorte, elle n'a ni son esprit ni son style.

Ces cinq actes, joués sur le premier de nos théâtres par les comédiens ordinaires de l'Empereur, sont une insulte A la France, qui n'a pas renoncé jusqu'à ce jour et qui ne renoncera jamais au plus beau de ses titres, celui de Fille aînée de l'Eglise.

Que les populations malsaines et dépravées qui encombrent la capitale applaudissent une pièce de ce genre, c'est tout simple.

Mais la province a voulu a son tour juger Pœuvre.

Il y a là trente et quelques millions de catholiques dont le sentiment a cru devoir

AUGIBH. H

ge manifester. Les huées de Lille et d'Autun, les sifflets de Toulouse et les manifestations peu flatteuses qui ont accueilli la pièce dans un grand nombre d'autres chefs-lieux, doivent donner à réfléchir à M. Augier.

C'est la nation presque tout entière, c'est la majorité de ses compatriotes qu'il n'a pas craint d'outrager de la façon la plus indigne.

Molière, en écrivant son Tartufe, a flétri le vice qui se pare du manteau religieux ; mai9 il n'a pas accusé d'hypocrisie tous les chrétiens de son siècle. Il n'a bien évidemment présenté que l'exception, tandis que M. Emile Augier a eu l'outrecuidance de donner cette exception comme la règle, et comme la règle absolue.

Tous ses catholiques sont de triples coquins ou de triples sots.

22 Aveu*.

Pas une scène, pas une phrase qui éte-»

blisse la moindre réserve en faveur de la piété franche et de la religion sincère.

Donc M. Àugier n'est pas un adversaire loyal.

Il nous a porté des coups florentins, et nous en appelons au jury d'honneur.

Ses autres œuvres dramatiques sont le Post-Scriptum, — les Lions et les Renards et Paul Forestier.

Décidément, ce bizarre auteur n'est qu'un ;écho du Palais-Royal moderne. Il prête sa plume aux idées ultra-radicales et peu catholiques du prince dont il e*t le familier.

La pièce des Lions et les Renards contient de nouvelles et coupables attaques contre nos sentiments et nos [croyances.

Que l'auteur y prenne garde : on ne doit prêter sa plume à personne par fai-

AUGIEJU |3

blesse,par inconséquence, ou par flatterie.

Bien n'était plus* dangereux .sçws, le, pw mier empire,, et cela pourrait biçp nepcrç être toléré longtemps spus lç second., En lisant quelques détails historiques don}

{"'ai fait la découverte, M. Augier pourra àcilement s'en convaincre. .

Voici une anecdote que je l'engage a méditer avéb toute l'attention dôiit ÎI est susceptible. ""' ' '"" "'

Pigault-Lebrun "était en Westfihalie, fi la cour dri foi Jérôme, qui PàVàitWonimé son lecteur et son biblïoihéfcaite. Il tttenài là, jusqu'en 1811, tme vie sekto fees goûts^ vie de 'plaisirs facile et 1 ê^rgies pèr^ tuelles , — narguant et aidant le prince à narguer Tétiqnette en pleme Allemagne.

Or il arriva que Jérftaiese sentit la toI*léitéde prendre àl'égtedds&m frère, l'Empereur et Roi > des airs d'indépendance.

Pigault-Lebrun s'avisa4e tenir* le. plume

84 AUttum.

pour Sa Majesté Westphalienne. Il lui fit la minute d'une épttre très-irrévérencieuse, que Jérôme transcrivit de sa main, en réponse à une verte missive de l'Empereur, Dans cette missive le maître disait entre autre choses :

« Mon frère Jérôme-Napoléon, roi de Westpbalie, tout me prouve que mes conseils, mes instructions, mes ordres font à peine de l'impression sur vous. Les affaires vous ennuient, la représentation vous fatigue. Sachez que l'état de roi est un métier qu'il faut apprendre, et qu'il n'y a pas de souverain sans représentation.

Vous aimez la table, la table vousabrutira.

Faites comme moi, restez A table une demi-heure. Le prince de Paderborn, que je vous ai donné pour aumônier, écrit à mon ministre des cultes que vous ne vous entretenez jamais avec lui d'affaires ecclé-

AuaiXB* 85

«astiques. C'est mal, il faut tous occuper de religion. Vous avez relégué votre chambellan Merfeldt à Hanovre, parce que, lui ayez-vous dit, ses continuelles homélies sur l'étiquette vous fatiguent.

Eh ! comment saurez-vous votre rôle de roi, si personne ne tous l'apprend? Rappelez Merfeldt comme si cela venait de vous. Je fais communiquer à votre ministre Siméon mes ordres ultérieurs ; il vous instruira.

a Napoléon. »

Le roi Jérôme, après avoir lu cette lettre, dit à Pigault-Lebrun :

— Voyons, toi qui es un Protée littéraire, fais-moi le plaisir de répondre. Je copierai sans examen ce que tu auras écrit.

Pigault eut l'imprudence de céder è cette périlleuse invitation* Voici la lettre

86 AUHHU'

qu'il &rjtvity «i qui fui copiée et envoyée à Céaftr p«- le toi Jérôme : . ■ n

«Mon auguste-frère Napoléon, empe^ reur desFranpai^ j'*i reçu les conseils de* Votre/ iMaj esté & je les » respeétev *Qtiant à> ve$ ordres, je fc*fc roi*-— ; je donne des > ordres et je «n'en» reçois point, Votre Ma^t jestè^ me rçproebe d'airtier la table. J'a»

vOttè que, epmmè je ntatoie pas â mc> repaître d'une w»e lùméci de gloire, je 1 recherche une nourriture plus Bubstan-^ tiellei Je su» g*)tarai«id sans être ponton ,' j c'est tout ce qu'on peut exiger d'un roir Voii$'tae w repraéheu de ne pas aimer la représentation : je ne l'aime pas eu effet, elle m'ennuie, et d'ailleurs elle ne va ni à ma taille ni à mô tournure. Au reste,* j'ai modelé oiaooor sur: lavofoe, je m'ha~ • bille comme voua, que pouvez-vous exiger de plus ? Le prince de Paderborn

me fait bâiller par ses éternelles homélies et ses longues messes. Je dois le i garder,* puisque vous me l'avez donné ; mais rien ne m'oblige , à ro'entretenir» avec lui /d'affaires ecclésiastique*, , auxquelles jet ne:

connais wn, auxquelles jeaeivwjx >irieiV connaître; Je renvoie tourte, vrôreminisr, tre des cultes. Il est virai que j'qi nomiJBB. Merfekh préfet de Bandvre^ptrce qu'il i est meilleur administrateur que chambellan agréable. Je n'aime pa& ; à employerdes étrangers à moar service personnel ; j'ai germanisé les noms de ceux .qui! en' sontchargés* : • •..<• .. ». i .

(( JÉnom Jtf Apowfoiïi #

Il est facile de deviner la colère de l'Empereur à k réception de cette lettre ,< dont les allusions: blessantes, à ses imUtu^ : des et à sa personne étaient à peine dissimulées, et dont, bientôt l'auteur fut

S8 Avant.

connu, — car il n'y avait point de secret possible dans les soupers fins de ce joyeux royaume de Westphalie, et le maître avait partout sa police.

Rapp, qui allait prendre le gouvernement de Dantzig, fut le ministre delà foudre du Jupiter des Tuileries.

Il surprend Jérôme et Pigault-Lebrun au miljeu d'un petit souper, auquel assistait la favorite du jour.

— Sire, dit-il, je suis chargé d'une commission désagréable. Je la tiens de votre frère, que j'ai laissé dans un état d'irritation impossible à décrire.

Le roi Jérôme pâlit.

A peine eût-il la force de dire a Rapp de s'asseoir , et, au lieu de lui offrir un verre de vin, il en prit un lui-même et but une rasade. Pigault-Lebrun, muet,

AtJOïBR. 19

confus, et devinant de quoi il s'agissait, ne soufflait mot.

Rapptira un papier de sa poche et lot un décret rédigé en ces termes :

OSDftB MANUEL D« L'fMPEEEUR»

« Notre aide de camp, le général Rapp, partira sur le champ pour Cassel.

Il fera venir en sa présence Miiller, com* mandant des hussards de Westghalie, et se rendra avec lui chez le roi (Mùller accompagnait effectivement le général). Le roi gardera les arrêts pendant quarante huit heures» Quant à Pigault-Lebrun, auteur de la lettre insolente que nous a écrite notre frère, il sera mis au cachot pendant deux mois, et ensuite envoyé en France sous bonne et sûre escorte. Nous donnons nos pleins pouvoirs au général Rapp pour qu'il requière la force publi-

3t ACGIBR.

que, daiw le cas où par un excès d'aveuglement) en s'opposerait A l'etécntion de nos ordres.

» « Napoléon.))

Si M". Àugier met en doute la vérité de cette curieuse histoire, il peut ouvrir le tome LÎXVïï de la Biographie universelbe^y où il la trouvera racontée, presque ' dans les mêmes termes, par son grandpère lui-même, écrivant à son ami Real.'

Napoléon I" n'était pas homme à per-*' mettre* qu'un membre de sa famille, même le plus puissant et lé plus voisin du • trône impérial, se permît d'exprimer aussi cavalièrement un avis contraire au sien, ' surtout quand il s'agissait de religion.

Il avait rendu à la France catholique ses temples et ses autels.

f. Première édition (1845), page 189 et suivantes.

ÀQfilBB; 31

Sa Ma jesté WestpJhalieniie trouvent teç affaires- ecclésiastiques eqnuyeo6e& et les messes trop longues, l'Empereur; juge* convenable^ de* la mettre aux arrêts, et P Allemagne émerveillée vit traiter un roi comme un simple lieutenant rebelle a, la discipline.

Pour ce qui est de Pigmil^LefcrHô, dqnt Napoléon n'aimait pa^ les- œuvres scandaleuses, il fi t.. se* d#ux mois de cachot d'abord ; fwjis* comme . Jérôme demandait, à le cpnserver, son frère accéda, à cette requête^ è la ; «oacjitiçn que le coupable subirait trente JQuradQ plue.de cçurçarç çhwq, r- W qui fut. exécuté en toute rigueur, « .. .

Sa lettre valait cela» 5

Et les pièces du petit-fils mériteraient, selon nous, quelque chose d'analogue.

On ferait bien de revenir de temps à

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