INGRES
à celle de ma considération pour votre beau talent et pour votre personne.
Votre bien affectueuk et reconnaissant serviteur ^
D. Ingres.
Les relations qu'entretenait Emils Deschamps avec David d'Angers remontaient aussi aux premières années de la Restauration. Déjà Henri de Latouche faisait un vif éloge, en 1817, dans le Constitutionnel, de la statue du Grand Condé, et dans leurs Lettres à Daçid sur le Salon de 1819, Emile Deschamps et ses amis, parlaient en ces termes du jeune sculpteur : « Ce jeune artiste (Pierre- Jean David), à cjui nous devons déjà une belle statue du grand Condé, n'est point resté au-dessous de lui-même. Sa statue en marbre du roi René, son tombeau annoncent toujours un faire noble, vigoureux et facile. On voit que M. David, inspiré par son nom, étudie l'antique ^. » (Lettres à Dai^id, p. 229.)
Ni l'antiquité, ni les gloires de la France n'absorbaient l'attention du sculpteur, que l'histoire de son temps passionnait. Il en méditait profondément les caractères : « C'est un homme de beaucoup de talent et de beaucoup d'idées », disait V. Hugo à V, Pavie (20 mars 1827). Il résolut d'interroger les individualités supérieures de son époque, de scruter l'expression de leur physionomie et de traduire leur pensée intérieure au moyen de la forme visible. C'est ainsi qu'il composa l'ensemble imposant de médaillons qui font de lui l'annaliste de son temps ^.
On sait qu'il alla en Angleterre pour observer le visage de Walter Scott, et qu'il fit à Weimar une visite mémorable pour voir Gœthe et faire son buste. « Un statuaire est l'enregistreur de la postérité, disait-il fièrement, il est l'avenir. » Celui qui, auprès de Gœthe, se faisait l'interprète de la pensée française contemporaine, confiait au marbre et au bronze l'effigie de ses plus illustres représentants. Poètes, artistes, philosophes, politiques, presque toutes les personna-