‹ Emile Deschamps, dilletanteChapitre 15 sur 62 · Poésies d'Antoni Deschamps, 1841, p · texte numérisé non relu

Poésies d'Antoni Deschamps, 1841, p

sition des œuvres du peintre, où sa puissante originalité a fait taire les envieux, lui dédie un assez beau poème, intitulé : Similitude, symbole heureux de la carrière difficile d'un artiste qui dut conquérir pied à pied le succès :

Quelquefois le soleil, quelquefois le génie,

Ces frères radieux naissent dans les brouillards.

Parce qu'ils sont voilés et captifs, on les nie.

Leur vol n'hésite pas cependant, car ils savent L'un, qu'il est le génie, et l'autre, le soleil. Bientôt l'immensité de leurs feux se colore. Ces obstacles jaloux, où sont-ils maintenant ?... Ceux qui jetaient l'insulte à la douteuse aurore Exaltent de plus bas leur midi rayonnant.

Et les deux voyageurs nés dans l'ombre et l'orage. Se couchèrent en rois dans la pourpre et la paix.

Voilà comme chantait mon âme satisfaite O Raphaël de France, en, sortant de la fête !... Et je rêvais, les sens dé vertiges émus. Descendre du Portique au bois d'Académus, Et te montrer, là-bas, sous l'ombrage sonore. Le moderne Platon, le chrétien Pythagore, Ballanche, environné d'immortels écrivains Recevant d'eux la lyre et les honneurs divins ^.

Ainsi, pour les deux frères, Ingres égalait Raphaël ; et le doux et profond Ballanche, le philosophe de l'Abbaye-aux-Bois, était digne de^ui inspirer une nouvelle Ecole d'Athènes ^. Quant au peintre qu'une admiration si enthousiaste enchantait, il écrivit un jour à Emile Deschamps cette lettre reconnaissante :

Monsieur,

Permettez-moi de vous olTrir le volume de mes œuvres gravées.

A qui saurai-je mieux l'adresser qu'à vous. Monsieur, qui avez si souvent [mot ilHsible] une gloire dont je suis toujours prêt à douter et sur lacjuelle me rassurent des sympathies aussi honoral)Ies que la votre.

Dans ce compte-rendu de ma vie, vous trouveriez peut-être, Monsieur, (juclques preiives à l'appui d'une réputation qui doit tout à votre noble et touchante plume.

Croyez aussi, Monsieur, à l'expression de ma vive gratitude comme

L Poésies d'Emile Deschamps, p. 138.

2. Le classique Ingres a souvent médil du romantisme dans l'art. Cf. sa Réponse au Ilapport sur l'école impériale des Beaux-Arts, adressé au Maréchal \' aillant..., Paris, Didier, 18G3, in-8".

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