FIN
Nous amms pensé qa'il poaxnôt être «ssez «ariens de letimwiBt id sons la focme et boi» le nom d'Appendice la réponse adrewé» par Partleiir d'Émus à rvateiir des Batmi» oteàBRiB^ Cette réponse montre sotn quel aspect dîflérent la même sitnaUoD peut ètiB jugée à trente années de distance : à l'ftge de vingt ans etàl'ftge^ cinqnaiirte BBS.
A Jf. Emile de Girardin.
«Monsieur,
» VouB m'avez donné Pidée de œ livre; Je l'ai entrepris seus Tos auspices ; j'ai été soutenu par vos encouragements et dirigé par vos coaseils : c'est donc à vous qu'il devait ttre dédié.
n PnÎBse-i-il répoiMlre à la pensée généreuse qui l'a inspiré!
n Je désirerais encore bien vivement ^ne ce faible témoignage de ma sinoère reconnasssance et de ma profonde adndratien pftt TOQS plaire. Ce serait, monsieur, la première récompense de mon travûl, et bien certainement la pius douce fc mon cœur«
» Â. Charguéraud. »
^ Les BATÂmos ciikBREB, par A. GHARoniRAUD, chez Ifithel Lévy frères, me VivieBoie, S bis» (Un vol. graad in- 18.)
À M. À, Charguéraud.
« Après avoir la votre livre, je ne puis que me féliciter hautement de vous &ï avoir suggéré l'idée.
» Ce livre manquait à l'histoire des inconséquences humaines et des iniquités sociales. II contribuera puissamment, je n'en doute pas, à hâter le jour de la réparation due à cette classe nombreuse d'hommes à laquelle je ne me vante ni ne me cache d'appartenir, et que, contrairement à tous les principes du droit moderne et du droit commun, le législateur français, doublement illogique, flétrit d'une main, flétrit en masse, flétrit sans jugement, flétrit avant qu'ils soient nés, tandis que de l'autre il les admet indistinctement aux premiers rangs de l'année, de la magistrature, de l'administration publique, jusque sur les bancs des assemblées législatives et autour de la table des conseils de la couronne, la loi politique devançant en cela la loi civile et en étant la condanmation souveraine. Il y contribuera puissamment surtout, et avant tout, s'il commence par rendre aux b&tards, qui courbent bêtement la tête sous le poids d'une infamie imméritée, la force de réaction nécessaire à toute délivrance : qu'il s'agisse de la tyrànnie d'un homme, de l'arbitraire d'une loi, ou de la barbarie d'un usage.
» L'esclave qui cache avec humilité ses fers ou ses stigmates, au lieu de les montrer, niérite de les porter. Le bâtard qui rougit de sa naissance comme d'une tache, d'une faute, d'un crime, et qui la dissimule au lieu de l'avouer, perd tout droit de se plaindre de ce qu'il appelle un préjugé, puisqu'il est le premier à lui payer tribut et à reconnaître ainsi la légitimité de son empire. Si ce préjugé a survécu à tant d'autres préjugés disparus, que les bâtards ne s'en prennent qu'à eux seuls ! Il ne subsiste que par eux. Si ce préjugé est une erreur ou un anachronisme, pourquoi les bâtards, au lieu de baisser la tête, ne la relèvent-ils pas? Pourquoi, au lieu de le combattre corps à corps et à visage dé-
APPENDICE. i05
couyert, transigent-ils lâchement ayec loi, ylsiëre baissée? Pourquoi, au lieu de déserter l'examen de la question qui se personnifie en eux, ne le proToquent-ils pas? Pourquoi, au lieu de chercher à se glisser dans l'épaisseur de la foule, n'en sortent-ils pas pour se compter et se donner la puissance du nombre? Pourquoi, enfin, leur origine parait-elle les embarrasser, d'autant plus fort qu'ils ont réussi à monter plus haut les degrés de la hiérarchie sociale et de la considération publique?
» Si, au lieu de cette défection à sa propre cause, tout bâtard qui s'est fait à lui-même un nom dans l'État, dans la science, l'art ou l'industrie, qui s'est élevé par ses efforts, qui s'est illustré par ses œuyres, avait bravement opposé l'éclat de sa célébrité à l'ombre de sa bâtardise pour la dissiper, depuis longtemps le prétendu défaut de bâtardise serait allé rejoindre dans la tombe un frère le prétendu droit d'aînesse.
B Je me souviens d'avoir écrit, alors je n'avais pas vingt ans, et maintenant j'en ai plus de cinquante, je me souviens d'avoir écrit un petit livre intitulé Emile, qui, si on le rapprochait des lignes qui précèdent, paraîtrait peut-être en contradiction avec elles. Cette contradiction, plus apparente que réelle, s'explique naturellement à cet âge par l'ignorance des hommes et des choses, ignorance qui faisait prendre â la vague tristesse de mes aspirations la douleur de l'isolement pour la honte de la naissance.
» Manque d'expérience, je suis tombé dans la méprise commune et dans le lieu commun. J'ai versé dans l'ornière creusée par les siècles. Trente années d'apprentissage, trente années d'efforts et d'études, d'observations et de réflexions, m'en ojit laborieusement tiré. Mais ce qui, plus encore que la réflexion, a contribué à m'en tirer, c'est la comparaison. Autour de moi, il n'y a plus que des morts auprès desquels je serai bientôt. Je puis donc maintenant m'exprimer en toute liberté, sans risque et sans crainte de porter le fiel au bord d'aucune lèvre vivante, d'attrister aucun regard, de faire pâlir aucun front, de faire rougir aucune joue, de faire froncer aucun sourcil, d'éveiller aucune colère, do
trouhter aacun fqyer^ d'attirer aucun scandale, de susciter aucun procès, de rompre ou de dénouer aucun lien. Légalement, je n'avais pas de frère, ce qui n'avait pas empêché ma mère d'avoir deux fils : le premier selon la loi, le second hors la loi ; le pre* mier régulièrement déclaré, le second ténébreusement soustrdt; celui-là né avec lîhonorable nom qu'il a honorablement porté ; celui-ci né sans nom, ce qui n'était rien, et sans famille, ce qui était tout ; l'un, soigneusement élevé, n'ayant qu'à prendre la peine de s'asseoir à la place marquée par ses parents à côté d'eux ; l'autre, prudemment écarté à l'égal d'un dangereux indice, n'ayant pas même reçu, précomptée en instruction, et pour lui en tenir lieu, sa part d'héritage. *
j> L'héritage ! tout est dans ce mot.
tt La preuve que, la question d'héritage retranchée, la bâtardise n'est qu'un fantôme, c'est qu'entre les deux fils, dont je viens.de parler, ne se donnant pas le nom de frères, le premi^ ayant trente-cinq ans, le second en ayant trente, l'ordre d'arrivée, en 1836, était déjà en sens inverse de l'ordre de départ. Le premier était fonctionnaire, le second était député. C'était le second qui prot^eait le premier. Tandis que le nom et l'existence du premier étaient 'généralement ignorés, le nom et l'existence du second étaient universellement connus. Des deux, le second était celui qui, maigre bien des résistances intéressées et beaucoup de calonmies semées^ occupait incomparablement la meilleure place dans ce qu'on appelle : le Monde ; c'était celui qu'on citait; c'était celui qu'on enviait; socialement enfin, c'était le second qui était devenu le premier.
» Ce fait n'étant point contesté, je demande : Qu'estrce donc que la bâtardise?
» Ou la bâtardise est une erreur de la loi, ou elle est une infamie de la personne^ Si elle était une infamie innée, elle devrait être inhérente à l'individu maculé; elle devrait le suivre de son berceau à sa tombe, dans tous les actes de sa vie, sans pouvoir un seul infitant s'en séparer; elle devrait être conséquemment un
empêchement à ce qaTT pût Jamais commander une armée, présider un tribunal, administrer un pays, être élu dépoté et devenir ministre ! Puisqu'il n*en est pas ainsi, il Tant donc en conchire que la bâtardise, qui se traduit par Fin^afité civile, est' cme erreur de la loi, non une indignité de la personne.
» Comment mettre fin à cette erreur légale? Il n'est qu'an moyen. Je Tdî indiqué aîHeurs''. — Par leretoar à^ la loi humai^se faussée par la loi positive.
B La loi humaine, c'est la liberté dans le mariage, c'est l'égalité des enfants devant lu mère et leur indivisibilité.
» La loi positive, c'est l'État s'inimisçant dans une convention qui ne doit relever que de la foi ou de la raison des deux parties contractantes; c'est l'État leur imposant la communauté des enfants et ne sachant à qui les- attribuer dans les cas de plus en plus fréquents où il prononce la séparation du père et de la mère ; c'est l'État déifiant et violant simultanément l'égalité civile ; c'est VÉtat érigeant en article de foi légale que le crime ou le délit sont exclusivement personnels au coupable pour aboutii' à rendre responsable de sa naissance l'enfant naturel ou adultérin et à lui interdire la recherche de la paternité, punissant ainsi dans le fils qu'il va chercher le père qu'il prend le soin d'écarter; c'est l'État, enfin, perpétuant au sein de la société, on ne saurait dire pourquoi, une distinction arbitraire plus difficile à Justifier par le raisonnement que le maintien de l'esclavage, traité maintenant parmi nous de monstruosité sociale.
» Mais heureusement la logique ^est aux sociétés en voie de civilisation, ce que la statique -est aux édifices en voie de construction. Logique et statique ont des lois qu'on n'enfreint pas impunément, car elles portent avec elles-mêmes leur sanction.
» Pourquoi de toutes parts la société européenne menace-t-elle de tomber en ruines ? Est-ce vétusté ? non ; c'est inconséquence.
^ Db Là xibbrt^ dans le mariage. Ouvrage épuisé. ^ Politique QH1TEB8BLLE. Livro Septième, page 900, troisième édition.
» L'inconséquence, c'est la logique outragée qui se montre et qui se venge. Je m*en rapporte pleinement à elle pour accomplir Tœuyre de redressement à laquelle vous aurez utilement concouru par la publication de votre livre.
» Je vous en remercie cordialement au nom des bâtards honteux que vous allez rendre à un plus Juste sentiment d'euxmêmes, en plaçant devant leurs yeux et gravant dans leur mémoire les noms des bâtards célèbres.
» Emile de Girardin. »