PREMIÈRE OBJECTION
Ce que vous proposez, c'est le retour à cet âge de transition où riiomme n'enlevait plus la femme, mais où il Tachetait.
RÉPONSE
Lorsque Tbomme achetait la femme, qui en recevait le prix? Était-ce elle ? Non, c'étaient ses parents \ Élait-elle libre de refuser ou d'accepter? Non, elle n'était pas même consultée. Qu'a donc de commun ce qui a existe chez tous les peuples avec linstitulion, telle
1. L'n père qui connaît la lui ne doit point recevoir le moindre présent en mariant sa fille. Recevoir un tel présent par cupidité, c'est avoir vendu son enfant. Quelques habiles disent que le présent d'une vache ou d'un taureau n'est qu'une gratification. Non; tout présent reçu par le père constitue une vente. (Manoi.)
que je la suppose , du douaire universel ET INALIENABLE ? La dût a été. longtemps, et en divers pays, le prix de la femme payé à ses parenls ; le douaire n'est pas seulement le prix de la femme payé à elle-même, c'est plus et mieux que cela : c'est son indépendance constituée et l'avenir de ses enfants assuré, soit en cas de mort, soit en cas de séparation. Toute femme qui se livre à un homme court le risque de concevoir un enfant : que doit-elle faire? Assurer d'avance à cet enfant des moyens certains d'existence. Le douaire est la prime qui correspond à la probabilité et au risque de maternité. Le douaire n'e:?t, en réalité, et ne doit être qu'une des nombreuses formes de l'assurance universelle.