LIVRE IV
f'omraenl cela ? Par des prodiges. Et où sont ces prodiges? Dans les livres. Et qui a fait ces livres.' Des hommes. Et qui a vu ces prodiges ? Des hommes qui les attestent. Quoi ! toujours des témoignages humains ! toujours des hommes qui me rapportent ce jue d'autres hommes ont rapporté ! Que d'hommes entre Dieu et moi: Voyons toutefois , examinons , comparons , vérifions. Oh! ^i Dieu eut daigné me dispenser de tout ce travail, l'en aurais-je >ervi de moins bon cœur .'
Considérez , mon ami , dans quelle horrible discussion me voilà I ngagé; de quelle immense érudition j'ai besoin pour remonter lins les plus hautes antiquités, pour examiner, peser, confroni-r les prophéties, les révélations, les faits, tous les monuments 11- foi proposés dans tous les pays du monde , pour en assigner les imps, les lieux, les aiiloiir> , les occasionsi Quelle justesse de ritique m'est nécessaire pour distinguer les pièces authentiques .les pièces supposées ; pour comparer les objections aux réponses, li's traductions aux originaux ; pour juger de l'impartialité des témoins, du leur bon sens, de leurs lumières; |)our siivoir si l'on n'a rien supprimé, rien ajouté, rien transposé, change, falsifié; jiour lever les contradictions qui restent ; pour juger quel poidi loil avoir le silence des adversaires dans les faits allégués contre ' iix ; si ces allégations leur ont été connues ; s'ils en ont fait assez le cas pour daigner y répondre ; si les livres étaient assez communs pour que les nôtres leur parvinssent ; si nous avons été 1 Tassez bonne foi pour donner cours aux leurs parmi nous , et joiir V ' • - •• '"-rs plus fortes objections telles qu'ils les avaient fil*. -
fous C'j> munumcnts reconnus pour incontestables , il faut pa.s- -'Y ensuite aux preuves de la mission de leurs auteurs ; il faut - ivoir les lois des sorts, les probabilités éventives , pour juiulle prédiction ne peut s'accomplir sans miracle ; le génie des langues originales, pour distinguer ce qui est prédiction dans ces langues , et ce qui n'est que figure oratoire ; quels faits sont dans Tordre de la nature , et quels autres faits n'y sont pas , pour dire jusqu'à quel point un homme adroit peut fasciner les yeux des simples , peut étonner même les gens éclairés; chercher de quelle espèce doit être un prodige , et quelle authenticité il doit avoir, non- seulement pour être cru, mais pour qu'on soit punissable d'en douter ; comparer les preuves des vrais et des faux prodiges.