LIVRE V. 50r
i>s<>z de tempérance ù ses désirs pour ne Jamais souhaiter que le t'mps s'écoule , celui-là ne l'estimera point trop courte ; vivre et lir seront pour lui la même chose; et, dùt-il mourir jeune, il mourra que rassasié de jours *.
» Juand je n'aurais que cet avantage dans ma méthode , par cela
i! il la faudrait préférer à toute autre. Je n'ai point élevé mon
lile pour désirer ni pour attendre, mais pour jouir; et quand
; porte ses désirs au delà du présent, ce n'est point avec une ar-
iliur assez impétueuse pour être importuné de la lenteur du
:ips. Il ne jouira pas seulement du plaisir de désirer , mais de
ii d'aller à l'objet qu'il désire ; et ses passions sont tellement
Icrées , qu'il est toujours plus où il est qu'où il sera.
Nous ne voyageons donc point en courriers , mais en voya-
irs. Nous ne songeons pas seulement aux deux termes, mais à
tcrvallequi les sépare. Le voyage même est un plaisir pour nous.
is ne le faisons point tristement assis, et comme emprisonnés
s une petite cage bien fermée. Nous ne voyageons point dans
mollesse et dans le repos des femmes. Nous ne nous ôtons ni le
iid air, ni la vue des objets qui nous environnent , ni la com-
lité de les contempler à notre gré quand il nous plait. Emile
ntra jamais dans une chaise de poste , et ne court guère en
te s'il n'est pressé. Mais de quoi jamais Emile peut-il élre
>sé ? D'une seule chose , de jouir de la vie. Ajouterai-je , et de
c du bien quand il le peut? Non, car cela même est jouir de