LETTRE SUR J. J. ROUSSEAU
Âssem-Oglou était panenu à la suprême puissance par la routa la plus honorable qui puisse y conduire ; car, de simple matelot , passant par tous les grades de la marine et de la milice , il s'était successivement élevé aux premières places de l'État , et , après la mort de son prédécesseur, il fut élu pour lui succéder par les suffrages unanimes des Turcs et des Maures, des gens de guerre et des gens de loi. Il y avait douze ans qu'il remplissait avec honneur ce poste difficile , ayant à gouverner un peuple indocile et barbare, une soldatesque inquiète et mutine , avide de désordre et de trouble, qui, ne sachant ce qu'elle désirait elle-même, ne voulait que remuer, et se souciait peu que les choses allassent mieux, pourvu qu'elles allassent autrement. On ne pouvait pas se plaindre de son administration , quoiqu'elle ne répondit pas à l'espérance qu'on en avait conçue. Il avait maintenu sa régence assez tranquille : tout était en meilleur état qu'auparavant , le commerce et Fagriculture allaient bien , la marine était en vigueur, le {>euple avait du pain. Mais on n'avait point de ces opérations éclatantes.... (•)