LIVRE lit. igi
.n part, et nous laisse tous deux très^onfus. Je me blâme de ma molle facilité ; je promets à l'enfant de la sacririer une autre fois à son intérêt, et de l'avertir de ses fautes avant qu'il en fasse; car le temps approche où nos rapports vont changer, et où la sévérité du maître doit succéder à la complaisance du camarade :
• changement doit s'amener par degrés ; H faut tout prévoir, et
ut prévoir de fort loin.
Le lendemain nous retoumous à la foire pour revoir le tonr il(^nt nous avons appris le secret. Nous abordons avec un profond respect noire bateleur Socrale; à peine osons-nous lever les yeux
ir lui : il nous comble d'honnêtetés, et nous place avec une i>linction qui nous humilie encore. Il fait ses tours comme h
rdinaire; mais il s'amuse et se complaît longtemps à celui du aiiard, en nous regardant souvent d'un air assez fier. Nous savons tout , et nous ne sounions pas. Si mon élève osait seulement ouvrir la bouche , ce serait un enfant à écraser.
Tout le détail de cet exemple importe plus qu'il né semble. Que de leçons dans une seule ! que de suites mortifiantes attire le premier mouvement de vanité ! Jeune maitre , épiez ce premier mouvement avec soin. Si vous savez en faire sortir ainsi f humiliation, les disgiàces ', soyez sur qu'il n'en reviendra de longtemps un second. Que d'apprêts ! direz-vous. J'en conviens , et le loui pour nous faire une bouss4)le qui nous tienne lieu de méridienne.
Ayant appris que l'aimant agita travers les autres corps , nous n'a^ ons rien de plus pressé que de faire une machine semblable àcelle que nous avons vue : une table évidée, un bassm très-plat ajusté sur celte table , et rempli de quelques lignes d'eau , un ra nard fait avec un peu plus de soin , etc. Souvent attentits autour du bassin, nous remarquons enfin que le canard en repos affecte toujours à peu près l.i même direction. Nous suivons cetie expérience, nous examinons celte direction : nous u-ouvons qu'elle est du midi au nord. 11 n'en faut pas davantage ; notre boussole est trowée, ou autant vaut; nous voilà dans la physique.
praire an moin* du ' rc de faire parler les gens iarw
roprit de Itiir état. \ le l'alinéa suivant. Hétait-ce pa«
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pariT ik litoii Uvrt. t:t le ! ^.in* auU% façon que d'en «iter
Mon nom pour y mettre le - t lu nxnns prendre U |Kine , je
■e dit p» de le couipoaer, nuii lic n- nrr.
192 f.MlLE.
Il y a divers climats sur la terre , et diverses tenrtpcralurés à ces climats. Les saisons varient plus sensiblement à mesure qu'on approche du pôle ; tous les corps se resserrent au froid et se dilatent à la chaleur ; cet effet est plus mesurable dans les liqueurs, et plus sensible dans les liqueurs spiritueuses : de là le Ihormomctre. Le vent frappe le visage , l'air est donc un corps, un fluide; on le sent, quoiqu'on n'ait aucun moyen de le voir. Renversez un verre dans l'eau , l'eau ne le remplira pas , à moins que vous ne laissiez à l'air une issue ; l'air est donc capable de résistance. Enfoncez le verre davantage , l'eau gagnera dans l'espace d'air, sans pouvoir remplir tout à fait cet espace ; l'air est donc capable de compression jusqu'à certain point. Un ballon rempli d'air comprime bondit mieux que rempli de toute autre matière; lairest donc un corps élastique. Étant étendu dans le bain, soulevez horizontalement le bras hors de l'eau , vous le sentirez chargé d'un poids terrible ; l'air est donc un corps pesant. En mettant l'air en équilibre avec d'autres fluides , on peut mesurer son poids : de là le baromètre, le siphon, la canne à vent, ia machine pneumatique. Toutes les lois de la statique et de l'hydrostatique se trouvent par des expériences tout aussi grossières. Je ne veux pas qu'on entre pour rien de tout cela dans un cabinet de physique expérimentale : tout cet appareil d'instru- • ments et de machines me déplaît. L'air scientifique tue la science. 'Ou toutes ces machines effrayent un enfant, ou leurs (igurcs partagent et dérobent l'attention qu'il devrait à leurs effets.
Je veux que nous fassions nous-mêmes toutes nos machines, et je neveux pas commencer par faire l'instrument avat.t 1 expérience ; mais je veux qu'après avoir entrevu l'expérience ''omme par hasard, nous inventions peu à peu l'instrument qui doit la vérifier. J'aime mieux que nos instruments ne soient point si parfaits et si justes, et que nous ayons des idées plus nettes de ce qu'ils doivent être, et des opérations qui doivent en résulter. Pour ma première leçon de statique , au lieu d'aller chercher des balances, je mets un bâton en travers sur le dos d'une chaise, je mesure la longueur des deux parties du bàlon en équilibre, j'ajoulc de part et d'autre des poids , tantôt égaux , tantôt inégaux ; et, le tirant ou le poussant autant qu'il est nécessaire , je trouve enlîn que l'équilibre résulte d'une proportion réciproque entre la quantité des poids et la longueur des leviers. Voilà déjà mon