‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 26 sur 110 · LE REGRET DES JOUJOUX · texte numérisé non relu

LE REGRET DES JOUJOUX

Toujours je garde en moi la tristesse profonde Qu'y grava l'amitié d'une adorable enfant. Pour qui la mort sonna le fatal olifant. Parcequ'elle était belle et gracieuse et blonde.

Or, depuis je me sens muré contre le monde. Tel un prince du Nord que son Kremlin défend. Et, navré du regret dont je suis étouffant, L'Amour comme à sept ans ne verse plus son onde.

Où donc a fui le jour des joujoux enfantins. Lorsque Lucile et moi nous jouions aux pantins Et courions tous les deux dans nos robes fripées ?

La petite est montée au fond des cieux latents. Et j'ai perdu l'orgueil d'habiller ses poupées . . . Ah ! de franchir .sitôt le portail des vingt ans !

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