‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 28 sur 110 · PREMIER REMORDS · texte numérisé non relu

PREMIER REMORDS

Au temps où je portais des habits de velours E]^arses sur mon col roulaient mes boucles brunes. J'avais de grands yeux purs comme le clair des lunes ; Dès l'aube je partais, sac au dos, les pas lourds.

Mais en route aussitôt je tramais des détours. Et. narguant les pions de mes jeunes rancunes, Je montais à 1" assaut des pommes et des prunes Dans les vergers bordant les murailles des cours.

Etant ainsi resté loin des autres élèves,

Loin des bancs, tout un mois, à vivre au gré des rêves,

Un soir, à la maison craintif comme j'entrais,

Devant le crucifix où .sa lèvre se colle

Ma mère était était en pleurs ! . . . O mes ardents regrets !

Depuis, je fus toujours le premier à l'école.

l'MIIJ- XKLLIGAN

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