I,E JARDIN DE I, EXI-ANCE
DEVANT DEl'X PORTRAITS DE MA MERE
Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille, Le front couleur de lys et le regard qui brille Comme un éblouissant miroir \-énitien 1
Ma mère que voici n'est plus du tout la même ; Les rides ont creusé le beau marbre frontal ; Elle a perdu l'éclat du temps sentimental Où son hymen chanta comme un rose poème.
Aujourd'hui je compare, et j'en suis triste aussi,
Ce front nimbé de joie et ce front de souci,
vSoleil d'or, brouillard den.se au couchant des aimées.
Mais, mystère de cœur qui ne peut s'éclairer ! Comment puis-je sourire à ces lèvres fanées? Au portrait qui sourit, conunent puis-je pleurer?
l6 EMILE NELLIGAN